Olivier Père

Jess Franco (1930-2013)

Le cinéaste espagnol Jess Franco est mort mardi 2 avril. Il a rejoint son épouse et égérie Lina Romay disparue il y a à peine plus d’un an.

Avec près de deux cents films au compteur, réalisés entre 1959 et 2012 (les derniers produits par ses fans pour le marché vidéo) Jess Franco restera l’un des cinéastes les plus prolifiques de l’histoire du cinéma. L’un des plus fous aussi. Car ce record concerne une filmographie délirante placée sous le signe de l’érotisme, du fantastique, du jazz, de la littérature populaire, voire de tout et de n’importe quoi.

L'Horrible Docteur Orlof, premier titre de gloire de Jess Franco avec son acteur fétiche Howard Vernon

L’Horrible Docteur Orlof, premier titre de gloire de Jess Franco avec son acteur fétiche Howard Vernon

Dans les griffes du maniaque avec Estella Blain, scénario de Jean-Claude Carrière

Dans les griffes du maniaque avec Estella Blain, scénario de Jean-Claude Carrière

Klaus Kinski et Jess Franco relativement sobres dans le très réussi Jack L'éventreur en 1976

Klaus Kinski et Jess Franco relativement sobres dans le très réussi Jack L’éventreur en 1976

Jesùs Franco Manera (c’est son vrai patronyme, mais il adoptera au cours de sa carrière une dizaine de pseudonymes plus ou moins farfelus selon les périodes de sa vie, souvent empruntés à des noms de jazzmen admirés comme Clifford Brown) naît à Madrid en 1930. Cinéphile boulimique, musicien de jazz, assistant réalisateur, acteur récurrent dans ses propres films, il connaît le succès en mettant en scène L’Horrible Docteur Orlof (Gritos en la noche, 1962), réponse espagnole au cinéma gothique qui triomphait dans les salles de quartier, mixture des films anglais de la Hammer et surtout des Yeux sans visage de Georges Franju. Après ce titre majeur de l’épouvante européenne, Franco sent le soufre. Des films comme Dans les griffes du maniaque, Necronomicon, Venus in Furs ou Vampyros Lesbos lui attirent les foudres du Vatican qui met son œuvre à l’index, en compagnie de Luis Buñuel ! Franco va enchaîner sans plus jamais s’arrêter une série de films à argument fantastique, érotique ou policier, tel un feuilletoniste du cinéma populaire, avec des budgets de plus en plus étriqués et une imagination de plus en plus débridée. Dans les années 60 et 70, Franco sillonne l’Europe et tourne un peu partout (on lui doit de superbes films fantastiques made in Liechtenstein). Il travaille pour les plus notoires producteurs du cinéma d’exploitation (il a tourné des films de prisons de femmes pour le producteur suisse Erwin C. Dietrich ou des histoires de cannibales dans la forêt de Vincennes pour la firme Eurociné), avec des acteurs mercenaires (Christopher Lee, Klaus Kinski, Eddie Constantine…). Il a quand même eu le temps de dévoiler un soleil noir, la sublime Soledad Miranda, héroïne notamment de Vampyros Lesbos et d’Eugénie de Sade, morte dans un accident de voiture à l’âge de 27 ans.

Soledad Miranda dans Vampyros Lesbos

Soledad Miranda dans Vampyros Lesbos

Tout cela sentirait bon le kitsch débile et la ringardise à vil prix si Jess Franco, sous ses allures de fumiste halluciné, n’était pas un authentique cinéaste, capable de créer un poème onirique avec presque rien, de tourner trois films en même temps à l’insu de ses financiers, de citer le mélodrame hollywoodien, Godard ou Fritz Lang dans un polar S. M. de troisième zone. Malgré une frénésie filmique qui pourrait passer pour de la désinvolture ou de la démence, Jess Franco est l’anti tâcheron par excellence, même s’il a œuvré dans les bas-fonds de la série Z. Franco est un cinéaste monde, un illusionniste baroque qui bricole des films miroirs souvent dans les pires conditions, finalement plus proche de l’expérimentation que du cinéma de genre, puisque sa filmographie, après les petites séries B flamboyantes de ses débuts, prend un tour ésotérique et underground totalement déroutant. Il faut parfois s’accrocher à son strapontin. Son style hypnotique en fait le sujet des moqueries et de polémiques entre rats de cinémathèques mais aussi l’objet d’un culte d’une chapelle de cinéphiles exigeants : il est vrai que des films comme Shining Sex/La Fille au sexe brillant, film de science-fiction érotique quasi durassien n’ont rien à envier aux expériences les plus extrêmes de l’anti cinéma. Difficile d’éviter les superlatifs au sujet d’un tel cinéaste.

Jess Franco à l'oeuvre dans son propre film, Exorcisme et messes noires, une version plus déculotée du Sadique de Notre-Dame si je ne m'abuse

Jess Franco à l’oeuvre dans son propre film, Exorcisme et messes noires, une version plus déculottée du Sadique de Notre-Dame si je ne m’abuse

Franco rejoint avec ses histoires à dormir debout le versant le plus radical de la modernité cinématographique, en inventant un cinéma plus mental que charnel (malgré les apparences), où le récit, sujet de distorsions incroyables, reste la préoccupation principale du cinéaste. Franco est un Raul Ruiz du Midi-Minuit, un alchimiste et un conteur qui a souvent filmé les mêmes histoires, fait des nouvelles versions de ses propres films (on ne compte plus les remakes de Dracula ou des adaptations du Marquis de Sade), utilisé les mêmes acteurs (Howard Vernon, le complice ; Lina Romay, la muse et la compagne) et les mêmes personnages extravagants, du patrimoine ou de son invention (Frankenstein, Maciste, Fu Manchu, Orlof, son assistant aveugle Morpho, le détective Hal Pereira) qui réapparaissent à l’improviste dans des films aussi pataphysiques que leurs titres (Les Expériences érotiques de Frankenstein, Les Ébranlées, Deux espionnes avec un petit slip à fleur) ou leurs retitrages : pour des raisons publicitaires ou commerciales La Comtesse noire devient Les AvaleusesLes Exploits érotiques de Maciste dans L’Atlantide devient Les Gloutonnes, truffés d’inserts pornos tournés par le producteur ou Franco lui-même, quand il n’a pas le choix. Dans les années 60 et 70 ses films existent sous différentes versions, changeant de montage, de durée et de titre suivant les pays, les commissions de censure ou même les copies d’exploitation, véritable casse tête pour les thuriféraires de l’œuvre.

Franco et Lina Romay s'amusent dans la comédie grivoise Célestine bonne à tout faire (avec Bigottini)

Franco et Lina Romay s’amusent dans la comédie grivoise Célestine bonne à tout faire (avec Bigottini)

Franco était aussi connu pour tourner trois films avec le budget d’un seul, avec la même équipe et parfois à l’insu de son producteur ! Entre la crise de fou rire et l’effet de sidération que procurent ces films inimaginables, force est de constater que Jess Franco est le grand cinéaste du ressassement, qu’il a construit une sorte de Comédie Humaine du fantastique, avec des personnages récurrents, des correspondances secrètes entre les titres, des fins parallèles, des échos et des répétitions.

On pourrait même aller jusqu’à dire que sa filmographie ne forme qu’un seul et très long film. Le cinéma de Jess Franco agit comme une drogue dure. Le cinéphile avide de chocs esthétiques est invité à explorer cet univers foisonnant, à la découverte du plan de Pandore qui lui donnera – peut-être – la clé d’une œuvre énigmatique, immense et unique. Cette redécouverte et cette réévaluation furent possibles grâce aux efforts des éditeurs DVD et à la persévérance de certains cinéphiles, dont nous faisions partie, à la Cinémathèque française et ailleurs. Longtemps occultée ou ouvertement méprisée, invisible et sujette à de nombreuses mystifications, la filmographie de Franco est enfin accessible, mieux identifiée (avec encore certaines béances malgré tout) et il est désormais possible d’affirmer qu’on peut y trouver l’or dans l’ordure, parfois à l’intérieur du même film.

