{"id":11760,"date":"2014-02-13T03:25:40","date_gmt":"2014-02-13T02:25:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=11760"},"modified":"2020-04-09T08:18:36","modified_gmt":"2020-04-09T07:18:36","slug":"carlos-entretien-avec-olivier-assayas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/","title":{"rendered":"Carlos : entretien avec Olivier Assayas"},"content":{"rendered":"<p><i><\/i>ARTE rediffuse ce soir <i>Carlos <\/i>(2010), mini s\u00e9rie de 5h\u00a034 d\u2019Olivier Assayas avec \u00c9dgar Ram\u00edrez, remarquable dans le r\u00f4le titre, \u00e0\u00a022h20 (premi\u00e8re partie),\u00a0minuit (deuxi\u00e8me partie) et\u00a01h45 (troisi\u00e8me partie.)<br \/>\nR\u00e9ussite extraordinaire du cin\u00e9aste fran\u00e7ais, salu\u00e9e \u00e0 juste titre comme un \u00e9v\u00e9nement lors de sa pr\u00e9sentation au Festival de Cannes puis sa brillante carri\u00e8re internationale, cette fresque transcende les habituels \u00ab\u00a0biopics\u00a0\u00bb t\u00e9l\u00e9visuels ou cin\u00e9matographiques et prolonge de mani\u00e8re aussi excitante qu\u2019inattendue un ambitieux projet de compr\u00e9hension du monde et de son histoire r\u00e9cente entrepris par Olivier Assayas dans plusieurs de ses films. Alors qu\u2019il termine les finitions de son prochain long m\u00e9trage <i>Clouds of Sils Maria<\/i> interpr\u00e9t\u00e9 par Juliette Binoche, Kristen Stewart et Chlo\u00eb Grace Moretz (une coproduction franco helv\u00e9tico allemande produite par Charles Gillibert avec la participation d\u2019ARTE France Cin\u00e9ma), Olivier Assayas a bien voulu revenir avec nous sur l\u2019aventure de <i>Carlos<\/i>. Entretien fleuve pour un film fleuve, o\u00f9 il est question de Guy Debord, Kenneth Anger, Andy Warhol, Steven Soderbergh et surtout de Carlos.<\/p>\n<p><strong><i>Carlos<\/i> s\u2019inscrit dans un sous-ensemble, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ton \u0153uvre, consacr\u00e9 aux ann\u00e9es 70. Avant d\u2019\u00e9voquer cette p\u00e9riode au travers d\u2019une exp\u00e9rience autobiographique (<i>Apr\u00e8s mai<\/i>) tu avais r\u00e9alis\u00e9 <i>L\u2019Eau froide<\/i>, <i>Carlos<\/i> bien s\u00fbr, mais aussi \u00e9crit deux essais, l\u2019un sur Kenneth Anger et surtout \u00ab\u00a0Une adolescence dans l\u2019apr\u00e8s-Mai &#8211; Lettre \u00e0 Alice Debord\u00a0\u00bb o\u00f9 tu racontes ta rencontre fondatrice avec la pens\u00e9e de Guy Debord.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019avais d\u2019abord fait <i>L\u2019Eau froide<\/i> qui \u00e9tait une relecture punk rock des ann\u00e9es 70 et rendait compte de l\u2019esprit de l\u2019\u00e9poque sans l\u2019englober. Je parlais de quelque chose de presque intemporel qui avait \u00e0 voir avec la r\u00e9volte et l\u2019autodestruction dans l\u2019adolescence. C\u2019\u00e9tait un film plus abstrait mais qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant pour moi dans le sens o\u00f9 j\u2019ai pris conscience que l\u2019autobiographie \u00e0 la fois v\u00e9cue et fantasm\u00e9e pouvait avoir sa place dans ma pratique du cin\u00e9ma. Cela a ouvert une porte dans laquelle se sont engouffr\u00e9es des choses sur lesquelles j\u2019avais fait une croix quand j\u2019avais commenc\u00e9 \u00e0 faire des films, en particulier la r\u00e9flexion sur le cin\u00e9ma. Cela m\u2019a permis, d\u2019une certaine fa\u00e7on, de r\u00e9aliser <i>Irma Vep<\/i>. Le cin\u00e9ma n\u2019\u00e9tait plus seulement une projection de moi sur le monde, je pouvais faire un crochet par mon exp\u00e9rience pour valider la nature, la mati\u00e8re de mon inspiration.<\/p>\n<p>C\u2019est vrai que quand je fais <i>Carlos<\/i> peut revenir \u00e0 la surface la figure de Debord, qui a \u00e9t\u00e9 marquante pour les mille raisons que j\u2019essaye de dire dans le livre, pour moi et quelques gens de ma g\u00e9n\u00e9ration \u2013 pas si nombreux. Mais la figure de Debord revient aussi quand je fais <i>Irma Vep<\/i>, juste apr\u00e8s sa mort, quand sa disparition cr\u00e9\u00e9e une sorte de vide. La gen\u00e8se d\u2019<i>Irma Vep <\/i>doit beaucoup au dada\u00efsme de liesse des d\u00e9buts de Debord.