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Replay : The Grinder, Cuffs…

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Cette semaine, on se plonge dans plusieurs nouveautés dont certaines ont déjà quelques semaines d’existence. Il y a la très méta The Grinder, la girly Supergirl, la menottée Cuffs et la politique Show Me A Hero. Sans compter le retour aux affaires de The Affair

 

The Grinder (Fox)

Épisodes vus : 6

L’histoire. Quand The Grinder, une série d’avocats à succès, prend fin, elle laisse sur le carreau son acteur principal, Dean Sanderson. Celui-ci retourne alors auprès de sa famille où il a l’idée saugrenue de rejoindre le cabinet d’avocat de son frère, persuadé qu’avoir tourné dans The Grinder pourrait lui être utile.

Rarement une sitcom m’aura procuré un plaisir immédiat. Il y a le plaisir au premier degré, celui de voir Dean, un acteur ayant joué un avocat essayant de devenir à tout prix un réel avocat. Rob Lowe est parfait dans ce registre. Toutes ses répliques offrent au téléspectateur une marge d’interprétation jubilatoire, et un plaisir supplémentaire, celui du deuxième, troisième, quatrième… degré. Les auteurs ont mis en place un système simple mais malin : le début de chaque épisode nous montre un passage d’épisode de The Grinder, la série dans la série. Et ce qui y est raconté devient la clé de l’épisode que nous regardons réellement. L’aller-retour entre ces mondes parallèles est une gymnastique intellectuelle grisante. Mais cela ne fonctionnerait pas complètement si son personnage principal, Dean, n’était qu’une coquille vide. Il ne l’est justement pas. De cette caricature d’un acteur naïf, persuadé de pouvoir devenir dans la réalité les personnages qu’il a incarnés dans la fiction, la série en tire une satire d’un monde où le paraitre l’emporterait sur l’être. Cette naïveté joue un rôle important puisqu’elle permet au téléspectateur de s’attacher à ce Dean, toujours de bonne volonté, jamais cynique ou en proie à l’hypocrisie. En cela, Dean pourrait être un lointain cousin de Kimmy Schmidt dont la série nous évoquait également, mais de manière moins efficace, une joie de vivre simple et chaleureuse.

Créée par Jarrad Paul et Andrew Mogel. 22 épisodes prévus pour la saison 1.

 

The Affair (Showtime)

Épisodes vus : 6

Diffusée en France sur Canal+ Séries

L’histoire. Helen et Noah sont séparés. Ce dernier vit désormais avec Alison dans un chalet au bord d’un lac où il essaie d’achever son roman.

Plus grosse baffe que la télé US m’a infligé depuis Breaking Bad, j’attendais la saison 2 de The Affair avec impatience. Parviendraient-ils à reproduire sa magie sensuelle ? Donneraient-ils un nouveau souffle à une intrigue policière parfois… en trop ? Sauraient-ils inviter de nouveau le téléspectateur sur le chemin de son imaginaire ? En commençant très fort, l’appréhension ne pouvait pas être faible. Mais au final, The Affair reste fidèle à elle-même. Avec une nouveauté qui n’est pas inutile : désormais, nous avons le droit à 4 points de vue, ceux de Helen et de Cole se greffant à l’histoire racontée en saison 1 seulement au travers des yeux de Noah et d’Alison. Mine de rien, cela leur permet d’affiner ces personnages qui ne manquent, finalement, pas d’intérêt. Autre changement notable, l’intrigue policière. Celle-ci est propulsée dans le temps judiciaire et ça lui fait un bien considérable. Les personnages satellites, comme la mère d’Helen, inscrivent ainsi de manière remarquable leurs obsessions au service de ce changement. Reste 6 épisodes avant de se faire un avis définitif mais pour l’heure, c’est une belle confirmation.

Créée par Sarah Treem et Hagai Levi. 12 épisodes prévus pour la saison 2.

