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FFTV 2015 – Jour 4 : Neste Sommer, Ainsi Soient-Ils, Bron…

LaRochelle4

Dernière journée à La Rochelle. Ce samedi, alors que la pluie s’est invitée dans le ciel rochelais, nous préparant à une cérémonie de remise de prix parfois incompréhensible, il restait encore des séries à voir. L’hilarante (oui, je vends la mèche tout de suite) Neste Sommer, la bouleversante Ainsi Soient-Ils et l’haletante Bron.

9h30 – Neste Sommer

Il manquait jusqu’ici LA comédie du festival. Cette série norvégienne, Neste Sommer, pourrait bien être la perle. Il n’y a pas d’histoire particulière et comme l’organisation du festival a présenté deux épisodes de deux saisons différentes, c’est encore moins simple d’avoir une idée du fil conducteur. Mais pour faire simple, c’est un jeune couple qui s’installe dans le cottage familial durant les vacances d’été. Rien de bien drôle sur le papier, mais c’est sur la variété des situations que cette série se démarque. Une sorte de Fais pas ci, fais pas ça, mais dans un format correct, le 26 minutes. Le deuxième épisode projeté explorait notamment de manière brillante les conséquences d’une piqûre de guêpe. La salle était pliée en deux.

10h45 – Ainsi Soient-Ils

C’est avec le sourire aux lèvres que j’ai rejoint la projection du premier épisode de la saison 3 d’Ainsi Soient-Ils, diffusée à partir du 8 octobre sur Arte. Bon, j’ai un peu triché, j’avais déjà vu la saison dans son intégralité. Mais comme il s’agit de l’une des meilleures séries dramatiques de l’année, et, sans aucun soucis, la meilleure française, j’aurais eu tort de me priver. La salle était pleine, et l’évêque de La Rochelle a honoré la projection de sa présence. Il faut dire que c’est aussi grâce à son ouverture qu’une telle oeuvre a pu trouver des lieux de tournage. Il faut le souligner.

AinsiSoientIls

Cette saison 3 se déroule 4 ans après la fin de la saison 2. Les séminaristes sont désormais prêtres ou en passe de le devenir et ils rejoignent chacun leur paroisse. Projetés au contact du monde, ils vont devoir assumer leur choix de devenir un homme de Dieu devant leurs communautés respectives. Et forcément, ce qui leur arrive va les mettre face à leurs propres failles. Cette saison 3, finale, est diablement construite et a procuré chez moi des sensations similaires à Six Feet Under. L’humanité de ses personnages m’a touché en plein cœur et les larmes ont été légions. Un grand moment de création. Un grand moment de série. Se priver d’une proposition aussi belle et sincère serait impardonnable.

A noter en fin de projection un joli moment d’applaudissements du public que l’on sentait particulièrement ému. Une émotion qui se lisait également dans les yeux de ses créateurs, des acteurs et de l’équipe présente pour y assister. Son producteur, Bruno Nahon, parle souvent d’un alignement de planètes pour décrire l’aventure d’Ainsi Soient-Ils : cette rareté était aussi présente dans la salle, dans le cœur de tous.

12h – Les Impitchables de Syfy

Je vais faire très court, comme le programme projeté aux alentours de midi, Les Impitchables de Syfy, c’est débile et drôle à la fois, et ça a surtout le mérite de valoriser des films de la chaîne dont je ne soupçonnais absolument pas l’existence. Exemple concret :

14h – Bron

Le festival a réussi le joli coup d’obtenir l’avant-première mondiale de la saison 3 de Bron, série dano-suédoise. Et comme je suis très professionnel, j’ai binge-watché les deux précédentes saisons quelques jours avant le début du festival. J’étais donc à jour. Verdict ? Mouais. Cette entame de saison 3 – nous n’avons vu que le premier épisode – est un peu lente et surtout assez peu claire sur l’orientation de la saison. Une thématique en revanche ressort très clairement des enjeux : l’homosexualité.

Une femme, retrouvée morte et mise en scène autour d’une table avec des mannequins (enfants et adulte masculin), est favorable à la législation mettant l’homosexualité au même niveau que l’hétérosexualité. Si ce thème ne s’en rapproche pas, la manière de mettre en scène le lieu du crime ressemblerait presque à la série de France 2, Les Témoins, où la reconstruction factice d’une famille devient un symbole.

Ceci dit, pas un mot, pour l’heure, sur les retournements de situations en fin de saison 2. La question de Martin, collègue danois de Saga, envoyé en prison est légèrement évoqué et, surtout, la question du grand méchant qui ajoutait une couche supplémentaire au complot écolo ne semble pas être encore le centre des préoccupations.

Cette projection s’accompagnait d’une discussions avec les producteurs et scénariste. On a appris au cours de celle-ci qu’ils tournent chaque saison en trois blocs : 4 épisodes, 4 épisodes puis 2 épisodes. Et chaque bloc est donc cross-boardé (toutes les scènes d’un décors sont tournées le même jour). Le tournage s’étale sur 7 mois et demi. Bref, j’attends de voir la suite pour pouvoir me prononcer sur cette saison 3. La thématique est passionnante et, par ailleurs, une partie de la vérité devrait être levée sur le passé de Saga, laquelle sera rejointe par un nouvel inspecteur danois particulièrement mystérieux.

 

C’est la fin…

Et c’est sur ce mystère que je quitte La Rochelle. Le premier épisode des Revenants était projeté mais j’avais déjà eu l’occasion d’aborder ce retour sur Dimension Séries par ici.

Un petit mot ceci dit sur les prix remis lors de la cérémonie. Il est étonnant de remarquer que le prix des séries a été scindé entre les 26 minutes (comédie) et les 52 minutes (drama). Dans le fond, c’est une excellente chose s’ils pérennisent cette initiative mais sur la forme, rien n’avait été annoncé en ce sens. Il semble que cette décision ait été prise par la jury au cours du festival. Au final, seulement deux séries de 26 minutes étaient en compétition, contre trois séries de 52 minutes (enfin, quatre si on prend en compte Marjorie, pilote de 87 minutes…). Forcément, pendant la soirée qui a suivi la cérémonie, les conditions d’attribution de ces prix étaient sur toutes les lèvres et dans tous les esprits, en particulier la victoire d’Une Chance de Trop

Cela n’entachera tout de même pas complètement une édition de haut niveau. L’ouverture du festival aux séries européennes a été suivie par le public et les professionnels. La sélection était variée et de grande qualité. Le festival a aussi l’intelligence d’être très bien placé dans l’année, au tout début de la saison télévisuelle, pour obtenir les plus intéressantes exclusivités en matière de fiction française – et cela n’a pas loupé.

Je retiendrai en particulier le sacre d’Ainsi Soient-Ils qui termine son voyage poétique en beauté, mais également l’excellente série de TF1, Le Secret d’Elise, qui devrait marquer un renouveau dans la fiction de la première chaîne privée française. Enfin, on l’espère de tout cœur… !

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