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Junk Love

Premier ouvrage de la dessinatrice coréenne Chaemin aperçue dans le collectif Corée (Casterman), Junk Love dissèque la relation chaotique d’un couple que tout oppose, évocation sans fard de la jeunesse coréenne désillusionnée d’aujourd’hui.

 

Aspirante comédienne, Ho-gyeong est une jeune femme vivant de petits boulots pour joindre les deux bouts. Posant comme modèle pour une école d’art, elle fait la connaissance de Min-gyu, un étudiant je-m’en-foutiste et distant avec qui elle lie rapidement une étrange relation qui ne trouve son équilibre que dans le contact charnel et la nourriture…

Loin de nous raconter l’histoire d’un amour fou et passionné, le manwha de Chaemin distille une vision crue et clinique de la vie à deux à travers le regard de jeunes citadins que rien ne rapproche, si ce n’est l’illusion d’oublier un instant le vide d’une existence frustrante dans les bras de l’autre. Une histoire condamnée à l’échec donc, mais que Chaemin prend le temps de suivre en profondeur en usant d’une narration complexe savamment élaborée autour d’une succession de flashbacks et de saynètes vues du point de vue des deux protagonistes. La rencontre, la rupture, les moments anodins comme de tension ponctuent ce récit éclaté, construit à la façon d’un puzzle mettant en lumière les contradictions, les attentes et la fragilité des personnages. Dans un graphisme limpide rejoignant la finesse minimaliste d’une Kiriko Nananan, elle consacre la lâcheté masculine symbolisée par le comportement erratique de Min-gyu. A travers leur histoire, l’auteur raconte aussi le mal-être d’une certaine jeunesse confronté à la crise, au chômage, à la compétition et où les plus fragiles ne peuvent plus se soutenir.

Catégories : Ambiance

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