Hasard du calendrier, la Cinémathèque française propose ce soir à 20h, dans le cadre des soirées cinéma bis et du cycle « hallucinations » deux films de Jess Franco : Les Inassouvies et Les Croqueuses, version caviardée d’inserts hard de La Comtesse perverse que nous avions récemment chroniqué à l’occasion de sa sortie en DVD.

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2013/01/02/la-comtesse-perverse-et-plaisir-a-3-de-jess-franco/

Les Inassouvies (Die Jungfrau und die Peitsche/De Sade 70, 1969) est l’un des derniers films de la période « faste » de Franco et témoigne de son admiration pour Sade, un auteur qu’il a très souvent adapté, plus ou moins librement. C’est aussi l’un de ses films les plus raffinés, symptomatique du goût du cinéaste pour les récits gigognes et les mises en abyme. Ici Franco s’inspire de « La Philosophie dans le boudoir ». Une jeune aristocrate, absorbée par la lecture du roman de Sade, est prise dans une rêverie érotique où elle est faite prisonnière dans une île par des libertins. Les Inassouvies baigne dans une atmosphère onirique et ravira autant les érotomanes que les amateurs de musique « lounge » et les spécialistes du Nouveau Roman.

Les Inassouvies : Sade vu et relu par Franco

Les Inassouvies : Sade vu et relu par Franco

Gageons que cette soirée sera chargée d’émotion car Jess Franco était venu plusieurs fois à la Cinémathèque française ces dernières années, toujours accompagné de Lina Romay à l’occasion d’hommages et notamment lors de la plus grande rétrospective jamais organisée de ses films avec 69 titres ! Parions aussi que le directeur de la programmation Jean-François Rauger, grand prêtre depuis plus de vingt ans de la réhabilitation critique de Franco en France va continuer à dispenser la bonne parole et à dépoussiérer les nombreux trésors que cache encore la filmographie de Jess Franco.

Nous avions beaucoup de sympathie pour l’homme et de curiosité pour l’œuvre, imposante et parfois décourageante mais qui possède plus de qualités qu’on a bien voulu le prétendre. Nous tacherons de revenir sur nos films de Franco préférés dès que l’occasion se présentera, et de republier l’entretien qu’il nous avait accordé en 1998.

 

 

 

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51 commentaires

  1. youcef dit :

    en parlant de disparition il faut souligner la mort de Roger Ebert critique de cinema.je connaissais un peu moins que Pauline Kael. mais j’avais lu qu’il avait soutenu Scorcese a ses débuts et beaucoup d’autres.son site est excellent.il y a des centaines de critiques de chef d’oeuvres.

    • olivierpere dit :

      Une figure importante de la critique et de la cinéphilie américaines en effet. On sait moins que les seules incursions de Roger Ebert dans l’écriture de films furent pour Russ Meyer, « l’Eisenstein du sex film » selon John Waters. Ebert écrivit en effet en 1970 « Beyond the Valley of the Dolls », le seul film de Russ Meyer produit par un grand studio la Twentieth Century Fox, mais il participa aussi aux scénarios de « Megavixens » et « Ultra Vixens » sous des pseudonymes!

  2. jack2454 dit :

    Jess Franco a su passer avec souplesse du chef-d’oeuvre au nanar le plus exaspérant. Cet iconoclaste de génie nous lègue une filmographie aussi impressionnante que déconcertante et a été le pygmalion de certaines beautés féminines. Nous serons éternellement reconnaissants à « l’oncle Jessie » d’avoir su mettre en valeur la beauté féminine.
    J’ai un faible pour DANS LES GRIFFES DU MANIAQUE (MISS MUERTE), une coproduction franco espagnole en noir et blanc de 1966. Le titre original français aurait du être certainement LE DIABOLIQUE DOCTEUR Z comme l’attestent les copies ayant servi aux éditions DVD. Il est vrai que le titre DANS LES GRIFFES DU MANIAQUE était plus évocateur et accrocheur pour la programmation du film en 1967 au Midi-Minuit, temple parisien de l’érotisme et de l’épouvante. Mais j’aime mieux le titre espagnol MISS MUERTE qui traduit en deux mots l’esprit du film. Miss Muerte c’est la sublime et regrettée Estella Blain qui exhibe sa plastique dans un étrange numéro de cabaret qui donne son nom à ce chef-d’oeuvre. Miss Muerte c’est Estella Blain dans une fantastique tenue rappelant celle de Vampirella.
    Le film a eu diverses éditions en DVD. Une minimaliste chez Gaumont proposée en 1.66 non anamorphique et privée de tous bonus. Nous lui préfèrerons l’édition américaine all zones de chez Mondo Macabro en 16.9 avec piste française et d’intéressants bonus. Il existe une édition allemande que je ne connais pas.
    Un authentique chef-d’oeuvre à découvrir ou à redécouvrir …
    Jess Franco mériterait un hommage thématique à la télé …

    • olivierpere dit :

      « Miss Muerte » est en effet l’un des « classiques » de ce cinéaste passionnant. Le numéro de cabaret érotique et fétichiste que vous évoquez est le premier d’une longue série dans l’oeuvre de Jess Franco qui l’a décliné dans de nombreux longs métrages avec différentes actrices et des musiques jazzy, pop ou psychédéliques selon les périodes…

  3. jack2454 dit :

    Pour revenir à MISS MUERTE, cette surprenante bande s’affirme comme la digne progéniture de L’HORRIBLE DR ORLOF avec LES MAITRESSES DU DR JEKYLL . Le numéro (fétichiste à souhait) de cabaret effectué par Miss Muerte restera un morceau d’anthologie dans le cinéma de genre et dans l’oeuvre de Franco, la réplique donnée par Estella Blain à « l’automate » étant unique en son genre … Extraordinaire est aussi la tenue de Miss Muerte, véritable Vampirella !!! Nous n’oublierons pas son incroyable cache-sexe … Miss Muerte (évidemment interdit aux moins de 18 ans) est sortie au Midi-Minuit où a d’ailleurs séjourné un grand nombre de fims de Franco. Il est intéressant de rappeler que la quasi totalité des chefs d’oeuvre du fantastique (reconnus aujourd’hui) est passée par le temple du boulevard poissonnière. Ce n’est pas pour rien que LE CHAUCHEMAR DE DRACULA, chef d’oeuvre incontestée des chefs d’oeuvre, avait vu le jour à Paris dans cette salle mythique, de même que le sublime LE MASQUE DU DEMON. Il n’est pas exagéré de dire que le Midi-Minuit était le passage obligatoire de ces « mauvais élèves », la classe prépa par défaut vers le succès (futur). N’oublions pas qu’à l’époque ces films avaient bien mauvaise réputation et très mauvaise presse. Le Midi-Minuit était un endroit louche qui attirait (dans l’esprit des bien pensants) des vicieux et des détraqués … J’ai pour souvenir, dans mes yeux d’enfant, les fantastiques panneaux peints de cette salle qui osait afficher des oeuvres comme DES FILLES POUR UN VAMPIRE, LE MONSTRE AU MASQUE, LE MONSTRE AUX FILLES, … Le Midi-Minuit était bien plus qu’une simple salle de quartier, c’était un état d’esprit … D’ailleurs, certains films étaient pensés pour le Midi-Minuit qui exigeait son lot d’érotisme. J’en veux, pour exemple, la fameuse scène des filles enchaînées de LE SANG DU VAMPIRE tournée spécialement pour Le Midi-Minuit en France !!!
    3 éditions DVD, à ma connaissance, pour MISS MUERTE :
    – la française (intitulée LE DIABOLIQUE DR Z) de chez GAUMONT A LA DEMANDE, minimaliste à souhait avec l’inexistence du moindre bonus et proposant le film en 1.66 4/3.
    – l’américaine de chez (l’excellent) MONDO MACABRO, DIABOLICAL DR Z, toutes zones, anamorphique 16/9, avec une foule de bonus. Il y a une piste française.
    – l’allemande de chez TONFILM, DAS GEHEIMNIS DES DR Z. Je n’ai pas visionné cette édition qui, en plus, présente une version écourtée du film.
    L’édition américaine me semble ici un excellent compromis.

