Shôjô concept

Space ship EE
Aya Takano
Kana / 15 €

Une employée de bureau surdouée des bornes d »arcade, fuit la grisaille de son quotidien en s »échappant dans une fusée avant d »être sauvée par une extra-terrestre qui l »accueille à bord du Space ship EE. Sympathisant avec la terrienne, celle-ci lui confie une mission de premier plan tout en lui dévoilant les arcanes de l »étrange et gigantesque appareil.

Membre du collectif artistique Kaikai Kiki, sorte de factory warholienne montée par la star de l »art contemporain nippon, Murakami, Aya Takano nous arrive en France bardée d »une certaine aura. Issue de la ligne des « mang »artistes », ces créateurs, puisant leur art dans l »imagerie populaire, l »illustration publicitaire, le graphisme, le kitsch, la japanim » et bien évidemment le manga, elle compte parmi ceux qui ont de l »Art avec « un grand A » cette approche ludique et décomplexée qui le rend immédiatement accessible et accrocheur. Qu »on ne s »attende pourtant pas à lire un récit classique en ouvrant les pages de Space ship EE. Construit selon une structure narrative évolutive largement improvisée et mis en image d »une ligne hésitante pas loin par moments du gribouillage, ce manga suit des babydoll indolentes et fantomatiques flottant dans des décors monochromes et déformés un peu comme si tout était vu par le prisme d »un verre embué. Bizarrement ce graphisme torve et dépouillé entre l »amateurisme et le « arty » n »est pas déplaisant et pour qui se donne la peine, on se laisse vite embarquer par ce space opera intimiste virant à la romance cosmique qui nous parle de choses éminemment sérieuses avec humilité, mais non futilité… car dans ce shôjô délicieusement expérimental, on retiendra que « les choses futiles peuvent être fatales aux amoureux ».

Catégories : Mang'actu

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