<\/p>\n<p><strong>Doit-elle aussi beaucoup \u00e0 Kenneth Anger, au sujet de la dimension exp\u00e9rimentale du film\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui et non. J\u2019ai toujours eu la conviction \u2013 que je mets plus ou moins en \u0153uvre dans mes films &#8211; qu\u2019il y a une circulation essentielle entre l\u2019avant-garde et le cin\u00e9ma narratif, dont les figures viennent toujours de l\u2019exp\u00e9rimentation.<\/p>\n<p>Mais Anger incarne aussi pour moi quelque chose de plus compliqu\u00e9 sur le statut de l\u2019acteur, sur ce que l\u2019acteur apporte de visible et d\u2019invisible dans un film. Je prends Anger tr\u00e8s au s\u00e9rieux quand il se consid\u00e8re davantage comme un magicien que comme un cin\u00e9aste. Un magicien au sens du symbolisme et de l\u2019\u00e9sot\u00e9risme de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, qui pratique les correspondances, manipule les fluides et se sert moins du conscient des \u00eatres qu\u2019il filme que de leur inconscient, ou des identit\u00e9s y compris arch\u00e9typales qu\u2019ils incarnent, parfois \u00e0 leur insu. Warhol pensait la m\u00eame chose. Les superstars de Warhol rejoignent les adeptes du rituel magique de Anger, bousculent une chose essentielle qui est le rapport \u00e0 l\u2019acteur en tant que m\u00e9dium. Debord, Anger, c\u2019est un chaudron dans lequel j\u2019ai pu red\u00e9couvrir ou r\u00e9inventer ma pratique intime du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><strong>L\u2019annonce de ton projet sur <i>Carlos<\/i> pouvait para\u00eetre surprenante, m\u00eame si le film s\u2019inscrit d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s coh\u00e9rente dans ton travail d\u2019exploration d\u2019une \u00e9poque qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois fondatrice pour toi, adolescent, et d\u00e9terminante pour comprendre l\u2019histoire contemporaine.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai l\u2019impression de toujours faire des films en me basant sur des choses que je ne sais pas faire ou qui me manquent. <i>Carlos<\/i> s\u2019inscrit dans une logique absolue car il remplit un vide constitu\u00e9 par d\u2019autres films qui l\u2019ont fait exister en creux, et simultan\u00e9ment <i>Carlos<\/i> me permet d\u2019aborder la question de mon rapport \u00e0 la politique, ou plut\u00f4t au politique. Carlos est \u00e0 la fois une figure mythique, sur laquelle on projette beaucoup de choses diff\u00e9rentes, un objet de fantasmes, un personnage plus proche de Scarface que de Che Guevara. Il y a quelque chose d\u2019assez puissant du point de vue de la fiction qui permet de porter non pas un regard sur la politique fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9poque au sens le plus r\u00e9ducteur du terme, mais de montrer comment se construit le politique, c\u2019est-\u00e0-dire comment une action s\u2019inscrit dans quelque chose de plus vaste, comment un individu est instrumentalis\u00e9 par son propre engagement et devient \u2013 dans le cas de Carlos &#8211; \u00e0 la fois une cr\u00e9ation de son \u00e9poque, et le lieu de convergence des contradictions de son \u00e9poque. J\u2019ai appris \u00e0 penser le politique en lisant Debord. Quand j\u2019aborde Carlos, c\u2019est en questionnant le rapport entre le politique et le g\u00e9opolitique. Carlos est \u00e9clairant de ce point de vue car c\u2019est un fragment de g\u00e9opolitique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne inscrit dans la France de cette \u00e9poque-l\u00e0. Carlos n\u2019est en relation avec aucun individu, aucun groupe qui r\u00e9ellement incarne quoi que ce soit de d\u00e9finissable dans le champ politique de la radicalit\u00e9 fran\u00e7aise. Il est en rapport avec des Allemands, il agit en Angleterre, il est bien s\u00fbr en lien avec le Moyen-Orient\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>D\u2019ailleurs, dans \u00ab\u00a0Une adolescence dans l\u2019apr\u00e8s-Mai \u2013 Lettre \u00e0 Alice Debord\u00a0\u00bb, tu \u00e9voques bri\u00e8vement Baader, mais pas Carlos.