    • olivierpere dit :

      Je suis hélas trop jeune pour avoir connu fréquenté le mythique « Midi-Minuit » mais j’ai assisté à l’agonie des dernières salles de quartiers parisiennes, à Strasbourg Saint-Denis et Pigalle, et vu beaucoup de films – des bons et des moins bons, et quelques merveilles – au Brady, dernier cinéma parisienne spécialisé dans le cinéma bis et fantastique, avant d’être racheté par Jean-Pierre Mocky qui y a présenté tous ses films…

  4. jack2454 dit :

    Pour parler du Midi-Minuit, je ne l’ai connu réellement (en le fréquentant) qu’à la fin des années 60, les programmes étant systématiquement interdits aux moins de 13, 16 ou 18 ans. Je me souviens y avoir vu LA MAIN DE L’EPOUVANTE (un très bon Wallace), LE SADIQUE AUX DENTS ROUGES (un grand nanar), DANS LES GRIFFES DE LA MOMIE (après mai 68), SEX MONSTER (une sympathique bande mexicaine) dans sa version corsée caviardée d’inserts très érotiques. Il fallait descendre un escalier qui n’en finissait pas pour accéder à une salle parisienne typique de l’époque. Le Midi-Minuit a été le 1er temple parisien du cinéma bis en se consacrant au fantastique et à l’érotisme. A vrai dire, il s’est très tôt aventuré dans le « mauvais genre » avant de s’y spécialiser au début des sixties. A la fin des années 50, il passait du polar, des films coquins (on eut droit à la ressortie du LUCRECE BORGIA d’Abel Gance interdite aux moins de 16 ans), du fantastique, de l’aventure, …Et pourquoi le nom de Midi-Minuit ? La raison en est que la salle était permanente de 12 heures à 24 heures. Elle ouvrait ses travaux à Midi et les fermaient à minuit … Ce cinéma donna son nom à la fameuse revue MIDI-MINUIT FANTASTIQUE qui me fit tant rêver devant ces films que la censure m’interdisait de voir. Le numéro 8 était tout un programme : EROTISME ET EPOUVANTE DANS LE CINEMA ANGLAIS. Une insolence qui valut à ce numéro l’interdiction à l’affichage, à toute publicité et à la vente aux mineurs. Le numéro 8 fut déclaré épuisé quelques mois après sa sortie et devint mythique.

    J’ai par contre très bien connu LE COLORADO (près de la place blanche) aux allures de baraque foraine (la caissière ressemblait à la baronne Meinster de LES MAITRESSES DE DRACULA), LE MEXICO (à deux pas du cimetière de Montmartre et de la place Clichy), LE BRADY (métro Château d’eau) et LE STYX situé rue de la Huchette (il y avait un squelette et des chauve-souris qui pendaient dans la salle et le siège de l’ouvreuse était placé dans un cercueil. LE COLORADO et LE BRADY étaient des endroits peu rassurants. Il y avait eu des histoires de moeurs … Il ne fallait pas fréquenter les toilettes du COLORADO et éviter certaines heures (le soir). Adolescent prudent, je m’y rendais le mercredi à 14 heures. Je me souviens du premier film que j’y ai vu : LE MANOIR DE LA TERREUR. LE MEXICO, bizarrement, semblait plus tranquille. LE STYX, quartier latin oblige, était le rendez-vous des intellectuels et des étudiants. On y donnait généralement de la vo

    LE STYX ignorait les interdictions aux moins de 16 ans qu’il remplaçait par le moins de 18 ans. Je n’ai jamais compris pourquoi !!!

    • olivierpere dit :

      Je possède quelques numéros de l’excellente revue « Midi-Minuit Fantastique », dont le premier. J’ai plusieurs souvenirs assez crapoteux du Brady dont les toilettes étaient en effet inquiétantes et la clientèle suspecte (et inversement). A tous les amoureux des salles parisiennes historiques je signale la réouverture prochaine du mythique Louxor, cinéma égyptien entièrement rénové, à Barbès.

  5. jack2454 dit :

    LE LOUXOR, une rescapée du massacre des salles de quartier. Je l’ai bien connu aussi. J’habitais, à l’époque, en haut de la rue de Rochechouart, à deux pas de la place du Delta, et j’étais entouré par LE TRIANON, LE PALAIS ROCHECHOUART (qui fut l’un des premiers à disparaître), LE DELTA, LA GAITE ROCHECHOUART. Pour parler du LOUXOR, j’y ai vu LE FANTOME DE SOHO (un des meilleurs krimi allemands de la série (Bryan) Edgar Wallace, JOHNNY YUMA avec l’ineffable Mark Damon, … La clientèle était évidemment cosmopolite et identique à celle du BARBES PALACE …, en fait c’était la même !!! Au BARBES PALACE, je vis, dans d’incroyables conditions VIOLENCE A JERICHO et LES COLTS DE LA VIOLENCE (un western italien quasi surréaliste avec les excellents Anthony Steffen et Gianni Garko). Au final de VIOLENCE A JERICHO, je me souviens des « salauds » et des « tue-le » qui fusaient des 4 coins de la salle et des applaudissements quand le méchant avait été tué …

    • olivierpere dit :

      J’ai aussi assisté à quelques-unes des dernières projections au Trianon avant que ce grand cinéma avec balcon ne devienne une salle de spectacle. Je me souviens d’un double-programme avec un film d’arts martiaux de Chang Cheh et « Les Trottoirs de Bangkok » de Jean Rollin…

  6. jack2454 dit :

    Concernant les films de FRANCO, vous signalez très justement les différentes versions suivant les pays et les censures. Si ce fait n’est pas l’apanage de la production de Jesus Franco, le cinéaste a néanmoins accumulé ces particularités et je suis d’accord sur le véritable casse-tête des différentes versions. De plus, il y avait les versions « bidouillées » par Franco lui-même (les softs et les X) et celles arrangées par les

    distributeurs …
    Pour infos, l’éditeur allemand TONFILM va sortir imminament une nouvelle édition DVD de L’HORRIBLE DOCTEUR ORLOF qui présenterait 2 versions : la version internationale (que nous connaissons) et une version plus longue … A vérifier donc !!! Seul ennui, d’après les sources du net, ce DVD serait en anglais (avec st allemands) alors que la version « originale » du film est une version française. On sait, à proprement parler, que les films de Franco n’ont pas de vo mais les versions anglaises ne sont pas les meilleures … Concernant ORLOF, il y avait déjà, dans les années 60 à Paris, différentes copies plus ou moins complètes qui circulaient !!!
    Des rumeurs disent que L’HORRIBLE DR ORLOF ainsi que d’autres, comme le très curieux LES CAUCHEMARS NAISSENT LA NUIT, devraient sortir en blu ray aux Etats-Unis ces prochains mois. Là, se pose le problème de l’éventuelle ridicule régionalisation …
    Concernant les versions alternatives, un exemple intéressant : LE GRAND INQUISITEUR (1968) de Michael Reeves avec le sublime Vincent Price. En Angleterre, deux scènes différentes furent tournées avec des actrices différentes : l’une habillée et l’autre déshabillée. La séquence habillée était à destination de la France !!!

    • olivierpere dit :

      J’ignorais ce détail concernant l’excellent « Grand Inquisiteur ». Il est vrai que les versions anglaises des films de Franco sont souvent mauvaises. Heureusement des éditeurs comme Mondo Macabro font un très bon travail en proposant aussi les versions originales françaises d’époque et non censurées pour des films de Franco de la période Robert de Nesle : ce fut le cas du très intéressant « Journal intime d’une nymphomane » (un vrai mélodrame) et aussi je crois pour « Lorna l’exorciste (les possédées du diable) » mais je n’ai pas revu le film. J’ai vu le très rare « Les cauchemars naissent la nuit » à la Cinémathèque française c’est l’un des films les plus oniriques de Franco, un vrai poème jazz et surréaliste.

