{"id":12314,"date":"2014-05-04T03:55:53","date_gmt":"2014-05-04T02:55:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=12314"},"modified":"2020-04-03T18:00:00","modified_gmt":"2020-04-03T17:00:00","slug":"classiques-tardifs-de-la-hammer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/05\/04\/classiques-tardifs-de-la-hammer\/","title":{"rendered":"Collection Hammer"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9diteur Elephant poursuit pour notre plus grand plaisir son exploration du cin\u00e9ma britannique avec l\u2019exhumation de nombreuses p\u00e9pites de son histoire. Apr\u00e8s les plus m\u00e9connues des productions Korda c\u2019est au tour de titres mythiques du cin\u00e9ma fantastique anglais d\u2019\u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9es dans de superbes copies full HD, dans une collection en tous points remarquables, en vente \u00e0 partir du 6 mai.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit de quatre titres tardifs produits par la c\u00e9l\u00e8bre firme Hammer \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e des ann\u00e9es 70, juste avant son irr\u00e9versible d\u00e9clin. Ce sont aussi parmi les derniers films \u00e0 refuser l&rsquo;intrusion d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments contemporains dans le r\u00e9cit, \u00e0 rester fid\u00e8le \u00e0 certains grands mythes fondateurs du fantastique (les vampires, Jack l&rsquo;\u00e9ventreur) et \u00e0 persister dans le style gothique qui fit la r\u00e9putation de la Hammer, \u00e0 l&rsquo;heure du psych\u00e9d\u00e9lisme et des relectures pop et postmodernes des grands genres cin\u00e9matographiques. M\u00eame la conservatrice Hammer n\u2019y \u00e9chappera pas avec <i>Dracula 73<\/i> et sa suite <i>Dracula vit toujours \u00e0 Londres<\/i> qui transportaient le c\u00e9l\u00e8bre vampire toujours interpr\u00e9t\u00e9 par Christopher Lee dans le Swingin\u2019 London ou <i>Les Sept Vampires d\u2019or<\/i> curieux m\u00e9lange de fantastique et de kung-fu, coproduit avec la Shaw bros \u00e0 Hong Kong\u00a0!<\/p>\n<p><i>La Fille de Jack l&rsquo;\u00e9ventreur<\/i> (<i>Hands of the Ripper<\/i>, 1971) de Peter Sasdy est une des ultimes grandes r\u00e9ussites de la Hammer. Malgr\u00e9 l&rsquo;absence des vedettes maison au g\u00e9n\u00e9rique, ce chant du cygne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une excellente interpr\u00e9tation et son sc\u00e9nario est beaucoup plus subtil et complexe qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;accoutum\u00e9e, avec des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la psychanalyse. Sanglant, ponctu\u00e9 de sc\u00e8nes choc, <i>La Fille de Jack l&rsquo;\u00e9ventreur<\/i> est avant tout une d\u00e9chirante histoire d&rsquo;amour, et c&rsquo;est sur une note m\u00e9lancolique et une \u0153uvre surprenante et d&rsquo;une insondable tristesse, empruntant au registre du m\u00e9lodrame tortur\u00e9, que s&rsquo;ach\u00e8ve l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or du fantastique gothique anglais.<\/p>\n<p><i>Le Cirque des vampires<\/i> (<i>Vampire Circus<\/i>, 1972) est un film \u00e9trange \u2013 et une r\u00e9ussite &#8211; de plus produit par la Hammer dans sa derni\u00e8re p\u00e9riode moderne et iconoclaste, m\u00eame si l\u2019action se d\u00e9roule dans la campagne d\u2019un pays d\u2019Europe Centrale de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle comme de nombreux films de vampires. On y d\u00e9couvre un cirque itin\u00e9rant qui dissimule un repaire de suceurs de sang et de cr\u00e9atures surnaturelles, dont une inoubliable femme tigre et des jumelles acrobates qui se transforment en chauve-souris en plein num\u00e9ro. C\u2019est un sommet trop m\u00e9connu du cin\u00e9ma fantastique britannique, inventif, pervers, magnifiquement photographi\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 (Adrienne Corri d\u2019<i>Orange m\u00e9canique<\/i>, John Moulder Brown de <i>Deep End<\/i>, Anthony Higgins quand il se faisait appeler Anthony Corlan) dans lequel les clich\u00e9s du film de vampires sont ing\u00e9nieusement malmen\u00e9s, et d\u2019une forte puissance \u00e9rotique.<\/p>\n<p><i>Les S\u00e9vices de Dracula <\/i>(<i>Twin of Evil<\/i>, 1972, photo en t\u00eate de texte)<i> <\/i>est sans doute le meilleur film du lot. Troisi\u00e8me long m\u00e9trage de John Hough qui allait poursuivre sa carri\u00e8re aux Etats-Unis (<i>Larry le dingue, Mary la garce<\/i>) il ne cesse de surprendre par sa violence et ses qualit\u00e9s visuelles. Deux tr\u00e8s belles s\u0153urs jumelles arrivent dans une r\u00e9gion dirig\u00e9e par des puritains fanatiques, tandis que le comte du village, un libertin d\u00e9cadent, organise des c\u00e9r\u00e9monies sataniques pour ressusciter son anc\u00eatre, une femme vampire. Le combat entre le bien et le mal est ici ambigu puisque le film fustige l\u2019hypocrisie, le sadisme et la l\u00e2chet\u00e9 d\u2019une confr\u00e9rie de religieux puritains qui passent leur temps \u00e0 br\u00fbler d\u2019innocentes jeunes paysannes apr\u00e8s des proc\u00e8s exp\u00e9ditifs pour sorcellerie, alors qu\u2019ils n\u2019osent s\u2019attaquer au v\u00e9ritable coupable en raison de son appartenance \u00e0 l\u2019aristocratie.