<\/strong><\/p>\n<p>Pour moi comme pour l\u2019essentiel du gauchisme fran\u00e7ais Carlos n\u2019a jamais rien repr\u00e9sent\u00e9. Baader si, m\u00eame de fa\u00e7on erron\u00e9e, discutable et catastrophique, parce qu\u2019il \u00e9tait parent de ce qui aurait pu \u00eatre une d\u00e9rive du gauchisme fran\u00e7ais. Elle n\u2019a pas eu lieu gr\u00e2ce \u00e0 des gens comme Olivier Rollin ou Alain Geismar qui \u00e0 un moment donn\u00e9 ont bifurqu\u00e9. Et parce que la France n\u2019\u00e9tait pas prise dans la dialectique de la Guerre Froide, contrairement \u00e0 l\u2019Allemagne. Les lieux o\u00f9 le terrorisme a pris sont les lieux de tension ou de friction o\u00f9 le gens \u00e9taient manipul\u00e9s par les services secrets.<\/p>\n<p><strong>La circulation des corps, les flux humains, le d\u00e9passement et m\u00eame l\u2019affranchissement des fronti\u00e8res \u2013 g\u00e9ographiques et autres \u2013 sont des th\u00e8mes abord\u00e9s dans plusieurs de tes films. On pourrait consid\u00e9rer <i>Carlos<\/i> comme l\u2019arch\u00e9ologie d\u2019un film comme <i>Demonlover<\/i>, son cyber terrorisme, son va-et-vient dans des espaces indiff\u00e9renci\u00e9s, mais aussi entre le r\u00e9el et le virtuel.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai fait trois films qui parlent du monde\u00a0: <i>Les Destin\u00e9es sentimentales<\/i>, <i>Demonlover<\/i> et <i>Carlos<\/i>. Trois \u00e9poques, trois moments diff\u00e9rents qui ont tous \u00e0 voir avec la tension entre le local et le mondial, sous diff\u00e9rentes formes. <i>Demonlover <\/i>est d\u2019une nature un peu diff\u00e9rente parce que j\u2019observe le monde au pr\u00e9sent. Dans <i>Carlos<\/i> comme dans <i>Les Destin\u00e9es sentimentales<\/i> je dois me baser sur quelque chose qui rel\u00e8ve du t\u00e9moignage, du document ou de l\u2019archive. Dans le roman de Chardonne il y a un travail de recherche historique sur lequel je peux m\u2019appuyer, en sachant qu\u2019il est v\u00e9ridique. <i>Carlos<\/i> est le premier film que je fais qui est bas\u00e9 sur une documentation historique aussi m\u00e9ticuleuse que possible, la reconstitution aussi juste que possible de moments. Carlos est une mati\u00e8re \u00e0 manipuler extr\u00eamement d\u00e9licate parce que tout le monde pense quelque chose sur lui. L\u2019angle que j\u2019ai choisi pour raconter Carlos est mon rapport entre le politique et le g\u00e9opolitique. Mais je ne me suis donn\u00e9 aucun espace pour y mettre de la subjectivit\u00e9. Un fait est un fait.<\/p>\n<p><strong>Quel est ton point de vue critique sur Carlos\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le point de vue critique que je peux avoir ne peut \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 que par des faits. Je pense que Carlos est multiple, qu\u2019il est diff\u00e9rentes personnes \u00e0 diff\u00e9rentes p\u00e9riodes de sa vie. Je lui accorde le cr\u00e9dit, difficile \u00e0 faire si l\u2019on consid\u00e8re l\u2019\u00e9volution ult\u00e9rieure du personnage, de son engagement de jeunesse. Je n\u2019ai aucun mal \u00e0 comprendre qu\u2019une personne de seize ans qui grandit dans le contexte de l\u2019Am\u00e9rique Latine en \u00e9tat de guerre civile, aux prises \u00e0 la plus grande violence de l\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain pour reprendre les termes de l\u2019\u00e9poque, ait envie de prendre les armes.<\/p>\n<p><strong>Pourtant son narcissisme, sa m\u00e9galomanie sont montr\u00e9s assez t\u00f4t dans le film, notamment avec la sc\u00e8ne o\u00f9 il se contemple nu dans un miroir.