  7. jack2454 dit :

    LE TRIANON, une salle sensationnelle … Il y avait des flippers au 1er étage et on pouvait y boire un café pendant le film ou pendant l’entracte !!! Etonnant … Tout gosse, j’y ai vu THESEE ET LE MINOTAURE et mon premier fantastique : LES MAITRESSES DE DRACULA. J’avais 6 ou 7 ans et le film étrangement n’était pas interdit. C’est par ce film que j’ai découvert le cinéma fantastique. A l’époque, je ne connaissais pas le fameux vampire de Brahm Stoker et j’avais traduit par Caligula, aimant bien les peplums et autres aventures historiques. Oui, LE TRIANON a été un lieu hautement initiatique pour moi !!! A signaler qu’il était le cinéma le moins cher de Paris et qu’il ouvrait à 10 heures du mation, je crois … Bref, pour une somme symbolique, on pouvait y passer la journée. C’était une vraie et belle salle de quartier offrant des programmes très variés.

  8. jack2454 dit :

    Je suis entièrement d’accord avec vous concernant le remarquable travail effectué par l’éditeur américain MONDO MACABRO qui nous a permis de découvrir (pour ma part) ou de redécouvrir (???) les très intéressants SINNER – THE SECRET DIARY OF A NYMPHOMANIAC (Le journal secret d’une nymphomane) et LORNA THE EXORCIST (les possédées du diable) dans de superbes copies (1.66 et transferts 16.9) avec la piste française d’origine en versions intégrales non caviardées d’inserts pornographiques. Les éditions de ces deux films de MONDO MACABRO sont incontournables puisqu’elles sont les versions officielles de Franco. Je les ai achetées dès leurs sorties … Vous m’avez donné envie de les revoir !!! Nous en reparlerons donc …

    J’ai également un faible pour LES CAUCHEMARS NAISSENT LA NUIT … Le titre m’a toujours fasciné. Le film n’est pas recensé dans l’index de la cinématographie française ce qui laisserait supposer qu’il soit resté inédit en France. Mais cet index n’est pas parole d’évangile …et il est possible que ce film ait été programmé de manière furtive dans le circuit érotique. Les exemple ne manquent pas de films sortis de manière confidentielle ou discrète (exemple, THE BLOB sorti en 1961 sous le titre LE FLUIDE MORTEL). Pour vous citer, c »est un vrai poème surréaliste …et une oeuvre méconnue de Franco. Il existe plusieurs éditions DVD de ce film.
    – l’une américaine chez Media Blasters avec une piste française. Zone 1.
    – l’autre allemande chez TOP X avec une piste française. Zone 2
    Il y a aussi une édition anglaise qui n’est pas à retenir puisqu’elle ne propose pas la piste originale française.
    Toutes ces éditions offrent le film au format 1.33 et 4/3. J’ai un doute que le film ne soit pas recadré (était-il en 1.66 ?). Il est difficile de le savoir, Franco n’ayant jamais été un grand expert du cadrage … Vous qui l’avez-vu à la Cinémathèque, pouvez-vous apporter une précision au format ?
    La qualité d’image est la même pour l’édition US et allemande, satisfaisante. Il est à noter que l’éditeur allemand propose une hartbox reprenant l’affiche originale belge. J’aime bien ce visuel montrant la fille nue entourée par les chauve-souris. C’est très midi-minuiste et cela rappelle le Brady et le Colorado … Le film pourrait sortir en blu ray aux Etats-Unis dans les prochains mois mais rien d’officiel et … se pose l’éventuel problème stupide de la régionalisation.

    • olivierpere dit :

      j’ai été épaté par « Le Journal secret d’une nymphomane » quand je l’ai découvert grâce au beau DVD de Mondo Macabro qui respecte la version et le montage de Franco : vraiment un très bon film de cette période du cinéaste, lyrique et mélodramatique à souhait. Vous m’avez donné envie de me procurer « Les Possédées du diable » que j’avais vu il y a longtemps en VHS. « Les cauchemars naissent la nuit » était soit en 1.33 soit en 1.66 je ne me souviens plus, mais pas en widescreen en tous cas. Je pense que le film est demeuré inédit à Paris mais qu’il était peut-être sorti dans certains régions de province (curieux cas de production luxembourgeoise, bien avant la délocalisation des tournages et postproductions français dans ce pays!)

  9. jack2454 dit :

    Vous citez Jean Rollin … Amusant !!! Dans les années 70, je méprisais totalement les films de Rollin les trouvant ridicules et dénués de sens. Je n’ai d’ailleurs pas été le seul. Son premier film LE VIOL DU VAMPIRE aurait provoqué des émeutes, les spectateurs étant mécontents, au SCARLETT et au STYX. Est-ce du domaine de la légende ? Rollin, dans une interview atteste ce fait en parlant du STYX … mais c’était en mai 68 !!! Les émeutes étaient-elles réellement provoquées par le film ? Le mystère demeure et peut-être Rollin a-t-il entretenu le mythe …

    Avec le temps, je suis revenu sur mon jugement. Même si je ne me visionne pas un Rollin tous les mois, j’ai redécouvert par le DVD ses oeuvres et j’ai même acheté en blu ray LE VIOL DU VAMPIRE en édition américaine REGION ALL … la qualité est superbe. Mais il est à signaler que les éditions hollandaises des films de Rollin sont incontournables tant elles recèlent de documents d’archives extrêmement intéressants (ce qui n’est pas le cas pour les blu ray qui sont très minimalistes pour les bonus). En fait, je pense que l’oeuvre de Rollin était décalée par rapport à l’époque très marquée par la Hammer Films et les productions italiennes. Bon, Rollin n’a pas fait LE MASQUE DU DEMON ou LE CAUCHEMAR DE DRACULA mais il s’affirme comme un pionnier du fantastique et du film de genre dans le cinéma français. De fait, il laissera son empreinte dans l’histoire du 7ème art. LE VIOL DU VAMPIRE est un fait la réunion de 2 courts / moyens métrages (LES FEMMES VAMPIRES et LA REINE DES VAMPIRES / LE VIOL DU VAMPIRE) réunis pour combler un trou en mai 68 au Midi-Minuit … D’où les incohérences du film qui tombe rapidement dans l’incompréhensible !!! Je trouve le début de LA VAMPIRE NUE très poétique et il y même ici un côté un peu Franju et j’aime beaucoup LA NUIT DES TRAQUEES et LES DEMONIAQUES … La grande pauvreté de Rollin, c’est surtout les dialogues et la faiblesse du jeu des acteurs.

    • olivierpere dit :

      Je ne suis pas un inconditionnel des films de Rollin que je trouve très maladroits et sans valeur cinématographique (vous citez avec raison la nullité de ses acteurs, qui sont surtout mal ou pas du tout dirigés par Rollin et sont obligés de débiter des dialogues idiots), abusant de la licence poétique pour faire passer un univers très naïf et peu intéressant. Ceci dit il a fait quelques films qui sont moins mauvais que les autres, et on peut sauver quelques plans d’inspiration surréaliste, du « sous Franju ». Mais l’homme était sympathique dans son obstination à faire des films fantastiques en France et à résister face à l’hostilité et les sarcasmes que déclenchaient ses films, continuant à travailler tant bien que mal dans l’isolement et la marginalité les plus complets. Je l’ai interviewé et il racontait en effet que des spectateurs avaient cassé des fauteuils devant son premier film « Le Viol du vampire », dont l’exploitation en mai 68 avait également souffert des manifestations.

