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Sélection express pour Noël

Et bien voilà, nous aussi, on sacrifie à la tradition. Rapide sélection pour le petit-neveu qui aime le manga, ou l’oncle obtu qui ne jure que par Taniguchi!

 

 

Quand le père de Kitaro le repoussant, le gamin zombie, Shigeru Mizuki délaisse les monstres du folklore pour traiter d »un monstre bien réel, cela donne une biographie hyper-documentée et solide racontant l »inexorable ascension d »un peintre raté devenu l »un des pires bourreaux de l »humanité. C »est Hitler, et c »est à faire lire dans toutes les écoles (Cornélius).

Kana nous gâte en cette fin d »année, avec une autobiographie du Dieu du manga, élaborée à partir de multiples interviews et conférences livrés à travers les années par Tezuka. Ca s »appelle Ma vie manga et c »est aussi une leçon de vie. On en profitera pour lire aux éditions H, Sous notre atmosphère un bon vieux gekiga du maître.

Plus frustrante, la plongée à l »intérieur du studio Ghibli signée d »un collaborateur historique Toshio Suzuki reste un peu superficielle mais à défaut d »équivalent, les fans de Totoro devront s »en satisfaire (Dans le Studio Ghibli, Kana).

Pour se faire peur, on lira l »assez réussi Hide Out, chez Ki-oon, qui tient surtout grâce au dessin charbonneux et crépusculaire du dessinateur Kakizaki, à qui l »on doit déjà le traumatisant Rainbow (Kazé). Un couple qui vient de perdre son enfant se déchire avant de se retrouver piégé au fond d »une grotte où vivent des créatures effrayantes. Narration en flash-back efficace, pour un récit bien glauque où le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

Plus léger, IMHO fait dans le romantisme avec l »histoire d »amour entre un lycéen et sa petite copine qui a inexplicablement rétréci pour faire la taille d »une main. La bande développe un esprit moe avant l »heure,  le trait hésitant et pas franchement gracieux de la mangaka Uchido ressemble à un quelconque blog dessiné,  mais c »est frais, polisson, léger et même un peu triste à la fin. (La petite amie de Minami, IMHO)

Pays invité du prochain Angoulême, Taïwan a vécu une histoire troublée subissant tour à tour le joug japonais puis la dictature du Kuomingtang de Chiang Kai-Chek. Entre propagande anti-communiste et répression de toute aspiration démocratique, le pouvoir en place a construit une Chine bis incitant les jeunes taïwanais à oublier leur origine à travers un enseignement masquant un décervelage en règle. Li-Chin Lin raconte ses années d »enfance et d »adolescence, son application studieuse à devenir une vraie petite chinoise jusqu »à sa prise de conscience née de la répression de Tian »anmen. Son parcours de vie se fait dès lors universel dans son refus de suivre une voie toute tracée, celle de la réussite financière, du prestige social pour faire le choix d »une vie enfin indépendante et libre. (ed. Ca et là)

Et de trois pour Kamui den, fresque médiévale mythique du grand Shirato qui signait là un manga monument et culte pour toute une génération d »étudiants contestataires des sixties. Le mangaka nous immerge dans un Japon féodal et inégalitaire qu »il tente d »appréhender d »une manière globale en s »appuyant sur une relecture  marxiste de l »Histoire. Le dessin plus dur que Tezuka est quasiment hargneux, le récit est épique, le souffle est tragique, un authentique chef-d »œuvre politique, violent, âpre.  

Merci à tous ceux qui suivent ce blog, bonnes fêtes à tous !

 

 

Catégories : Mang'actu

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