{"id":10046,"date":"2013-06-08T08:42:56","date_gmt":"2013-06-08T07:42:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/?p=10046"},"modified":"2020-12-19T16:32:39","modified_gmt":"2020-12-19T15:32:39","slug":"british-horror","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2013\/06\/08\/british-horror\/","title":{"rendered":"British Horror"},"content":{"rendered":"<p><strong>Artus propose en DVD trois petits classiques du cin\u00e9ma d\u2019horreur britannique qu\u2019on aime beaucoup (dans la collection \u00ab\u00a0British Horror\u00a0\u00bb), en vente depuis le 4 juin. Respectons l\u2019ordre chronologique et commen\u00e7ons par <em>Le Sang du vampire <\/em>(<em>Blood of the Vampire<\/em>, 1958) d\u2019Henry Cass.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Il ne s\u2019agit pas \u00e0 proprement parler d\u2019un film de vampire, mais le sang y joue un r\u00f4le essentiel. Un savant fou le docteur Callistratus a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9. Il est ressuscit\u00e9 par son fid\u00e8le serviteur bossu et d\u00e9figur\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une greffe du c\u0153ur. Il peut ainsi poursuivre ses recherches scientifiques malpropres sur les d\u00e9ficiences sanguines en toute impunit\u00e9 dans un asile psychiatrique dont il a la charge, seul ma\u00eetre d\u2019un univers concentrationnaire infernal, dont les infortun\u00e9s prisonniers lui servent de cobayes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il s\u2019agit d\u2019un petit bijou v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les amateurs comme un sommet de cin\u00e9ma sadique et sadien. Le film est cruel et malsain, travers\u00e9 d\u2019images choquantes (un homme d\u00e9vor\u00e9 par les chiens, un autre ligot\u00e9 et fouett\u00e9, un laboratoire sordide encombr\u00e9 de cadavres et d\u2019organes) et on imagine sans peine les naus\u00e9es et \u00e9vanouissements provoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa sortie par un spectacle choc d\u00e9passant les bornes de la biens\u00e9ance \u00e0 la fin des puritaines ann\u00e9es 50. Il faut dire que les productions anglaises \u00e9taient bien plus d\u00e9vergond\u00e9s que les films fran\u00e7ais pour lesquels les sommets de l\u2019audace consistaient \u00e0 montrer \u00e0 la sauvette des bouts de sein de nos starlettes nationales.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il y a aussi dans <em>Le Sang du vampire<\/em> des sc\u00e8nes plus coquines et sadomasochistes (des figurantes peu farouches \u00e0 moiti\u00e9 d\u00e9poitraill\u00e9es, encha\u00een\u00e9es et martyris\u00e9es par un bossu libidineux) qui n\u2019\u00e9chapp\u00e8rent pas aux ciseaux de la censure avant d\u2019\u00eatre miraculeusement r\u00e9int\u00e9gr\u00e9es au montage dans ce DVD apr\u00e8s avoir fait fantasmer deux ou trois g\u00e9n\u00e9rations de cin\u00e9philes pervers.<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le Sang du vampire <\/em>de Henry Cass et <em>Le Cauchemar de Dracula<\/em> de Terence Fisher ont \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9s presque simultan\u00e9ment et les deux films sont sortis en Grande Bretagne \u00e0 deux mois d\u2019intervalle, au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 de la m\u00eame. Ils partagent le m\u00eame sc\u00e9nariste Jimmy Sangster d\u00e9j\u00e0 responsable des deux premiers Frankenstein de la Hammer et qui deviendra un stakhanoviste du fantastique et du thriller au cours des d\u00e9cennies suivantes. Ce sont donc les deux bornes oppos\u00e9es d\u2019une p\u00e9riode passionnante. Comme l\u2019a remarqu\u00e9 Jean-Marie Sabatier dans son livre de r\u00e9f\u00e9rence \u00ab\u00a0Les Classiques du cin\u00e9ma fantastique\u00a0\u00bb (Balland, 1973, \u00e9puis\u00e9), l\u2019un est un ultime r\u00e9capitulatif de l\u2019\u00e2ge d\u2019or du serial avec ses p\u00e9rip\u00e9ties sadiques et feuilletonnesques (<em>Le Sang du vampire<\/em>), l\u2019autre une ouverture vers une approche moderne et fonci\u00e8rement novatrice du genre fantastique. \u00ab\u00a0D\u00e9mesur\u00e9 et g\u00e9nial, le film d\u2019Henry Cass r\u00e9sonne comme un dernier adieu aux chers ingr\u00e9dients du film am\u00e9ricain. La m\u00eame ann\u00e9e, en tournant <em>Revenge of Frankenstein<\/em> et <em>Horror of Dracula<\/em>, Fisher fondera un ordre nouveau.\u00a0\u00bb (Jean-Marie Sabatier, ouvrage cit\u00e9.)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui \u00e9tait Henry Cass\u00a0? Un t\u00e2cheron sans doute, dont le reste de la filmographie est tomb\u00e9 dans les oubliettes. \u00ab\u00a0Quand le g\u00e9nie souffle sur une \u00e9poque, il trouve certes de grands cr\u00e9ateurs pour en exprimer la continuit\u00e9, mais il ne manque pas d\u2019honn\u00eates artisans pour le sentir passer et pour en adopter l\u2019esprit.