 

Cuffs (BBC One)

Épisode vu : 1

L’histoire. Jake rejoint la police de Brighton. Mais son premier jour ne démarre pas sur de bonnes bases – il lui sera difficile d’obtenir le respect de ses pairs. Surtout qu’il est le fils du boss…

Alors que chaque diffuseur va toujours plus loin en lançant des séries policières toutes plus sérieuses les unes que les autres, Cuffs prend ici le contrepied en abordant la question de manière plus légère. Nous suivons les pas de Jake, un bleu, qui cherche à se faire une place dans la police de Brighton. Mais le fait d’être inexpérimenté en plus d’être le fils du boss, donc pistonné, ne l’aide pas vraiment dans cette perspective. Ce n’est pas une comédie pour autant et les intrigues abordent des questions sociales comme les anglais l’ont toujours fait. Reste que Cuffs nous fait prendre l’air : sa bande-son, pop, est électrisante, ses personnages s’imposent en quelques images et la sensibilité, presque ado, de son scénario finit de nous accrocher. A suivre.

Créée par Julie Gearey. 8 épisodes prévus pour la saison 1.

 

Supergirl (CBS)

Épisode vu : 1

L’histoire. Kara Zor-El, la cousine de Kal-El, alias Superman, débarque sur Terre avec plus de 20 ans de retard. Désormais âgée de 24 ans, elle travaille pour CatCo Worldwide Media, un empire journalistique situé dans la ville de National City. Elle a aussi des super-pouvoirs. Et elle pourrait bien en avoir besoin.

Cela commençait bien. Une jeune femme, dotée de super-pouvoirs, se demandant si elle devait sortir de l’ombre de son grand frère. Exister aux yeux du monde, tout comme exister aux yeux de sa patronne, de ses collègues, de ses amis et de sa famille. En d’autres termes : Supergirl aurait pu porter un propos intéressant sur la place qu’occupe – et que devrait occuper – la femme dans notre société. Oui mais voilà, ce sont seulement les 15 premières minutes du pilote de Supergirl. Après, il y a des méchants qui arrivent, il y a des bastons, il y a des cellules super secrètes… Le cahier des charges des histoires de super-héros semble se remplir ligne après ligne sans aucune originalité, sans porter plus loin ses premières et prometteuses idées. En résumé, c’est super-chiant.

Créée par Greg Berlanti, Ali Adler et Andrew Kreisberg, d’après les personnages de Jerry Siegel et Joe Shuster.

 

Show Me A Hero (HBO)

Épisodes vus : 6

Diffusée en France sur OCS

L’histoire. Nick Wasicsko, maire de Yonkers, n’est pas favorable à l’obligation judiciaire de créer des logements sociaux dans sa ville. Mais il ne faut jamais dire jamais…

Cela fait quelques mois qu’HBO a diffusé cette nouvelle création de David Simon, l’homme à qui l’on doit en particulier The Wire. Fresque sociale, cette série nous plonge dans les coulisses d’une décision judiciaire : Yonkers a reçu l’obligation de créer des logements sociaux. Mais une certaine bourgeoisie blanche, soutenue par une partie de la classe politique, n’est pas de cet avis. Elle fait tout pour reporter l’échéance. Cette mini-série de 6 épisodes a une très grande qualité : documenter une partie de l’histoire américaine en posant des questions très concrètes sur la question du logement, et la question sous-jacente de la mixité sociale. Cela concerne Yonkers… mais cela concerne évidemment aussi la création des banlieues françaises. Show Me A Hero interroge nos sociétés occidentales – et ce n’est pas pour me déplaire. David Simon nous raconte ainsi comment la pratique d’une certaine politique broie les Hommes et leurs idéaux. En revanche, du point de vue de la construction des personnages, j’ai de vraies réserves. Parce qu’il ne voulait probablement pas s’aventurer trop loin dans la fiction, David Simon refuse régulièrement à cette histoire de montrer les moments de transformation de ses personnages. C’est le cas pour Nick, qui change d’avis sur les logements sociaux comme de chemises, mais cela concerne d’autres personnages également, Doreen en particulier. J’ai été dans l’incapacité de créer un lien d’empathie avec la plupart d’entre eux, le récit refusant systématiquement de nous montrer ces moments qui auraient favorisé ce déclic. A l’issue du visionnage, malgré la claque intellectuelle que David Simon nous inflige, difficile de ne pas exclure cette idée parasite de notre esprit : n’aurait-il pas du en faire plutôt un documentaire ? Show Me A Hero ne manquerait-elle pas de temps pour assouvir l’ambition de son genre ? Dans tous les cas, c’est à voir.

Créée par David Simon et William F. Zorzi, d’après le roman du même nom de Lisa Belkin. 6 épisodes.

Catégories : Comédie · Critique · Drama · Série américaine · Série anglaise