{"id":12654,"date":"2014-05-17T14:44:09","date_gmt":"2014-05-17T13:44:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=12654"},"modified":"2020-04-16T13:03:16","modified_gmt":"2020-04-16T12:03:16","slug":"abel-ferrara-parle-de-welcome-to-new-york-et-de-pasolini","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/05\/17\/abel-ferrara-parle-de-welcome-to-new-york-et-de-pasolini\/","title":{"rendered":"Abel Ferrara parle de Welcome to New York et de Pasolini"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9v\u00e9nement off et le scandale annonc\u00e9 de ce Festival de Cannes, c\u2019est la projection au March\u00e9 du Film de <i>Welcome to New York<\/i> d\u2019Abel Ferrara inspir\u00e9 de l\u2019affaire DSK (que nous n\u2019avons pas encore vu \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 nous \u00e9crivons ces lignes.) Le film sera disponible en VOD simultan\u00e9ment \u00e0 sa premi\u00e8re projection publique cannoise. ARTE France Cin\u00e9ma accompagne Abel Ferrara depuis plus d\u2019un an sur un autre projet, d\u00e9j\u00e0 tourn\u00e9, sur le dernier jour du cin\u00e9aste et po\u00e8te italien Pier Paolo Pasolini, coproduit par la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise Capricci. Abel Ferrara a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du concours financier de la r\u00e9gion Aquitaine dans le sud-ouest de la France c\u2019est la raison pour laquelle il a mont\u00e9 \u00e0 Bordeaux ce nouveau film.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait mercredi 30 avril au cin\u00e9ma Jean Eustache de la ville Pessac qui organisait une master class Abel Ferrara devant des \u00e9tudiants de cin\u00e9ma et des spectateurs, anim\u00e9e par le critique St\u00e9phane Goudet au cours de laquelle le cin\u00e9aste a longuement parl\u00e9 de sa vision du cin\u00e9ma, de la cr\u00e9ation et plus particuli\u00e8rement de des deux derniers films en date, <i>Welcome to New York<\/i> et <i>Pasolini<\/i>, le premier \u00e9tant sur le point d\u2019\u00eatre d\u00e9voil\u00e9 aujourd\u2019hui en VOD pendant le Festival de Cannes et le second en cours de finition.<\/p>\n<p>Mais il est \u00e9vident que ces deux films, qui suivent deux autres, <i>Go Go Tales<\/i> et <i>4\u00a0:44 Dernier Jours sur terre<\/i> continuent de creuser une veine autobiographique avec des tableaux de souffrance et d\u2019addiction de Ferrara en joueur, en artiste, en politicien, en cin\u00e9aste\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>St\u00e9phane Goudet a soulign\u00e9 que ces deux derniers films, tourn\u00e9s l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, <i>Welcome to New York<\/i> et <i>Pasolini<\/i>, pouvaient \u00eatre vus comme un diptyque, avec une dimension d\u2019autoportrait \u2013 d\u00e9sir de cin\u00e9ma de PPP, aventure humaine de DSK, et la passion qui bascule dans l\u2019autodestruction dans les deux cas, avec la mise en parall\u00e8le de deux personnages r\u00e9els mais aussi de deux mythes, l\u2019un du cin\u00e9ma moderne, l\u2019autre de l\u2019\u00e9poque contemporaine.