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une sc\u00e8ne qui a beaucoup marqu\u00e9e mais que j\u2019ai rajout\u00e9e relativement tard. Tous les gens qui l\u2019ont approch\u00e9 et connu disent \u00e7a, en particulier \u00ab\u00a0Angie\u00a0\u00bb (Hans-Joachim Klein, ndr) dont le livre autobiographique a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit au plus proche des faits, et qui d\u00e9crit un Carlos qui passe des heures dans la salle de bain, se talque, se parfume, est obs\u00e9d\u00e9 par ses bourrelets. D\u2019embl\u00e9e, il y a un rapport au corps qui est bizarre. C\u2019\u00e9tait important de le montrer tout de suite parce que c\u2019est constitutif. Les choses deviennent d\u00e9licates et ambig\u00fces lorsque ce tr\u00e8s jeune homme tr\u00e8s radical, pr\u00e9coce, physique, se retrouve \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Patrice-Lumumba de Moscou, o\u00f9 les cadres internationaux du Parti \u00e9taient \u00e9duqu\u00e9s, et qui n\u2019est donc pas un lieu neutre du tout. L\u00e0 se passe une chose dont personne ne donne l\u2019explication et que personne n\u2019interroge (mon film commence un peu apr\u00e8s)\u00a0: qu\u2019est-ce que fout Carlos six mois apr\u00e8s aupr\u00e8s de Wadie Haddad (fondateur du Front Populaire de Lib\u00e9ration de la Palestine &#8211; Op\u00e9rations Externes (FPLP-OE), ndr) en Palestine\u00a0? Quelle est la ligne directe qui relie l\u2019Universit\u00e9 Patrice-Lumumba \u00e0 Wadie Haddad\u00a0? Wadie Haddad \u00e9tait de fa\u00e7on historique un agent du KGB tr\u00e8s probl\u00e9matique, y compris dans le rapport \u00e0 l\u2019OLP. Est-ce que d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ce moment-l\u00e0 Carlos est-il un agent du KGB ou pas\u00a0? Il est impossible de l\u2019affirmer, il n\u2019y a rien qui l\u2019\u00e9tablisse. Il n\u2019existe qu\u2019un document du KGB qui dit le contraire, pr\u00e9sentant Carlos comme un \u00e9l\u00e9ment perturbateur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Patrice-Lumumba dont il a \u00e9t\u00e9 vir\u00e9. C\u2019est la raison pour laquelle je ne l\u2019ai pas inclus dans le film, ni rien construit qui en d\u00e9pendrait.<\/p>\n<p>Que Carlos soit ou pas agent du KGB cela n\u2019a finalement pas une grande importance car il est port\u00e9 au d\u00e9but de son itin\u00e9raire par le d\u00e9sir de militer et d\u2019en d\u00e9coudre \u2013 il ne faut pas n\u00e9gliger l\u2019envie de se battre un fusil \u00e0 la main. Carlos se retrouve tr\u00e8s t\u00f4t en Jordanie, assiste \u00e0 des sc\u00e8nes horribles, est bless\u00e9, son engagement pour la cause palestinienne se vivifie. Il se retrouve embringu\u00e9 par Wadie Haddad dans la reconstitution en Europe du r\u00e9seau de Mohamed Boudiaf au profit du FPLP\u2026 Dans le contexte de l\u2019\u00e9poque tout cela n\u2019est pas difficile \u00e0 comprendre. Apr\u00e8s, pour des raisons calamiteuses, Carlos abat des policiers fran\u00e7ais pour rien ou plut\u00f4t pour des raisons qui ont \u00e0 voir avec l\u2019alcoolisme des uns et des autres puisque tout le monde est bourr\u00e9 ce soir-l\u00e0\u00a0! Carlos est exfiltr\u00e9 et passe la fronti\u00e8re discr\u00e8tement. Carlos devient un agent trop visible et on ne sait plus quoi faire de lui. Au Yemen Carlos se retrouve \u00e0 devoir monter une op\u00e9ration tr\u00e8s dangereuse pour le FPLP qui est la prise d\u2019otage des ministres du p\u00e9trole au si\u00e8ge de l\u2019OPEP \u00e0 Vienne. On bascule alors dans autre chose, des magouilles de base. On n\u2019est plus dans la cause palestinienne, mais dans le sabotage de la cause palestinienne, en tirant dans les pattes de Arafat. Carlos finit par ne pas accomplir la mission que lui a confi\u00e9e Haddad en \u00e9changeant les ministres du p\u00e9trole contre de l\u2019argent qui ira on ne sait trop o\u00f9. Il est chass\u00e9 du FPLP et de la cause palestinienne. A partir de l\u00e0 Carlos devient un agent secret, un mercenaire dont les int\u00e9r\u00eats sont de plus en plus glauques, gagne de l\u2019argent avec du trafic d\u2019armes. La fa\u00e7on dont Carlos circule dans le bloc de l\u2019Est durant la p\u00e9riode o\u00f9 il y fait des affaires, \u00e0 mon sens est inimaginable s\u2019il n\u2019est pas un agent du KGB. Il est clairement prot\u00e9g\u00e9 et les services secrets hongrois ont peur de lui.