<\/p>\n<p><i>Les S\u00e9vices de Dracula<\/i> est le troisi\u00e8me et dernier volet des adaptations tr\u00e8s libres du roman noir \u00ab\u00a0Carmilla\u00a0\u00bb de J. Sheridan Le Fanu par la Hammer, apr\u00e8s <i>The Vampire Lovers<\/i> et <i>Lust for a Vampire<\/i>. La \u00ab\u00a0trilogie Karstein\u00a0\u00bb se termine donc par un film qui se permet en mati\u00e8re de sexe et d\u2019effets sanglants des \u00e9carts rendus possible par un certain rel\u00e2chement des m\u0153urs et de la censure en 1971. Pas de Dracula contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tend le titre fran\u00e7ais mais un \u00e9mule de Satan transform\u00e9 en vampire par la morsure de son anc\u00eatre ressuscit\u00e9e par le sang d\u2019un sacrifice humain. Les chasseurs de sorci\u00e8res, absents de l\u2019\u0153uvre de Le Fanu, proviennent sans doute des r\u00e9cents succ\u00e8s du <i>Grand Inquisiteur <\/i>et de <i>La Marque du diable<\/i>. L&rsquo;\u00e9rotisme est assur\u00e9 par les s\u0153urs jumelles Mary et Madeleine Collinson, playmates peu avares de leurs charmes comme le reste de la distribution f\u00e9minine, avec une profusion de poitrines opulentes et d\u00e9nud\u00e9es. Peter Cushing, fid\u00e8le au poste, incarne avec un s\u00e9rieux inqui\u00e9tant le fanatique religieux Gustav Veil, dans ce qui restera l\u2019un de ses meilleurs r\u00f4les.<\/p>\n<p>On gardait un mauvais souvenir de<i> Comtesse Dracula<\/i> (<i>Countess Dracula<\/i>, 1971) de Peter Sasdy et une nouvelle vision ne nous a pas permis de changer d\u2019avis. <i>Comtesse Dracula<\/i> est un film \u00e0 costumes, qui peine \u00e0 rivaliser avec l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la Hammer, mais aussi avec les productions r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Une nouvelle fois le nom de Dracula est un app\u00e2t commercial puisque le film s\u2019inspire en fait d\u2019un autre personnage historique r\u00e9el. Aristocrate du XVe si\u00e8cle, La comtesse B\u00e1thory \u00e9tait une noble hongroise qui fut reconnue coupable d\u2019un nombre \u00e9lev\u00e9e d\u2019assassinats (entre 300 et 600.) Elle br\u00fblait vive des jeunes filles, mais elle entra dans la l\u00e9gende pour prendre des bains de sang de vierges, en pensant que le pr\u00e9cieux fluide l\u2019aiderait \u00e0 conserver une jeunesse \u00e9ternelle. Apr\u00e8s un proc\u00e8s qui fut tenu secret pendant plus d\u2019un si\u00e8cle par l\u2019Eglise en 1611, elle fut emmur\u00e9e vivante dans son propre ch\u00e2teau, th\u00e9\u00e2tre de ses atrocit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les crimes de la comtesse B\u00e1thory ont engendr\u00e9 de nombreux films de qualit\u00e9, principale source d\u2019inspiration des films de femmes vampires, \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec \u00ab\u00a0Carmilla\u00a0\u00bb de Sheridan Le Fanu. On se souvient de l\u2019\u00e9pisode des <i>Contes immoraux<\/i> avec Paloma Picasso, de <i>C\u00e9r\u00e9monie sanglante<\/i> de Jorge Grau avec la splendide Lucia Bos\u00e9 ou des <i>L\u00e8vres rouges<\/i> de Harry K\u00fcmel avec Delphine Seyrig. On est loin du compte avec le film en carton-p\u00e2te de Peter Sasdy o\u00f9 tout transpire la laideur et la vulgarit\u00e9, avec une mention sp\u00e9ciale pour maquillage repoussant de la pauvre Ingrid Pitt, peu cr\u00e9dible en aristocrate qui interpr\u00e8te \u00e0 nouveau une femme vampire \u00e0 la cuisse l\u00e9g\u00e8re un an apr\u00e8s s\u2019\u00eatre d\u00e9nud\u00e9e dans <i>The Vampire Lovers<\/i> de Roy Ward Baker<i>.<\/i><\/p>\n<p><i>\u00a0<\/i>Elephant propose aussi en DVD l\u2019int\u00e9grale de la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Hammer House of Horror\u00a0\u00bb, reconversion de la firme dans la t\u00e9l\u00e9vision avec une s\u00e9rie en forme d\u2019anthologie d\u2019histoires terrifiantes, soit 13 \u00e9pisodes de 51 minutes produits en 1980 et faisant appel aux anciens et nouveaux talents de la Hammer devant et derri\u00e8re la cam\u00e9ra. On est curieux de voir \u00e7a.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9diteur Elephant poursuit pour notre plus grand plaisir son exploration du cin\u00e9ma britannique avec l\u2019exhumation de nombreuses p\u00e9pites de son\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Collection Hammer - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/05\/04\/classiques-tardifs-de-la-hammer\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Collection Hammer - 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