<\/p>\n<p>Abel Ferrara \u00e9tait accompagn\u00e9 par son monteur Fabio Nunziata (<i>Pasolini<\/i>, <i>Go Go Tales<\/i>) et son sc\u00e9nariste napolitain Maurizio Braucci (<i>Napoli Napoli, Napoli<\/i>, mais aussi <i>Gomorra <\/i>et <i>Reality <\/i>de Matteo Garrone), qui a \u00e9crit le sc\u00e9nario de <i>Pasolini<\/i> avec lui et a pr\u00e9cis\u00e9 l\u2019id\u00e9e de d\u00e9part du film\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Comment la vie d\u2019un homme, Pasolini dans ce cas, peut se r\u00e9sumer dans une seule journ\u00e9e. Le film d\u00e9bute par le r\u00e9veil de Pasolini, comme une naissance, et se termine par sa mort. Un jour est une vie, il commence et d\u00e9bute par la nuit. Le dernier jour d\u2019un homme est tr\u00e8s sp\u00e9cial dans sa vie. C\u2019est ce que nous avons voulu raconter avec <i>Pasolini<\/i>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ferrara parle \u00e0 b\u00e2tons rompus de <i>Welcome to New York<\/i> et <i>Pasolini, <\/i>autoportraits sans doute mais rencontres avec des acteurs et aventures collectives surtout\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand nous avons d\u00e9cid\u00e9 faire un film sur Pasolini nous pensions que c\u2019\u00e9tait une super id\u00e9e. Mais quand nous sommes parti \u00e0 la recherche de financements nous avons d\u2019abord entendu \u00ab\u00a0qui est Pasolini\u00a0?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e7a int\u00e9resse qui\u00a0?\u00a0\u00bb Et bien nous \u00e7a nous int\u00e9resse, et ARTE aussi, heureusement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pasolini compte \u00e9norm\u00e9ment pour moi en tant qu\u2019artiste, r\u00e9alisateur et aussi figure intellectuelle issue d\u2019un pays avec une tradition culturelle et critique tr\u00e8s riche, o\u00f9 les films \u00e9taient pris au s\u00e9rieux et consid\u00e9r\u00e9s comme importants.<\/p>\n<p>Willem Dafoe interpr\u00e8te Pasolini mais il n\u2019est pas italien et ne parle pas italien. Il joue avec des com\u00e9diens italiens et dans le film nous avons essay\u00e9 de d\u00e9passer les fronti\u00e8res linguistiques, comme dans <i>Welcome to New York<\/i> d\u2019ailleurs o\u00f9 G\u00e9rard Depardieu parle \u00e0 la fois en fran\u00e7ais et en anglais. Le langage cin\u00e9matographique se situe au-del\u00e0 des mots. La sc\u00e8ne de la douche de <i>Psychose<\/i> terrifie les spectateurs du Texas, du Japon ou de Moscou exactement de la m\u00eame fa\u00e7on. Quand j\u2019avais cinq ans je suis all\u00e9 au cin\u00e9ma pour la premi\u00e8re fois, c\u2019\u00e9tait pour voir <i>Bambi<\/i>. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai appris ce que c\u2019\u00e9tait que le langage du cin\u00e9ma, j\u2019\u00e9tais mort de trouille et boulevers\u00e9.<\/p>\n<p>Pasolini disait qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait \u00e9crire plut\u00f4t que parler.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je ne suis pas le genre de r\u00e9alisateurs comme Roman Polanski ou Michael Mann qui pensent qu\u2019ils sont les meilleurs cam\u00e9ramans, les meilleurs ing\u00e9nieurs du son, les meilleurs acteurs pourquoi pas, etc. Le tournage d\u2019un film est un travail collectif, j\u2019ai besoin de trouver la bonne \u00e9quipe qui puisse m\u2019aider \u00e0 exprimer mes id\u00e9es, un sc\u00e9nariste pour \u00e9crire le film, des acteurs pour incarner les personnages, et des producteurs pour le financer.