chenille, dieu, enrage, koji, maruo, ranpo, soldat, suehiro, wakamatsu

C’est la chenille qui redémarre…

La Chenille
Suehiro Maruo d »après Edogawa Ranpo
Le Lézard noir

Un soldat japonais revient effroyablement mutilé de la guerre. Devenu un homme tronc, muet, il n »est plus qu »une masse amorphe pour sa femme, une « chenille » dont la vie se résume à manger, dormir et… faire l »amour. Version nippone et fétichiste de Johnny s »en va en guerre, La Chenille offre un sujet en or pour l »apôtre de l »érotique-grotesque Maruo qui dans une débauche de visions purulentes et moisies magnifie le texte originel de Ranpo en disséquant la relation trouble de ce couple monstrueux et aberrant se perdant peu à peu dans une démence sadomasochiste.  

Alors que le Soldat-Dieu du cinéaste « enragé » (pour reprendre la formule de Julien Sévéon) Koji Wakamatsu opérait à travers la même histoire un renversement des valeurs de la figure mâle autoritaire et s »affichait comme un brûlot antimilitariste à l »aune du trauma de la Seconde guerre mondiale, Maruo délaisse le réalisme étouffant et le message politique pour composer une fantasmagorie morbide et organique tout aussi nihiliste ; preuve de la modernité et de la puissance intrinsèque du récit de Ranpo.

Interview de Maruo ici

Catégories : Mang'actu

Comments