<\/p>\n<p><strong>La seule dimension t\u00e9l\u00e9visuelle de <i>Carlos<\/i>, c\u2019est peut-\u00eatre sa temporalit\u00e9 sp\u00e9cifique au projet. Pouvoir int\u00e9grer diff\u00e9rentes vitesses dans le film. L\u2019\u00e9nergie du d\u00e9but puis les errements, les temps morts et l\u2019enlisement d\u2019une cause et d\u2019un homme \u2013 auraient \u00e9t\u00e9 impossibles \u00e0 transcrire au cin\u00e9ma, dans un long m\u00e9trage d\u2019une dur\u00e9e normale.<\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9but j\u2019\u00e9tais terroris\u00e9 par l\u2019\u00e9normit\u00e9 du projet, m\u00eame si c\u2019\u00e9tait moi qui l\u2019avais voulu comme \u00e7a. On \u00e9tait parti d\u2019un projet plus petit propos\u00e9 par Daniel Leconte et j\u2019ai voulu raconter toute l\u2019histoire de Carlos. Il y a avait tout ce qui conduisait \u00e0 la fusillade de la rue Toullier (qui constituait d\u00e9j\u00e0 la mati\u00e8re d\u2019un long m\u00e9trage) et ensuite il y avait un \u00e9l\u00e9ment passionnant et tr\u00e8s document\u00e9 qui est l\u2019arrestation de Carlos. J\u2019avais le d\u00e9but et la fin du film. Comment allais-je traiter le milieu, dont une partie concerne la prise d\u2019otages \u00e0 l\u2019OPEP (un film de plus) et la p\u00e9riode de dix ans o\u00f9 l\u2019on savait tr\u00e8s peu de choses\u00a0? Il a fallu proc\u00e9der \u00e0 un travail de b\u00e9n\u00e9dictin. J\u2019ai fait des recherches avec des dossiers complets reprenant les chronologies de tous les faits en essayant de les mettre ensemble, pour essayer de comprendre \u00e0 peu pr\u00e8s quelque chose qui n\u2019existe dans aucune biographie de Carlos, et le condenser autant que possible. C\u2019est la partie la plus lente car on entre dans les affaires de Carlos, et la plus elliptique car j\u2019avais beaucoup moins d\u2019\u00e9l\u00e9ments concrets, et ceux que j\u2019avais renvoyaient \u00e0 quelque chose d\u2019indescriptible au cin\u00e9ma. Johannes Weinrich (fid\u00e8le bras droit de Carlos, ndr) notait tout dans des carnets, avec des listes de trucs \u00e0 faire, dix attentats en cours avec des Basques, des Grecs, des Allemands, en Arabie Saoudite\u2026 Certains aboutissaient, d\u2019autres pas. Ma m\u00e9thode adopt\u00e9e pour le d\u00e9but et la fin ne pouvait pas fonctionner au milieu car le d\u00e9tail \u00e9tait intraitable.<\/p>\n<p><strong>On sent dans <i>Carlos<\/i> une envie de rivaliser avec le cin\u00e9ma am\u00e9ricain. Ton film entretient une relation int\u00e9ressante avec <i>Che<\/i> de Steven Soderbergh par exemple, avec des diff\u00e9rences et de ressemblances entre les deux films. Un travail \u00e0 la fois immersif et critique dans les deux cas, m\u00eame si tu as moins peur que Soderbergh de c\u00e9der au romanesque, au spectaculaire.<\/strong><\/p>\n<p>Il est plus facile d\u2019\u00eatre romanesque avec une figure n\u00e9gative, sombre, de gangster ou de terroriste qu\u2019avec une figure de saint ou de personnage historique comme Che. Il y a une relation \u00e9vidente et assum\u00e9e entre les deux films. J\u2019\u00e9tais en train de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 <i>Carlos<\/i> lorsque j\u2019ai vu <i>Che<\/i> de Soderbergh en continuit\u00e9 \u00e0 Cannes et que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement impressionn\u00e9e par le film. J\u2019ai compris qu\u2019on pouvait faire des choses gr\u00e2ce \u00e0 la dur\u00e9e. On peut surtout prendre une figure mythique et s\u2019en servir comme le vecteur d\u2019une r\u00e9flexion sur quelque chose de plus vaste. <i>Che<\/i> m\u2019a passionn\u00e9 car il montre comment le cin\u00e9ma peut raconter la strat\u00e9gie. C\u2019est le grand film sur la strat\u00e9gie\u00a0: comment une r\u00e9volution r\u00e9ussit et comment elle rate, avec une mise en rapport sym\u00e9trique, y compris du point de vue de l\u2019ennemi, qui a eu le temps de tirer les cons\u00e9quences de la r\u00e9ussite de la premi\u00e8re r\u00e9volution\u00a0!