  10. jack2454 dit :

    Donc, l’émeute du VIOL DU VAMPIRE aurait peut-être été plutôt causée par les évènements de mai 68 que par le mécontentement des spectateurs … Je ne peux que partager votre opinion sur la qualité de l’oeuvre de Rollin mais, comme vous le dites, l’homme était sympathique et a eu le mérite d’être un pionnier et de demeurer solide et stoïque face aux violentes critiques que ses films ont suscitées. Même si le meilleur Rollin n’a jamais atteint le niveau d’un bon Franco, on peut néanmoins faire un parallèle entre les deux cinéastes. Franco comme Rollin ont oeuvré dans le fantastique et l’érotisme et se sont imposés …
    LES CAUCHEMARS NAISSENT LA NUIT sortit en province ? Pourquoi pas … D’ailleurs, un autre film de Franco, LE TRONE DE FEU, n’était sorti à l’origine qu’en province dans une version écourtée. Il y avait d’ailleurs un cinéma spécialisé dans le fantastique (et l’érotisme) à Marseille (je crois), LE NOAILLES surnommé le Midi-Minuit de la côte d’azur. Certains films n’ont séjourné que là-bas … Je me souviens d’un pavé de presse de ce cinéma pour LE SADIQUE BARON VON KLAUS. Un fait intéressant : 2 versions de ce film ont circulé à Paris (et peut etre en province) :
    – l’une censurée de la scène de flagellation, LE SADIQUE BARON VON KLAUS, sortie à La Cigale le 11 septembre 1963 et autorisée tous publics (!!!). Bien qu’enfant, j’ai donc pu le voir … Il a été mon 3ème film « fantastique ». Le film est néanmoins répertorié sur l’index 64 sous le titre LE SADIQUE et officiellement LE SADIQUE BARON VON KLAUX n’existe pas … ce qui est très drôle du fait que les copies mentionnent le second titre.
    – l’autre intégrale, LE SADIQUE (le baron Von Klaus avait disparu), programmée au Midi-Minuit et interdit aux moins de 18 ans, trois ou quatre ans après d’après mes souvenirs. Au Midi-Minuit, ils avaient d’ailleurs mis des photos bustas (provocatrices) italiennes en couleurs question de valoriser le film …
    Le pavé de presse du NOAILLES précisait pour titre LE SADIQUE (et mettait entre parenthèses le BARON VON KLAUS) avec une interdiction aux moins de 16 ans !!!
    Point surprenant, si l’on considère que ce film sortit en France en 1963 ne pouvait administrativement qu’être interdit aux moins de 13 ou de 18 ans (l’interdiction aux moins de 16 ans ayant pris fin en 1959)… Quelle version circulait au Noailles ? L’interdiction du pavé de presse était-elle une erreur ? S’agissait-il d’un interdit local lié au pouvoir de police du maire ?
    A noter que le DVD français est censuré et que le DVD américain est lui complet … Il y a un autre mystère concernant le film. Le DVD américain présente une bande annonce qui s’ouvre sur une scène absente
    du film (une femme qui hurle) … Un mystère de plus dans l’oeuvre de Franco.

  11. jack2454 dit :

    Pour revenir à Rollin, vous êtes cruel quand vous dites que ses films sont sans valeur cinématographique mais … vous avez raison car ses oeuvres sont souvent ennuyeuses et horripilantes. J’avoue avoir mis longtemps pour trouver un petit intérêt au VIOL DU VAMPIRE mais, avec le temps, je me dis que Rollin a quand même apporté sa pierre à l’édifice cinématographique. J’ai revu le film en blu ray et je lui ai trouvé une certaine poésie. Il faut voir cela au nième degré. Mais il est vrai que c’est maladroit et que les acteurs sont toujours très mauvais. Cela frise parfois le comique. A noter que le blu ray offre le film avec la scène « gore » dénudée (la copie exploitée en France présentait une scène alternative habillée, cette scène alternative figure ici dans les bonus). Même si j’aime LA NUIT DES TRAQUEES que je trouve assez original, je reste consterné par la platitude des dialogues et par la pauvreté de l’interprétation. La grande différence entre Rollin et Franco (que l’on peut considérer tous deux comme des anarchistes cinématographiques et là sera leur seul point commun), sans parler de talent, est que le premier s’est toujours cantonné finalement à la même histoire tandis que le second a su innover, a su faire preuve d’ingéniosité et de métamorphoses, passant d’un genre à un autre genre (ses Fu-Manchu sont d’ailleurs excellents) …

    • olivierpere dit :

      la filmographie et la conception du cinéma de Franco (sans parler de son talent de cinéaste) sont évidemment plus riche que celles de Rollin, dont l’univers est en effet limité et rachitique… Ce n’est pas seulement une question de moyens techniques et financiers, mais d’imaginaire. Rollin a surtout eu des idées littéraires, mal retranscrites au cinéma.

  12. jack2454 dit :

    Je reviens sur l’excellentissime LE GRAND INQUISITEUR (THE WITCHFINDER GENERAL) tourné en 1968 par Michael Reeves tant il constitue l’exemple type de film à versions alternatives.
    A la base, il fut tourné 2 versions officielles de ce film : la version dite d’origine et la version export. La différence entre les deux était que la version export présentait certaines scènes déshabillées alors que l’autre les présentaient habillées (il s’agit des scènes de beuveries orgiaques dans l’auberge).
    Contrairement à ce que j’ai dit, la version déshabillée ne fut pas exploitée en France mais aux Etats-Unis.
    Suivant les pays, le film subit de nombreuses coupes par la censure …
    Le film sortit en France sous le titre LE GRAND INQUISITEUR complètement mutilé par les censeurs et réduit de presque 10 minutes. Le pré-générique montrant la pendaison de la « sorcière » avait totalement disparu ainsi que beaucoup de plans de scènes de torture (l’interrogatoire du pasteur, la noyade de la sorcière, scène du bûcher réduite à l’essentiel, torture de Sarah, mort de Hopkins, …). Il était quand même interdit aux moins de 18 ans.
    Le film fut distribué aux Etats-Unis par l’AIP sous le titre THE CONQUEROR WORM question de le rattacher à Edgar Poe. C’était à l’époque la grande vogue des films de Corman (La chute de la maison Usher, etc …) et il fallait exploiter le filon. Pour cela, Vincent Price déclamait majestueusement le poème de Poe « Le Ver Conquérant » au début et à la fin du film. Cette version était déshabillée.
    Il y a eu plusieurs éditions vidéos de ce film.
    – Le DVD français sortit chez NEO présente la version intégrale et habillée. Il y a une version française et une vo st français.
    – Le DVD américain de chez Midnite Movies présente la version anglaise d’origine intégrale habillée. Région 1 avec st français.
    – Le DVD anglais de chez Metrodome (le 1er à avoir été commercialisé) propose les deux versions. Il n’y a pas de sous-titres. Un point négatif : les scènes censurées (de violence) par le BBFC ont été réinjectées et ces scènes ne sont pas de très bonne qualité (qualité VHS). Le DVD australien semble être le même.
    – Le blu ray anglais de chez Odeon Entertainment. Version intégrale d’origine. Les scènes dénudées de la version export figurent en bonus. La qualité d’image est époustouflante.
    Il est à noter que la partition musicale d’origine est signée Paul Ferris. La « version américaine » avait un peu modifié la musique en offrant une variation de la bande musicale d’origine.
    Un fait étrange, le blu ray propose dans les bonus le générique et le final de THE CONQUEROR WORM. Vincent Price récite toujours les vers de ¨Poe mais la musique de la version US a disparu au bénéfice de la bo d’origine et le nom de Paul Ferris est crédité au générique alors qu’il ne l’avait jamais été pour la version US (j’ai comparé avec le laser disc américain). Y-aurait-il eu 2 versions du film qui aurait circulé aux Etats-Unis ? Le film a-t-il été ré habillé de sa partition d’origine ultérieurement ? Mystère …
    Franco a réalisé un film sur un thème identique : LE TRONE DE FEU – THE BLOODY JUDGE (1970) avec Christopher Lee. Il existe un beau DVD intégral chez Blue Underground.
    A signaler aussi le très violent LA MARQUE DU DIABLE (MARK OF THE DEVIL) de Adrian Hoven 1970 avec Herbert Lom. Il existe un DVD américain intégral chez Blue Underground et un somptueux combo allemand (blu ray + DVD) superbement présenté. La (fausse) suite de ce film LA TORTURE du même Hoven (avec Anton Diffring) est inédit en DVD (il existe un DVD pirate anglais intégral). LA TORTURE est sorti en France très censuré et LA MARQUE DU DIABLE est tombée sous le coup du X. René Chateau avait commercialisé une VHS censurée dans sa collection « Les films que vous ne verrez jamais à la télévision ».