<\/p>\n<p>C\u2019est ma m\u00e8re qui a produit mon premier film, et j\u2019en suis tr\u00e8s fier. Si vous n\u2019\u00eates pas capable de convaincre votre m\u00e8re de financer votre film, vous pouvez changer de m\u00e9tier tout de suite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ma m\u00e9thode consiste \u00e0 consacrer beaucoup de temps aux acteurs, de pr\u00e9parer le film avec eux. J\u2019ai eu la chance de travailler avec de tr\u00e8s grands acteurs qui m\u2019ont beaucoup aid\u00e9s\u00a0: Harvey Keitel, Christopher Walken, Willem Dafoe et maintenant G\u00e9rard Depardieu. Chaque fois le film nait gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019acteur. Je n\u2019aurai jamais fait Pasolini si Willem avait dit non, je n\u2019aurai jamais fait un film sur DSK (rebaptis\u00e9 Devereaux dans <i>Welcome to New York<\/i>, ndr) sans G\u00e9rard. Avant m\u00eame d\u2019avoir un sc\u00e9nario je suis all\u00e9 les voir pour leur demander\u00a0: \u00ab\u00a0veux-tu jouer ce r\u00f4le\u00a0?\u00a0\u00bb Si Willem n\u2019avait pas aim\u00e9 mon id\u00e9e de faire un film sur Pasolini avec lui, le projet \u00e9tait mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Willem je le connaissais on avait d\u00e9j\u00e0 fait trois films ensemble. Je n\u2019avais jamais rencontr\u00e9 G\u00e9rard Depardieu avant qu\u2019on asseye \u00e0 une table pour discuter du projet, et l\u2019id\u00e9e d\u2019interpr\u00e9ter DSK. C\u2019est \u00e0 ce moment que j\u2019ai compris que le film que nous allions faire ne serait pas sur DSK, mais sur G\u00e9rard, comme mon film suivant n\u2019est pas sur Pasolini, mais sur Willem. Ou plut\u00f4t sur mon d\u00e9sir de les filmer tous les deux, et de faire un film ensemble.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J\u2019avais eu tellement de probl\u00e8mes avec l\u2019industrie du cin\u00e9ma que j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de faire <i>4\u00a0:44 Last Day on Earth<\/i> avec absolument rien, j\u2019\u00e9tais pr\u00eat \u00e0 le tourner avec un t\u00e9l\u00e9phone portable et ma copine, chez moi. Et j\u2019aurai jou\u00e9 moi-m\u00eame le r\u00f4le principal. Dieu merci Willem a accept\u00e9 de le faire\u00a0!<\/p>\n<p>J\u2019adore la citation de Polanski qui a dit\u00a0: \u00ab\u00a0 Quand on veut vraiment tourner un film, la derni\u00e8re chose \u00e0 faire c\u2019est de s\u2019asseoir dans un caf\u00e9 pour en discuter.\u00a0\u00bb Si tu veux le faire, passe \u00e0 l\u2019action !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour faire un film tu as besoin d\u2019acteurs, \u00e0 moins de faire un film en 3D ou un dessin anim\u00e9 (mais l\u00e0 tu as quand m\u00eame besoin de leur voix.) Tu ne peux pas te passer des acteurs, c\u2019est eux qui vont \u00eatre les corps dans ton film, mais aussi ceux qui vont partager les d\u00e9sirs et les passions du r\u00e9alisateur, de l\u2019\u00e9criture au tournage. Willem a tourn\u00e9 dans mes films pour presque rien, G\u00e9rard aussi. En fait c\u2019est lui qui a amen\u00e9 de l\u2019argent pour produire <i>Welcome to New York<\/i>. C\u2019est vraiment le genre d\u2019acteurs que j\u2019aime\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour <i>Pasolini<\/i> et <i>Welcome to New York<\/i> nous avons fait \u00e9norm\u00e9ment de recherches lors de la pr\u00e9paration de ces deux films. Pour <i>Pasolini<\/i> nous avons interview\u00e9 tout le monde. Je cite Pasolini, \u00ab\u00a0je ne suis pas un d\u00e9tective, je ne suis pas un journaliste, encore moins un voyant.\u00a0\u00bb <i>Pasolini <\/i>et <i>Welcome to New York<\/i> ne sont pas des documentaires. La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est qu\u2019on ne peut pas conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9, parce qu\u2019elle change tous les jours. Pourquoi Pasolini est mort, que s\u2019est-il pass\u00e9 sur la plage d\u2019Ostie\u00a0? Que s\u2019est-il pass\u00e9 dans la chambre du Sofitel\u00a0?