FFTV 2015 – Jour 2 : Lazy Company, Trepalium, le Secret d’Elise…

LaRochelle2

Après une soirée un peu trop arrosée, il est temps pour nous, pauvres journalistes, de se mettre au travail. Et cette deuxième journée, mais la première vraiment bien chargée, était riche en découvertes. S’il y avait un fil rouge autour d’Arte, avec la présentation de sa saison de fictions et la projection de Trepalium, on pouvait également tomber sur les premières images de la saison 3 de Lazy Company (OCS) et Le Secret d’Elise (TF1).

 

10h10

Mais avant toute chose, j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec Alexandre Michelin, actuel directeur général de MSN Microsoft EMEA, qui avait fait entendre sa voix en se portant candidat au poste de président de France Télévisions. Comme j’aime ménager le suspense, je publierai l’interview dans son intégralité la semaine prochaine. Mais je noterai tout de même qu’il a fait de sérieux appels du pied aux pays européens ayant l’ambition de fonder un concurrent à Netflix. Croisons les doigts pour que cette réflexion ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.

 

10h45

Rendez-vous au Dragon pour la projection de Lazy Company, la parodie de guerre d’OCS. Une série que j’apprécie depuis ses débuts et qui est presque devenue mon animal de compagnie que je sollicite quand j’ai envie de m’amuser. Le truc, c’est que c’est la saison 3, et la saison 3, c’est la saison finale. Donc on pleure un peu comme quand tu dois piquer ton chien. C’est donc avec un peu de tristesse que j’ai découvert cet épisode 4 de la saison 3, très vite remplacée par une très grande joie partagée par toute la salle. Comme à son habitude, Lazy Company nous fait rire. Sa folie semble toujours présente, alternant les genres et les expérimentations. Je reviens très vite dessus dès que j’ai l’occasion de tout voir.

 

12h

L’unité fiction d’Arte France, par l’entremise de son directeur Olivier Wotling, présentait sa saison 2015-2016. Riche, très riche, surtout du point de vue de la diversité des oeuvres qui seront proposées tout au long de l’année. De la comédie, de l’anticipation, du drame pur… Il n’y a aucune autre chaîne française qui puisse se vanter d’avoir une ligne éditoriale aussi large. Je vous laisse avec la bande-annonce pour que vous vous fassiez une idée :

 

16h30

Au cours de l’après-midi, petite halte à la projection de Parents, mode d’emploi, le programme court irrésistible de France 2 mettant en scène les relations parents/enfants. Bon, il s’agissait d’épisodes déjà vus pour le coup. Pourtant, le 30 septembre, la chaîne diffusera pour la première fois 4 épisodes de 26 minutes tournés spécialement cet été. Adieu, donc, au format sketchs le temps d’un soir. Vu la manière donc les producteurs et les acteurs insistaient pour que tout le monde donne une chance à ce prime, on imagine que cette soirée fait office de test avant une éventuelle pérennisation de ce format pour Parents mode d’emploi. Ce qui ne pourrait être qu’une très bonne nouvelle. Le format court est toujours bien trop contraignant pour qui a l’ambition de développer des personnages sur la longueur.

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Cette projection a été suivie d’une rencontre. Et pas des moindres. Alix Poisson, rien que ça, peut-être la meilleure comédienne française actuelle. Elle y a abordé la question du prime de 30 septembre notamment. « Le format long permet d’aborder des facettes plus surprenantes. » Elle assure que, si « ça pulse à bloc« , il y aura également « plus de tendresse dans les intrigues« , centrées autour des thèmes de la transmission familiale et de la manière dont les parents doivent assumer leur progéniture, même quand ils ont eux-même « merdé« . Sur son travail, elle reconnait être quelqu’un d’assez perfectionniste. « J’aime beaucoup travailler en amont pour qu’une fois sur le plateau, je me libère complètement. »

 

18h45

Trepalium était attendue et c’est peu dire. C’est la première incursion d’Arte dans l’anticipation (est-ce d’ailleurs la première de la télévision française récente ?) et la science-fiction. Le synopsis est particulièrement d’actualité : que faire lorsque 80% de la population est au chômage et qu’un mur a été érigé pour séparer les actifs des inactifs ?

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L’équipe de Trepalium sur scène avant la projection

La force très claire de la série, c’est la puissance de son propos, clairement anticapitaliste. Tiens donc, après Mr. Robot, est-ce qu’une tendance serait en train de se dessiner ? Les « actifs » sont montrés comme des êtres sans pitié vivant dans une violence sociale évidente alors même que leur environnement, lisse, stérilisé, ajoute une froideur effrayante à leur quotidien. Les autres, les « zonards », ceux qui ne travaillent pas, sont forcément attirés par cette société qui promet monts et merveilles. On en reparlera d’ici là – sa diffusion n’est pas prévue avant 2016.

 

21h

Et on termine par le clou de la soirée, Le Secret D’Elise. Nouvelle mini-série de TF1, adaptée du format The Oaks, à l’origine une série américaine, finalement avortée avant même sa diffusion, et qui avait trouvé une seconde vie au Royaume-Uni sous le titre Marchlands sur ITV, le TF1 anglais. Et j’ai beaucoup de choses à dire, mais la première et la principale : ça fait depuis bien longtemps que je n’avais pas vu une série de TF1 aussi belle. La direction artistique est superbe et s’appuie sur le concept de la série où l’on suit trois familles, vivant dans la même maison, mais à trois époques différentes : 1969, 1987 et 2015.

Mais en plus d’être belle, c’est-à-dire en ne respectant pas les habituelles contraintes colorimétriques de la chaîne privée (couleurs pétantes, peu de contraste) et en faisant comme tous les autres diffuseurs font, c’est-à-dire en apportant de la profondeur à l’image, Le Secret d’Elise nous offre aussi des personnages touchants et interprétés très efficacement. Petit bémol pour Bénabar ceci dit qui lutte un peu contre lui dans les scènes d’émotion. Mais tous les autres acteurs sont très justes. Ah oui, l’histoire, c’est très simple : une petite fille prénommée Elise est morte tragiquement en 1969. Et, d’une manière ou d’une autre, son esprit va hanter les époques suivantes…

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L’équipe du Secret d’Elise sur scène avant la projection

Evidemment, il faut tout de même souligner qu’il s’agit là d’une adaptation. La prise de risque de TF1 est largement limitée car la série anglaise originale était déjà d’excellente facture. Mais tout de même, la chaîne tient là peut-être l’étalon de sa production future. En tout cas, j’aimerais vraiment que Le Secret d’Elise incarne le nouveau visage de la fiction de TF1. Et ce serait encore mieux si la chaîne pouvait confirmer ces très bonnes intentions sur une série, cette fois-ci, complètement originale !

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