    • olivierpere dit :

      Les films que vous citez sont aussi intéressants, surtout « La Marque du diable » qui est un titre important du cinéma d’horreur européen du début des années 70, avec une excellente distribution (Herbert Lom, Udo Kier, Reggie Nalder). Sa suite « La Torture » est plus faiblard mais je ne crois pas avoir eu le privilège de découvrir ce film dans sa version intégrale. Si je ne me trompe pas c’est Michael Armstrong (inconnu au bataillon) qui a réalisé « La Marque du diable », Adrian Hoven a seulement signé « La Torture » (mais était-il aussi impliqué dans le premier film?)

  13. jack2454 dit :

    Concernant Michael Reeves réalisateur de THE WITCHFINDER GENERAL, signalons le très intéressant THE SORCERERS (la créature invisible 1967) avec Karloff qui nous entraîne dans le swinging london …

    • olivierpere dit :

      « La Créature invisible » est un bon film d’horreur en effet. Carrière météorique de Reeves qui est mort très jeune après seulement trois films, dommage quand on constate la puissance du « Grand Inquisiteur », son dernier long métrage…

  14. jack2454 dit :

    LE GRAND INQUISITEUR est sans aucun doute le meilleur film sur le thème des chasseurs de sorcières. Il reste très violent encore aujourd’hui et le final surprenant tant il atteint le paroxysme de la folie. On peut comprendre les grosses difficultés que cl film eu avec les censeurs à l’époque. En Angleterre comme en France, il fut très coupé et en France encore plus qu’en Angleterre !!! Dans notre pays, le film dépassait à peine les 75 minutes … LE GRAND INQUISITEUR est un très grand film et un très grand PRICE. Vincent Price est ici meilleur que jamais et c’est un régal de l’entendre déclamer le poème « Le Ver Conquérant » dans le début et le final de la version américaine …

    • olivierpere dit :

      Le Grand Inquisiteur est en effet un excellent film qui frappe par son approche sérieuse de son sujet historique, loin des films d’horreur de la même époque. Scénario, mise en scène extrêmement réussis, et un très grand Vincent Price, beaucoup plus sobre que d’habitude. Je l’ai vu plusieurs fois dans doute dans la version française coupée (en vidéo et en salle) mais je crois que la dernière fois que je l’ai vu c’était dans une édition DVD anglaise (celle que vous citez) mais l’édition Neo Publishing fait désormais référence.

  15. jack2454 dit :

    A mon avis personnel, l’édition vidéo de référence est le blu ray anglais puisqu’il offre les scènes déshabillées en bonus et l’ouverture et final alternatifs américains avec la sublime diction du poème de Poe par le grand Vincent Price. La qualité de l’image est impressionnante surtout si l’on considère l’âge du film. Le seul point négatif : il faut comprendre la langue de Shakespeare … A réserver aux inconditionnels du film !!!

    Hormis cela, l’édition DVD de chez Neo (joliment présentée d’ailleurs) reste un bon compromis puisqu’elle offre la vo sous-titrée et la vf. Ce DVD sera bientôt introuvable.

  16. jack2454 dit :

    Concernant LE GRAND INQUISITEUR en blu ray n’hésitez pas … Il y a vraiment du mieux par rapport aux éditions dvd de chez Blue Underground et de chez Neo déjà très satisfaisantes. Je suis entièrement d’accord avec vous concernant l’époustouflante interprétation de Price qui se révèle d’une grande sobriété dans le rôle de Hopkins.

    Concernant MARK OF THE DEVIL, vous avez raison c’est Michael Armstrong qui l’a signé. Adrien Hoven en a été le co scénariste et en est l’un des interprètes. Michael Armstrong est intervenu en tant que co scénariste de LA TORTURE. Il est vrai que LA TORTURE est moins achevée que LA MARQUE DU DIABLE. Néanmoins, il reste intéressant avec quelques scènes bien gratinées. En France, il avait eu droit aux ciseaux de la censure et la VHS sortie chez VIP était la même copie mutilée. Le film, dans sa version intégrale, n’arrive cependant pas à rivaliser (en qualité et en violence) avec MARK OF THE DEVIL qui présente des scènes particulièrement ignobles d’où le X « pour violence » qui lui fut infligé …

    Rappelons, à ce titre, que le X ne touchait pas seulement les films à caractère pornographique. Il pouvait être attribué à des films présentant une violence excessive. A titre d’exemples :

    – Massacre à la tronçonneuse.

    – Zombie.

    – Chasse sanglante dans lequel William Holden fait une apparition.

    – Brigade anti-racket (un polar italien). Apparemment inédit en DVD à cette heure. Il y a eu une VHS.

    – Mark of the devil.

    – La proie de l’auto-stop (avec Franco Nero et Corinne Clery).

    • olivierpere dit :

      « Brigade anti-racket », c’est « The Big Racket » d’Enzo G. Castellari ou un autre film ? Je rêve de voir « Chasse sanglante » (Open Season) de Peter Collinson depuis longtemps parce que j’aime bien ce réalisateur et les films sur le gibier humain. Je crois que c’est René Chateau qui l’avait sorti en VHS en France mais pouvez-vous me dire s’il existe un bon DVD de ce film en Angleterre ou aux Etats-Unis ?

  17. jack2454 dit :

    Je viens de revoir LE SADIQUE BARON VON KLAUS en DVD. Même s’il n’a pas la folie et la démesure de MISS MUERTE ou la beauté baroque de L’HORRIBLE DR ORLOF, il tient quand même la route. Mais il faut impérativement le voir dans sa version uncut avec la fameuse séquence de torture et de flagellation. Privé de cette scène, le film paraît un peu trop classique et trop sage. Le DVD français de Mad Movies, qui présente la version coupée, est à fuir. Le DVD américain (de très bonne qualité) de chez Image offre la version intégrale avec la piste française au format 2.35 et 16.9. De plus, il y a la bande annonce française d’époque qui s’ouvre par une scène inédite qui ne figure pas dans le film (une fille dans son jardin étends son linge et se met à hurler) …

    • olivierpere dit :

      Je l’ai vu il y a longtemps et je partage votre avis sur le film, qui a mauvaise réputation à cause de la version française censurée effectivement ennuyeuse et plate.

  18. jack2454 dit :

    J’ai fait une erreur LE GRAND INQUISITEUR a été édité chez MIDNITE MOVIES aux Etats-Unis et non chez Blue Underground. Cette édition est maintenant épuisée.

    Pour revenir au SADIQUE BARON, la « vraie » version française serait quand même la version intégrale comportant la scène de flagellation. Comme je l’avais précisé, le film était sorti en 1963 dans le circuit du cinéma La Cigale etc … dans une version censurée et autorisée tous publics. Il est réapparu quelques temps après au Midi-Minuit sous le titre LE SADIQUE avec une interdiction aux moins de 18 ans. Logiquement, le film a du être représentée à la commission de contrôle pour les besoins du passage au Midi-Minuit (qui exigeait son lot d’érotisme) à moins que Eurociné ait pris la liberté de le refiler complet en douce en mettant une interdiction pour ne pas éveiller la suspicion des autorités et éviter des ennuis en cas de contrôle dans la salle. A vrai dire, cela ne serait pas surréaliste de penser à ce genre de carabistouille de la part d’Eurociné qui en a fait bien d’autres …Quoi qu’il en soit, cette version intégrale (ce qui est d’autant plus louche !!!) n’a plus circulé à Paris après la ressortie au Midi-Minuit et je n’ai pas souvenir d’avoir vu le film se ballader dans le circuit Brady-Colorado-Mexico. Par contre, le pavé de presse du Noailles (le Midi-Minuit de la côte d’azur) atteste d’une vie provinciale du film … Comme je l’avais précisé, le pavé de presse mentionne l’interdiction aux moins de 16 ans (qui pourtant n’avait plus cours depuis 1959 et le film est sortit en 1963 !!!). Il pourrait s’agir tout simplement de la version censurée affectée d’une interdiction locale relevant du pouvoir de police du maire. Pour la petite histoire, signalons que LA JUMENT VERTE (qui fut le 1er film à inaugurer l’interdiction aux moins de 18 ans) fut totalement interdit de passage dans certaines villes de province et fut interdit aux moins de 21 ans à Tours où les projections avaient lieu la lumière allumée des fois que … !!!!!!!!!!!