<\/p>\n<p>Je peux vous dire que G\u00e9rard Depardieu n\u2019en avait rien \u00e0 foutre de Dominique Strauss-Kahn, ni de son histoire. Il trouvait le sc\u00e9nario sans int\u00e9r\u00eat. Il voulait parler du Roi Lear, pas de DSK. Donc notre ann\u00e9e de recherches pour \u00e9crire le script n\u2019a servi \u00e0 rien, on l\u2019a jet\u00e9 par la fen\u00eatre.<\/p>\n<p>G\u00e9rard n\u2019a pas voulu faire de r\u00e9p\u00e9titions, il \u00e9tait pr\u00eat. G\u00e9rard a fait plus de 200 films, sa technique est extraordinaire, il \u00e9tait Strauss-Kahn en une seconde. Il n\u2019apprend pas ses dialogues donc plut\u00f4t que d\u2019avoir une oreillette les murs \u00e9taient tapiss\u00e9s de feuilles de papier g\u00e9antes avec son texte dessus\u00a0! Son \u00e9nergie a apport\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9 du film. Le film devient un film sur lui et sur son implication dans le projet. G\u00e9rard \u00e9tait toujours pr\u00e9sent, le premier arriv\u00e9 et le dernier parti sur le plateau.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pourquoi faire un film sur Pasolini est la question la plus stupide qu\u2019on puisse me poser. Cela saute aux yeux. Il suffit de regarder une minute de n\u2019importe lequel de ses films. J\u2019ai revu <i>Le D\u00e9cam\u00e9ron<\/i> il n\u2019y a pas longtemps. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 de nouveau \u00e9bloui par la passion et la libert\u00e9 qu\u2019on trouve dans ce film.<\/p>\n<p>On avait rassembl\u00e9 3000 pages de documentation sur Pasolini. Quand il est mort il venait de terminer un film extraordinaire et il avait d\u00e9j\u00e0 deux sc\u00e9narios pr\u00eats \u00e0 tourner, des romans inachev\u00e9s.<\/p>\n<p>Pasolini n\u2019a jamais lev\u00e9 une seule fois la voix sur le tournage de <i>Sal\u00f2<\/i>, moi sur mes films je passe mon temps \u00e0 hurler et \u00e0 insulter tout le monde. Le pouvoir absolu corrompt absolument. Sur un tournage vous pouvez devenir un animal. Lui non. La passion de Pasolini est indissociable de sa compassion. La premi\u00e8re chose qu\u2019il disait quand il rencontrait quelqu\u2019un \u00e9tait \u00ab\u00a0comment allez-vous\u00a0?\u00a0\u00bb c\u2019est \u00e7a que je voudrais \u00eatre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019autre type, Strauss-Kahn \u2013 enfin tel qu\u2019on le voit dans le film \u2013 ce n\u2019est pas vraiment la m\u00eame chose. Mais avec G\u00e9rard on avait de l\u2019empathie pour lui. Je sais ce que c\u2019est de mal se comporter avec les femmes, de se servir de son pouvoir pour parvenir \u00e0 ses fins. Mais au bout du compte, quand une femme vous dit non, c\u2019est non. Il ne faut pas franchir la ligne. Dans quel \u00e9tat d\u2019esprit il \u00e9tait ce jour-l\u00e0, G\u00e9rard le sait mieux que quiconque. Le film <i>Welcome to New York<\/i> commence par une interview de G\u00e9rard Depardieu. Cela faisait partie du processus de travail de poser des questions \u00e0 G\u00e9rard sur DSK. Au d\u00e9part on aurait pu l\u2019utiliser pour la promotion du film. Mais sur la table de montage il est devenu \u00e9vident qu\u2019il fallait l\u2019int\u00e9grer au film, car les r\u00e9ponses de G\u00e9rard \u00e9taient tr\u00e8s puissantes. Une fois de plus ce n\u2019est pas un film sur DSK mais sur G\u00e9rard Depardieu en train de jouer DSK, de produire le film, de collaborer \u00e0 la r\u00e9alisation du film.