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Boxers K.O.

Ikki mandara
Osamu Tezuka
Kana, coll. Sensei

Au Japon, on a beau avoir contribué de manière décisive à l »industrie du manga et de l »animation, donné naissance à une cohorte de héros charismatiques, aligné les best-sellers, produit quelques monuments et ne pas être à l »abri de l »arrêt d »une série… Ainsi en est-il du Dieu du manga Tezuka et de ce Ikki mandara achevé dans la précipitation six mois après ses débuts dans le mangashi Manga Sunday en 1976. Arrivé au bout de ces 555 pages laissant en suspens nombre d »interrogations, moult intrigues et un quatuor de personnages au carrefour de leur destin, il est bien difficile de ne pas se sentir frustré comme si cette œuvre ambitieuse était condamnée à rester à jamais la promesse d »un chef-d »œuvre. Car à la manière des sublimes Ayako, Arbre au soleil, ou Histoire des 3 Adolf, Tezuka s »essaie ici à une ébouriffante plongée dans la grande Histoire, en l »occurrence celle tumultueuse de l »Asie à l »orée du sanguinaire XXè siècle. Dévoilant avec un luxe de détails et une limpidité finement pédagogique la complexité des mouvements sociaux, politiques et économiques qui embrasèrent alors la région, Tezuka construit son histoire autour de l »épisode fondateur des Boxers dont la révolte provoquera une onde de choc dans tout l »Extrême-Orient et viendra nourrir aussi bien l »utopie des intellectuels socialistes que les visées impérialistes des politiques japonais. Témoin et actrice de ses évènements, Sanniang, personnage inattendu de paysanne chinoise analphabète ayant la phobie de voir des hommes nus (!), se retrouve ballottée naïvement au cœur d »épisodes rocambolesques la conduisant à rencontrer nombre de figures historiques. Si on peut toujours reprocher à Tezuka son goût des coïncidences miraculeuses et des procédés narratifs un peu systématiques, ce ikki mandara reste pourtant un formidable divertissement, une de ces rares œuvres à même de nous faire éprouver le sens de l »Histoire.

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