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Une p?tite Lain pour l?hiver

 

Serial Experimental Lain
Dybex
Coffret intégral luxe (13 épisodes de 25 minutes)

Dix ans après sa création, Serial Experimental Lain n »a rien perdu de son pouvoir de fascination et il faut croire que l »on n »en aura jamais vraiment terminé avec cette œuvre énigmatique et hantée, qui spécule, jusqu »au vertige, sur l »abolition des barrières entre le monde réel et le monde virtuel. Bénéficiant d »une réalisation frisant l »excellence et jouant habilement des contraintes budgétaires de l »animation TV, l »histoire nous fait suivre Lain, une collégienne délaissée par ses parents et perdue dans son monde intérieur qui va progressivement s »immerger dans le « Wired », un internet puissance 10, après avoir reçu le mail d »une élève récemment suicidée… Bientôt, le trouble s »installe sur l »identité de Lain, adolescente timide dans le monde concret et Lain du Wired, dont la personnalité intrusive et omnisciente régnant comme un Dieu sur la sphère virtuelle va interférer avec la réalité matérielle et physique jusqu »à déliter le quotidien morne de la « vraie » Lain.

Maintenant l »ambiguïté sur la paranoïa et la schizophrénie de son héroïne, la mini-série renouvelle les thématiques dickiennes à l »heure des réseaux et de l »hyper-communication ménageant un suspense qui s »appuie sur une narration elliptique et une inventivité formelle de tous les instants qui, plutôt que de miser sur le clinquant comme Matrix, distille une ambiance élégiaque et ésotérique à coup de symboles et de signifiants. Des panneaux signalétiques à l »omniprésence de pylônes électriques bardés d »un enchevêtrements de câbles baignant dans une lumière mordorée, d »ordinateurs croulant sous les fils électriques jusqu »à l »omniprésence lancinante de sons des machines, d »ondes électro-magnétiques et de grésillements, tout semble matérialiser la psyché foisonnante et trouble de Lain, égérie geek ultime, qui porte la modernité de cette œuvre poétique, véritable « haïku cyberpunk ».

Bonnes fêtes à tous, on se retrouve en janvier, mata ne !

P.S: ci-dessous, Lain vu par l’immense Yoshitoshi Abe

Catégories : Ambiance

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