    Pour répondre à votre question sur BRIGADE ANTI RACKET, ce n’est pas le film de Castellari avec Testi. Il s’agit de RITORNATO QUELLI DALLA CALIBRO 38 de Giuseppe Vari (1977) avec Antonio Sabato et Dagmar Lassander à ne pas confondre avec l’oeuvre de Dallamano QUELLI DELLA CALIBRO 38 (SECTION DE CHOC -COLT 38 SPECIAL SQUAD) avec Bozzufi. Ce BRIGADE ANTI RACKET est apparemment inédit en DVD pour le moment. Il y eut une VHS française …

    Quand au film de Castellari THE BIG RACKET, il existe une édition américaine DVD chez Blue Underground. Le film est uncut mais il n’y a qu’une piste anglaise sans sous-titres. L’éditeur avait en en projet de le sortir en blu ray donc avec piste italienne et probablement sous-titres français (anglais en tout cas). Je ne sais pas ce qu’il en est actuellement.

    THE BIG RACKET est sorti en France sous le même titre dans une version apparemment censurée.

    OPEN SEASON (CHASSE SANGLANTE) de Peter Collinson est un bien curieux film. Je l’ai vu, il y a très longtemps en VHS (la René Chateau) …
    Il existe un DVD allemand édité sous le titre US de OPEN SEASON qui présenterait une piste anglaise. Le DVD est sur Amazon mais d’après les critiques, il serait de piètre qualité et probablement repiqué d’après une VHS. J’essaierai d’en savoir plus… Moi aussi, j’aimerais revoir ce film mais dans de bonnes conditions. C’est une intéressante translation sur les chasses du comte Zaroff où l’on retrouvait avec joie Peter Fonda et l’étonnante Helga Line (habituée des rôles de gouvernantes inquiétantes dans les films d’horreur des sixties). Je pense alors que vous appréciez LES CHAROGNARDS de Don Medford qui transpose ce thème dans le cadre du western.

    • olivierpere dit :

      J’adore « Les Charognards » (The Hunting Party) de Don Medford avec les grands Oliver Reed et Gene Hackman, et la belle musique de Riz Ortolani ! Je connais bien Big Racket mais je ne me souviens pas avoir vu le film de G. Vari. Nous attendons la résurrection de Open Season en DVD avec impatience, c’est l’un des films de Collinson les plus difficiles à voir alors qu’il a l’air de compter parmi ses plus intéressants.

  19. jack2454 dit :

    Pour rebondir sur le thème du gibier humain, il y a LES WEEK – ENDS MALEFIQUES DU COMTE ZAROFF de Michel Lemoine (1976). A ajouter dans la liste des films Xés pour violence. A voir comme une curiosité. C’est quand même un nanar bien de chez nous. Le film existe en DVD chez Mondo Macabro sous le titre SEVEN WOMEN FOR SATAN. Il a donc été, pendant des années, interdit de salles en France et je ne comprends pas pourquoi …

    • olivierpere dit :

      J’ai vu ce film à la Cinémathèque, un curieux nanar en effet et une étrange incursion du film sexy français sur les terres du fantastique, comme d’autres titres anecdotiques de la même époque. Michel Lemoine a été acteur dans beaucoup de films bis (certains signés Jess Franco et Benazéraf) et c’est un personnage très sympathique, je l’avais rencontré il y a une vingtaine d’années…

  20. jack2454 dit :

    Concernant Michel Lemoine, citons LE MONSTRE AUX YEUX VERTS de Romano Ferrara 1962. Je l’avais vu, tout gosse, au Lynx,à 2 pas de la place Pigalle. Il y a un certain nombre d’années, je l’avais revu sur Canal + et j’en avais tiré une VHS. J’aimerais revoir ce film qui semble ressembler à NOT OF THIS EARTH de Corman 1957. Je possède le DVD des WEEK ENDS DU COMTE … et j’avais trouvé cette bande finalement assez plaisante. Il y avait une fille assez jolie !!!
    THE HUNTING PARTY de Don Medford. Un grand film et un grand western. Le titre original résume fidèlement le film … Je me souviens d’un pavé de presse qui argumentait « les chasses du comte Zaroff revues par Sam Peckinpah ». C’est tout à fait ça … Bon, je vais revoir le film. C’était très violent pour l’époque et cela reste très violent. Il fut interdit aux moins de 18 ans à sa sortie …

    • olivierpere dit :

      J’ai vu « Le Monstre aux yeux verts » à la salle République de la Cinémathèque française. Intéressant film de SF à petit budget qui faisait une bonne utilisation des paysages modernes de la banlieue romaine et du noir et blanc, un peu à la manière de « The Last Man on Earth » d’U. Ragona et S. Salkow avec Vincent Price, première adaptation de « Je suis une légende. »

  21. jack2454 dit :

    J’ai bien aimé THE LAST MAN ON EARTH avec Vincent Price. Apparemment, ce film était resté inédit en France ou peut-être sorti furtivement en province … Je l’ai découvert en DVD chez Midnite Movies (zone 1 et st français). Très intéressant. Il faudrait que je le revois …
    Cette collection Midnite Movies était extrêmement intéressante. Aujourd’hui, tous les titres sont épuisés malheureusement. J’en possède pas mal. Pas mal d’oeuvres étonnantes comme les adaptations de Poe par Corman, le DUNWICH HORROR, le délirant LACHEZ LES MONSTRES (SCREAM AND SCREAM AGAIN), le kitchissime LA PLANETE DES VAMPIRES de Bava, …
    Au sujet de LA PLANETE DES VAMPIRES, signalons que la version de chez Midnite est un peu différente de celle éditée par Canal + dans « Cinéma de quartier ». La version proposée par Midnite est le montage américain et celle de Canal + le montage européen. Le DVD de Canal + est un collector … il fut retiré de la vente deux semaines après sa sortie, il y avait un problème de droits. Le DVD de Canal + est vraiment superbe (couleurs, anamorphique 16.9). Il offre la version italienne st français et la version française (ce qui laisse supposer que le film soit sortit en France même si nous n’avons pas de trace officielle). Il existe un DVD italien (moins intéressant) en italien avec st anglais.

    Pour revenir à JE SUIS UNE LEGENDE, dans un autre contexte, l’autre version THE OMEGA MAN avec Charlton Heston est remarquable.

    • olivierpere dit :

      Belle collection en effet avec beaucoup de titres fantastiques anglais ou américains intéressants, souvent produits ou distribués par AIP aux Etats-Unis.

  22. jack2454 dit :

    Dans votre éditorial, vous précisez très justement que la filmographie de Jesus Franco est placée sous le signe de l’érotisme, de la littérature populaire, … L’oeuvre de Franco colle parfaitement à une époque où la culture populaire s’affichait aux coins des rues parisiennes dans des boutiques qui ont depuis longtemps disparu. La vitrine de la librairie LE MINOTAURE du 2, rue des Beaux-Arts faisait côtoyer le CINEMA 57 consacré au fantastique au CLOVIS TROUILLE de Filipacchi. Et c’est dans la ténébreuse (et secrète, l’endroit n’était pas rassurant) boutique de Jean Boullet ,LE KIOSQUE, perdue rue du Château que j’achetai fiévreusement 1967 l’introuvable Midi-Minuit Fantastique n°8 tablant « Erotisme et épouvante dans le cinéma anglais » … c’était en 1967 et j’étais en classe de 5ème. L’ATOMIC place Clichy programmait « Caltiki, le monstre immortel. » de Freda et « Raspoutine » de Combret … Quand j’ai cité le peintre Clovis Trouille, ce n’était pas innocent et ce n’était pas un hasard si le fantastique faisait bon ménage avec les peintres iconoclastes et le surréalisme dans ces échoppes. Et ce n’était pas un hasard si je m’intéressais à Trouille, Delvaux, Magritte et au fantastique. Jesus Franco c’est le Clovis Trouille de la pellicule car comme le peintre il plonge dans la littérature populaire, dans tout et n’importe quoi … et c’est ce qui fait l’intérêt de son oeuvre, une oeuvre unique,libertaire et anarchique.