<i> <\/i>Je me suis dis que ce que Soderbergh avait fait sur la strat\u00e9gie, je pouvais le faire sur la g\u00e9opolitique, qui n\u2019est pas un sujet tr\u00e8s usit\u00e9 au cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><strong><i>Carlos<\/i> permet-il aussi d\u2019\u00e9clairer le monde d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Ces questions historiques r\u00e9sonnent tr\u00e8s fort avec le pr\u00e9sent. Si tu comprends les m\u00e9canismes de fonctionnement du terrorisme de l\u2019\u00e9poque de Carlos, tu n\u2019as pas de mal \u00e0 comprendre qu\u2019il y a tr\u00e8s peu de nihilistes qui posent des bombes aujourd\u2019hui. Quand une bombe explose, c\u2019est un message qui est envoy\u00e9 par quelqu\u2019un \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre. La question de savoir qui a techniquement pos\u00e9 la bombe n\u2019a pas grand int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Le travail historique par d\u00e9finition \u00e9claire une p\u00e9riode donn\u00e9e mais poss\u00e8de une double v\u00e9rit\u00e9\u00a0: \u00e9clairer une p\u00e9riode pass\u00e9e en fonction de param\u00e8tres qui sont ceux de cette \u00e9poque, et en m\u00eame temps je fais <i>Carlos <\/i>au point z\u00e9ro du temps historique, au premier moment o\u00f9 il est possible de le faire. Cinq ans auparavant je n\u2019aurais pas pu faire le film car les documents qui permettent de d\u00e9crypter l\u2019\u00e9poque n\u2019\u00e9taient pas encore remont\u00e9s \u00e0 la surface. Par exemple l\u2019autobiographie de Magdalena Kopp \u2013 \u00e0 utiliser fatalement avec m\u00e9fiance comme n\u2019importe quelle source &#8211; est parue au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9tais en train d\u2019\u00e9crire le sc\u00e9nario de <i>Carlos<\/i>. J\u2019essaye de faire ce film strictement au pr\u00e9sent de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Eventuellement la r\u00e9sonance de l\u2019histoire peut \u00eatre plus parlante pour nous. <i>Carlos <\/i>est sp\u00e9cifiquement un film sur la Guerre Froide et comment l\u2019\u00e9quilibre mondial est boulevers\u00e9 quand elle s\u2019ach\u00e8ve. Carlos est lui-m\u00eame physiquement travers\u00e9 et affect\u00e9 par \u00e7a. A l\u2019\u00e9chelle de vies humaines \u2013 celles des spectateurs possibles du film &#8211; il y a une couche o\u00f9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement est per\u00e7u \u00e0 travers son filtre m\u00e9diatique, c\u2019est-\u00e0-dire comment le journalistique essaye de traiter le sympt\u00f4me comme il peut, puis l\u2019explication v\u00e9ridique se r\u00e9v\u00e8le progressivement, dans des articles de plus en plus courts, douze mois apr\u00e8s\u2026 Le mythe s\u2019inscrit gr\u00e2ce \u00e0 son point d\u2019impact, les explications qui viennent apr\u00e8s ont moins de force et de visibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Et apr\u00e8s il y a les lacunes qui demeurent dans les ouvrages sur Carlos et qui se clarifient \u00e0 partir du moment o\u00f9 on a acc\u00e8s aux archives, comme \u00e0 celles de la Stasi par exemple. Les sc\u00e8nes qui impliquent la Stasi dans le film ont \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement faites \u00e0 partir de transcriptions d\u2019enregistrements et jettent un \u00e9clairage diff\u00e9rent. Si je refaisais <i>Carlos<\/i> aujourd\u2019hui je pourrais sans doute disposer d\u2019informations venant de Lybie qui n\u2019\u00e9taient pas accessibles et qui valident ou invalident des hypoth\u00e8ses sur lesquelles j\u2019ai travaill\u00e9. Sans parler de la Syrie. Les seules vraies sc\u00e8nes de fiction \u2013 fond\u00e9es sur des faits aussi av\u00e9r\u00e9s que possible &#8211; du film sont celles qui se passent dans les bureaux des services secrets syriens.