SPECIAL IMHO: c’est le moment d’acheter!

Et non Mang’arte ne sacrifie pas au traditionnel marrionnier mais se penche sur deux mangas OVNI d’IMHO, deux créations malades et démentes s’il en est, signées manifestement par deux déments malades, inconnus chez nous mais parait-il très cultes dans l »archipel nippon.

On commence avec le très barré Tokyo Zombie un Walking dead démantibulé et marxiste de Yusaku Hanakuma mettant en vedette deux amis adeptes du jiu-jitsu. Mitsuo, chevelu comme un énarque et Fujio, affreux à la coupe afro, se retrouvent face à une invasion impromptue de zombies échappés du  Fuji noir, une montagne truffée de déchets toxiques et de cadavres en tout genre, une monstruosité purulente née des rebuts de la société de consommation. Mitsuo mordu, Fujio part s »entraîner en Russie (auprès de Vladimir Poutine ?) pour devenir plus fort et faire souffler le vent de la révolte anti-zombies. Sauf qu’à son retour cinq ans après, la vie s »est organisée bon an mal an: les riches se sont retranchés dans un quartier de haute sécurité bien protégés derrière une enceinte de protection construite par les plus pauvres alors que les zombies errent alentour. Problème : les rupins s’ennuient et se mettent à organiser des combats entre ouvriers et zombies pour s’occuper un peu…

Dessiné à la façon « Heta Uma » c’est-à-dire à la manière d »un gamin dyslexique de 8 ans délinquant précoce multirécidiviste, ce bijou d »humour brut et brutal épuise jusqu »à la moelle et au moignon la veine politique des films de zombies de Romero puisqu »on y montre que la lutte des classes peut se résoudre à grands coups de tatane et de têtes démembrées. Une bien belle leçon pour la jeunesse.

Et puis… alors que l »on croyait Maruo indétrônable dans le registre du malsain pervers, Kago déboule en challenger crédible via ces Carnets de massacre, compil » d »histoires dinguos et crados mixant Grand-Guignol horrifique  et fantaisie burlesque d »une rare sophistication. Exploitant ses idées les plus folles, invraisemblables pour ne pas dire tordues avec l »abnégation d »un bonze psychopathe, Shintaro Kago nous balance au visage sa vision de l »érotique grotesque dans cette suite de contes défaits où une prostituée de l »ère Edo se voit dotée d »une langue étonnamment baladeuse, où les épidémies virales se traduisent par une contagion foudroyante de trous  tandis que l »on retrouve certaines femmes recyclées en distributeurs automatiques… A part ça, ce manga qu’on déconseillera à Elisabeth Badinter est interdit au moins de 18 ans.

 

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