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La trag\u00e9die de Pasolini, comme celle Garcia Lorca, ce que celui qui dit la v\u00e9rit\u00e9 doit mourir. Le po\u00e8te doit mourir. Sa parole, sa po\u00e9sie \u00e9taient trop puissantes, elles \u00e9taient insupportables pour certaines personnes. Le destin de Pasolini l\u2019a conduit sur cette plage. Sa vie devait s\u2019arr\u00eater l\u00e0. En tant qu\u2019ancien alcoolique et ancien toxicomane, je sais que ma vie aurait du s\u2019arr\u00eater en prison ou \u00e0 la morgue. Je suis un miracul\u00e9. Pasolini, lui est mort assassin\u00e9 \u00e0 53 ans, \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de sa vie et de son talent. La trag\u00e9die de Pasolini a \u00e9t\u00e9 cette interruption, tous les grands films qu\u2019il n\u2019a pas pu faire, la po\u00e9sie et la philosophie qu\u2019il n\u2019a pas pu \u00e9crire, avec son pays qui est all\u00e9 au plus profond de l\u2019horrible direction qu\u2019il avait pr\u00e9dite. Sa mort a chang\u00e9 le monde. Il y a peu de gens dont on puisse dire la m\u00eame chose.<\/p>\n<p>Qui est l\u2019idiot qui a dit que mes films parlaient de r\u00e9demption\u00a0? Ils sont plut\u00f4t sur l\u2019impossibilit\u00e9 de la r\u00e9demption. <i>Pasolini <\/i>et <i>Welcome to New York<\/i> sont des chants du cygne sur l\u2019absence de r\u00e9demption. C\u2019est comme le bad lieutenant qui meurt \u00e0 la fin aussi fou et d\u00e9fonc\u00e9 qu\u2019au d\u00e9but du film. Pareil pour DSK, qui blasph\u00e8me, accuse dieu, sa femme, sa m\u00e8re. Le personnage refuse de se regarder dans un miroir.<\/p>\n<p>Avec Strauss-Kahn, comme avec les autres personnages de mes films d\u2019ailleurs, il n\u2019y a aucune r\u00e9demption possible. Il ne s\u2019est jamais excus\u00e9 que je sache. Il est ce qu\u2019il est. Sa carri\u00e8re et son mariage ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits.<\/p>\n<p>Pour <i>Welcome to New York<\/i> j\u2019ai eu besoin de tourner dans l\u2019h\u00f4tel Sofitel, dans la prison, dans la maison o\u00f9 DSK a v\u00e9cu, on sentait les vibrations, les fant\u00f4mes existent dans ce genre d\u2019affaires.<\/p>\n<p>M\u00eame chose pour <i>Pasolini<\/i>, on a tourn\u00e9 dans le restaurant o\u00f9 il a pris son dernier repas, avec le m\u00eame type qui lui a servi \u00e0 manger.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pasolini est mort pour de nombreuses raisons. La premi\u00e8re est son absence totale de compromission, son int\u00e9grit\u00e9 et sa libert\u00e9 absolue. Tout son travail, sa po\u00e9sie parlaient de cela. Il faisait ses films exactement comme il en avait envie. Si des gens les trouvaient bizarres, tant pis. Il se fichait des intimidations, des pers\u00e9cutions, des proc\u00e8s. Il faisait ce qu\u2019il voulait. Et ce qui compte le plus pour moi, en tant que r\u00e9alisateur, c\u2019est de poss\u00e9der le \u00ab\u00a0final cut\u00a0\u00bb et de faire exactement les films que je veux, comme je veux. Si tu fais un film, tu dois le d\u00e9fendre comme ta propre vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9v\u00e9nement off et le scandale annonc\u00e9 de ce Festival de Cannes, c\u2019est la projection au March\u00e9 du Film de Welcome\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Abel Ferrara parle de Welcome to New York et de Pasolini - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/05\/17\/abel-ferrara-parle-de-welcome-to-new-york-et-de-pasolini\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Abel Ferrara parle de Welcome to New York et de Pasolini - 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