\u00a0\u00bb (JMS)<\/strong><\/p>\n<p><strong>La r\u00e9ussite du <em>Sang du vampire<\/em> incombe sans doute aussi \u00e0 ses producteurs, Robert S. Baker et Monty Berman, \u00e9galement r\u00e9alisateurs d\u2019un excellent <em>Jack l\u2019\u00e9ventreur <\/em>et qui se distingueront de leur concurrent Hammer en allant encore plus loin dans le sadisme et la trivialit\u00e9, s\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 rajouter des d\u00e9tails sadiques et \u00e9rotiques \u00e0 des films aux arguments scabreux, mais souvent de grande qualit\u00e9 (<em>L\u2019Impasse aux violences<\/em> de John Gilling.)<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les deux autres titres de la collection Artus sont <em>La Nuit des mal\u00e9fices <\/em>(<em>The Blood on Satan\u2019s Claw<\/em>, 1971) de Piers Haggard et <em>La Griffe de Frankenstein<\/em> (<em>Horror Hospital<\/em>, 1973) d\u2019Antony Balch (photo en t\u00eate de texte.)<\/strong><\/p>\n<p><strong>De tous les grands films fantastiques anglais, <em>La Nuit des mal\u00e9fices<\/em> est sans doute le plus m\u00e9connu et le plus sous-estim\u00e9. Il n\u2019a jamais b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une r\u00e9\u00e9valuation critique au contraire de nombreux films de la Hammer (<em>La Nuit des mal\u00e9fices<\/em> est produit par la Tigon, compagnie beaucoup moins prestigieuse) et il n\u2019a m\u00eame jamais atteint le statut de classique secret. Pourtant, tous les amateurs qui l\u2019ont vu s\u2019accordent dire \u2013 \u00e0 raison \u2013 qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un film extraordinaire, l\u2019un des meilleurs jamais consacr\u00e9 \u00e0 la sorcellerie, et qu\u2019il est capable de rivaliser avec d\u2019autres titres plus fameux comme <em>Le Grand Inquisiteur<\/em> de Michael Reeves, <em>La Marque du diable<\/em> de Michael Armstrong ou <em>The Wicker Man<\/em> de\u00a0Robin Hardy r\u00e9alis\u00e9s autour de la m\u00eame p\u00e9riode. La fa\u00e7on dont Piers Haggard filme cette enqu\u00eate sur un cas de sorcellerie dans la campagne anglaise du XVII\u00e8me si\u00e8cle est surprenante de modernit\u00e9. Les rites pa\u00efens et sanguinaires mis en sc\u00e8ne dans <em>La Nuit des mal\u00e9fices<\/em>, et impliquant des enfants et des adolescents (parmi lesquels une perverse et juv\u00e9nile Linda Hayden en ma\u00eetresse de c\u00e9r\u00e9monie satanique) permettent d\u2019\u00e9voquer le r\u00e9cent <em>Kill List<\/em> de Ben Weathley et son atmosph\u00e8re cauchemardesque. <em>La Nuit des mal\u00e9fices <\/em>comporte de nombreuses sc\u00e8nes marquantes et laisse une impression durable, \u00e0 l\u2019image de cette s\u00e9quence finale constitu\u00e9e d\u2019arr\u00eats sur image et de ralentis bizarres.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Deux ans plus tard le cin\u00e9ma d\u2019horreur britannique nous offre ce qui restera sans doute comme son titre le plus malade et d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, \u00e0 peine excus\u00e9 par ses intentions comiques. <em>La Griffe de Frankenstein<\/em> (<em>Horror Hospital<\/em>, 1973) est un cas \u00e0 part dans le cin\u00e9ma d\u2019exploitation anglais puisqu\u2019il m\u00e9lange des \u00e9l\u00e9ments parodiques, gore et \u00e9rotiques et d\u2019autres h\u00e9rit\u00e9s de la culture underground. Son r\u00e9alisateur Antony Balch \u00e9tait un effet un ami de William Burroughs avec lequel il r\u00e9alisa ses premiers courts m\u00e9trages, avant de sonoriser une version de <em>La Sorcellerie \u00e0 travers les \u00e2ges<\/em> avec la participation de l\u2019\u00e9crivain am\u00e9ricain. <em>La Griffe de Frankenstein<\/em> se caract\u00e9rise par un mauvais go\u00fbt outrancier, mixture improbable entre les bandes dessin\u00e9es pour adultes, <em>Orange m\u00e9canique<\/em>, les sexy com\u00e9dies anglaises, <em>L\u00e2chez les monstres<\/em> de Gordon Hessler et <em>L\u2019Abominable Docteur Phibes <\/em>de Robert Fuest. Un jeune rocker londonien d\u00e9barque dans une \u00e9trange clinique de repos isol\u00e9e o\u00f9 un m\u00e9decin fou transforme des hippies en zombies lobotomis\u00e9s. Le docteur Storm, un ancien nazi en fauteuil roulant, est interpr\u00e9t\u00e9 par Michael Gough, acteur \u00e0 la longue filmographie qui fr\u00e9quenta r\u00e9guli\u00e8rement la s\u00e9rie B horrifique. Il livre ici une composition d\u00e9cha\u00een\u00e9e, sans retenue dans la cruaut\u00e9. Il y a aussi le cabotin Dennis Price en rabatteur homosexuel, un serviteur nain souffre-douleur, des sbires motards en combinaison de cuir et une limousine avec une lame qui d\u00e9capite les fuyards. Nombreuses allusions salaces, toutes tendances sexuelles confondues, beaucoup de sang et pas mal de nudit\u00e9. Une r\u00e9jouissante anomalie, il faut la voir pour y croire\u2026<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Artus propose en DVD trois petits classiques du cin\u00e9ma d\u2019horreur britannique qu\u2019on aime beaucoup (dans la collection \u00ab\u00a0British Horror\u00a0\u00bb), en\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>British Horror - Olivier P\u00e8re<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/sites\/olivierpere\/2013\/06\/08\/british-horror\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"British Horror - 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