<\/p>\n<p>Propos recueillis \u00e0 Paris le 28 janvier 2014. Remerciements \u00e0 Olivier Assayas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ARTE rediffuse ce soir Carlos (2010), mini s\u00e9rie de 5h\u00a034 d\u2019Olivier Assayas avec \u00c9dgar Ram\u00edrez, remarquable dans le r\u00f4le titre,\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[7,8],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Carlos : entretien avec Olivier Assayas - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Carlos : entretien avec Olivier Assayas - Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"ARTE rediffuse ce soir Carlos (2010), mini s\u00e9rie de 5h\u00a034 d\u2019Olivier Assayas avec \u00c9dgar Ram\u00edrez, remarquable dans le r\u00f4le titre,\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2014-02-13T02:25:40+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-04-09T07:18:36+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Olivier P\u00e8re\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"17 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/\",\"name\":\"Carlos : entretien avec Olivier Assayas - Olivier P\u00e8re\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\"},\"datePublished\":\"2014-02-13T02:25:40+00:00\",\"dateModified\":\"2020-04-09T07:18:36+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Carlos : entretien avec Olivier Assayas\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558\",\"name\":\"Olivier P\u00e8re\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Olivier P\u00e8re\"},\"url\":\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Carlos : entretien avec Olivier Assayas - Olivier P\u00e8re","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Carlos : entretien avec Olivier Assayas - Olivier P\u00e8re","og_description":"ARTE rediffuse ce soir Carlos (2010), mini s\u00e9rie de 5h\u00a034 d\u2019Olivier Assayas avec \u00c9dgar Ram\u00edrez, remarquable dans le r\u00f4le titre,\u2026","og_url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/","og_site_name":"Olivier P\u00e8re","article_published_time":"2014-02-13T02:25:40+00:00","article_modified_time":"2020-04-09T07:18:36+00:00","author":"Olivier P\u00e8re","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Olivier P\u00e8re","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"17 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/","name":"Carlos : entretien avec Olivier Assayas - Olivier P\u00e8re","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website"},"datePublished":"2014-02-13T02:25:40+00:00","dateModified":"2020-04-09T07:18:36+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2014\/02\/13\/carlos-entretien-avec-olivier-assayas\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Carlos : entretien avec Olivier Assayas"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#website","url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/","name":"Olivier P\u00e8re","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/dc32cd6c79be95e52d43b97a74182558","name":"Olivier P\u00e8re","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/bdea7b6a2c195e2c41772429a9694758?s=96&d=mm&r=g","caption":"Olivier P\u00e8re"},"url":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/author\/pereolivier\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11760"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/users\/116"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11760"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11760\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25175,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11760\/revisions\/25175"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11760"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11760"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11760"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}