  23. jack2454 dit :

    Il y a un des parallèles entre l’oeuvre de Franco et celle du peintre Clovis Trouille. A la base, tous deux ont puisé dans la littérature populaire et ont su adapter ces emprunts … Les vampires, le marquis de Sade, les effeuilleuses, … sont au rendez-vous. Trouille a signé

    JUSTINE et LUXURE et Franco LES INFORTUNES DE LA VERTU…

    La toile Oh ! Calcutta Oh ! Calcutta servit pour la publicité de la pièce érotique. Je me souviens qu’elle fut programmée à l’Elysée Montmartre.

    • olivierpere dit :

      Votre analyse est intéressante : j’ai souvent lu la comparaison entre Clovis Trouille et Jean Rollin (qui se réclamait lui-même du peintre), mais jamais au sujet de Franco.

  24. jack2454 dit :

    J’aime particulièrement LES INFORTUNES DE LA VERTU. C’est un excellent Franco avec une étonnante distribution. Horst Franck et Palance sont étonnants. A signaler que la durée du film varie très sensiblement suivant les pays. En France, il fut distribué dans une version ramenée à moins de 90 minutes (30 minutes perdues !!!). Les éditions DVD (américaine, allemande, française) sont complètes mais il est possible qu’il y ait des différences. Franco n’a pas apprécié l’interprétation de Romina Power qui lui fut imposée par Harry Alan Towers. Il souhaitait Maria Rohm pour le rôle de Justine. Il s’est montré assez méchant avec elle dans une interview. Moi, je trouve qu’elle n’est pas si mal que cela. Sa naïveté et sa candeur trouvent leur place dans cette très réussie adaptation de l’oeuvre du divin marquis.

    • olivierpere dit :

      Entièrement d’accord avec vous j’aime beaucoup ce film à costumes (alors que les autres adaptations de Sade de Franco sont modernisées) réalisé à une période faste de la carrière du cinéaste avec une distribution internationale prestigieuse. Klaus Kinski est mémorable dans le rôle du marquis de Sade, et Jack Palance dans celui d’un libertin dément. Mélange d’expérimentation narrative et de mise en scène plus classique que d’habitude. j’ai vu la version tronquée ainsi que l’édition DVD. Peut-être que la version originale italienne est la plus complète (c’est celle qui avait été projeté à la Cinémathèque française dans le cadre de la rétrospective Franco si je me souviens bien.)

  25. jack2454 dit :

    J’ignorais que Jean Rollin se réclamait de Clovis Trouille. Mais ça ne m’étonne pas, il était aussi impertinent que le peintre. J’avoue ne jamais y avoir pensé à la vision de ses films. Par contre, je trouve qu’on y retrouve l’univers du peintre Magritte notamment sur les scènes de plage. Lors d’une nouvelle lecture de ses films, je penserai aux toiles de Trouille.

    Pour revenir aux INFORTUNES DE LA VERTU, je considère que c’est la meilleure et la plus sympathique adaptation de Justine de Sade. Les acteurs sont tous étonnants. Kinski et Palance sublimes. Horst Franck merveilleux en aristocrate homosexuel complètement perverti. Et j’insiste sur le fait que Romina Power est très bien dans le rôle quoi qu’ai pu en dire « l’oncle Jessie ». Cette touche d’innocence ou de niaiserie (pour répéter les dires de Franco) donne raison à Towers qui rétorquait quelque chose dans le style de « ce sera la belle au bois dormant au pays des sadiques ». Et c’est tout à fait cela. Nous avons la belle au bois dormant au pays des sadiques … C’est un très très grand Franco. Je ne connais pas la version italienne mais les éditions DVD américaine, allemande, française me semblent complètes. Mais, encore une fois avec Franco on n’est jamais sur de rien car il était l’homme des versions multiples et des remontages …

  26. jack2454 dit :

    Je viens d’acquérir l’édition DVD allemande de TONFILM qui propose L’HORRIBLE DR ORLOF dans les deux montages : le monstage espagnol et le montage international.

  27. jack2454 dit :

    Pourquoi ne pas consacrer une page à Jean Rollin ? Je revois, en ce moment , ses films et je les redécouvre. Il y a un grand côté poétique dans tout cela et Rollin était un homme de culture. Finalement, le cinéma de Rollin prend toute sa dimension aujourd’hui … Je n’aimais pas jadis et aujourd’hui … j’apprécie de plus en plus.

    • olivierpere dit :

      C’était un homme sympathique et obstiné dans sa démarche artistique, mais je ne suis pas vraiment convaincu par ses films. Peut-être que comme vous j’apprendrai à les apprécier avec le temps !

  28. jack2454 dit :

    En fait, pendant longtemps j’ai été réfractaire au cinéma de Jean Rollin, lui trouvant tous les défauts possibles. Aujourd’hui, je reviens sur cette attitude. Même quand je n’aimais pas trop les films, je m’étais procuré les somptueuses éditions DVD hollandaises de chez ENCORE, éditions bourrées de bonus et offrant pour chaque titre un très beau petit livre richement illustré, pressentant qu’il y avait des choses intéressantes à y découvrir. Les américains ont ressorti les films de Rollin en blu ray (all regions) et les duplications sont fabuleuses car exécutées à partir des négatifs originaux. Néanmoins, ces blu rays ne proposent pas autant de bonus que les DVD hollandais … Il semble que Rollin ait eu beaucoup plus de succès aux Etats-Unis qu’en France. Ces films sont d’une grande richesse poétique et culturelle, ce qui fait défaut c’est le jeu des acteurs le plus souvent très faible, il faut l’avouer. Mais c’est un cinéma surréaliste, proche de Clovis Trouille (Rollin en parle dans un interview), proche de Max Ernst, proche du peintre Delvaux, … Alors, il faut passer sur ces faiblesses.
    Le cinéma de Rollin est un cinéma à plusieurs lectures. Je viens de revoir LA NUIT DES TRAQUEES. Il y ait fait un parallèle avec les camps de la mort nazis : les contaminés que l’on extermine, les cadavres brûlés dans les hauts fourneaux, les malades parqués dans les trains, …
    Je suis convaincu que l’oeuvre de Jean Rollin aura sa reconnaissance dans le temps.

  29. jack2454 dit :

    Pour revenir sur l’édition allemande de TONFILM … 2 versions de L’HORRIBLE DR ORLOF y sont bien présentes :
    – la version espagnole plus longue de 11 minutes présentant des scènes différentes. Cette version est en 1.33 qui est son format d’origine.
    – la version export (en bonus) qui, elle, est en 1.66 (format d’origine) non anamorphique.
    Un blu ray américain est prévu pour fin août (normalement en ALL REGIONS). Ne sera présente que la version export puisque EUROCINE n’a cédé les droits qu’à l’Allemagne. Le gros avantage de ce blu ray est de proposer le film en 1.66 anamorphique, toutes les éditions DVD étant non anamorphiques.
    TONFILM propose le DVD sous 2 habillages différents :
    – un boitier classique de type amaray.
    – un boitier hartbox rétro façon VHS « Monrex Video » nettement plus sympa.
    J’ai ce second boitier.
    Je n’ai pas encore vu cette version espagnole mais elle semble assez différente selon une étude internet.
    Pour les amateurs de ce film, l’achat du DVD de chez TONFILM est indispensable tout comme celui du blu ray à venir (si ce dernier produit est region all) …
    A signaler que LES CAUCHEMARS NAISSENT LA NUIT est également annoncé en sortie blu ray US pour fin août. Ce sera visiblement du 1.66 qui serait son format d’origine alors que les éditions DVD actuelles le présente en 1.33.

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