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La Meute et le Visiteur

LaMeuteCela fait plus d’un an que le Visiteur du Futur a entamé sa reconversion. Plus d’images animées mêlant cave parisienne et tournage dans le Poitou ; c’est désormais sous la forme de mots, et même de phrases entières, que l’on peut découvrir ses nouvelles aventures.

Disponible sous la forme numérique en cinq épisodes dont la sortie était espacée à chaque fois de plusieurs mois, ce roman, intitulé « La Meute », est maintenant compilé en une version papier. Pratique pour les retardataires comme moi qui préfèrent s’éclater les yeux en jouant à Battlefield plutôt qu’en lisant un livre sur tablette (1). En tout cas, avec l’été, c’est le meilleur moment de s’y essayer. Au livre.

C’est la première fois que je chronique un roman, donc je n’ai aucune idée par quoi je vais bien pouvoir commencer. D’ailleurs, c’est un peu comme « La Meute ». Durant les huit premières pages, on est un peu perdu. Pas de visiteur, pas de Castafolte, pas de Raph… Heureusement, le style accessible et tout à fait drôle de Slimane-Baptiste Berhoun, l’auteur, parvient à nous tenir en haleine. Bon, et puis, qu’est-ce que c’est, 8 pages sur 450… !?

Et puis l’on s’attache très vite à l’enjeu principal du roman. Il sera question de découvrir la jeunesse du Visiteur, dont on connaît le nom depuis la saison 4, Renard. Ce nom n’est pas que le fruit d’une étrange ressemblance physique à l’animal, il a aussi une justification moins triviale que je vous laisse découvrir. Ses côtés rusé, gamin et dépressif auront également chacun doit à une explication sans que rien ne jure. Tout semble s’emboiter parfaitement. Sur le développement de son personnage principal, le roman frise le sans fautes.

Autour de lui gravite ses deux compagnons d’aventures. Raph passe clairement au second plan dans le roman. Rien de particulier à signaler. A l’inverse, une grande partie du récit se déroule dans les yeux du docteur Henri Castafolte. Sur le tapis, la question de l’Autre Monde avancée par le Visiteur durant ses précédentes aventures sérielles. Mais à part lui, personne ne l’a vu. Le Doc, en quête de vérité au sujet de ce prétendu Autre Monde, va être amené à explorer le passé du Visiteur afin de résoudre ce mystère qui le hante.

Ce n’est peut-être qu’un robot mais le Doc semble aussi humain que les autres personnages. C’est l’un de ses traits de caractères, l’humanisme qui dégouline par tous ses pores. Mais ça se ressent aussi grâce au style de l’auteur qui n’hésite pas à utiliser les capacités de réflexion du Doc pour imaginer tout un étalage de vannes. Des classiques que l’on connaît déjà bien à des nouveautés, en particulier toutes les blagues méta que le support papier permet d’explorer.

La comédie est un formidable outil pour développer de l’empathie autour d’un personnage quand elle est bien utilisée. La série Le Visiteur du Futur l’a déjà prouvé à maintes reprises. C’est aussi le cas dans « La Meute »… mais attendez-vous à ce que l’intensité dramatique du récit croisse au fil des chapitres. Du coup, le style devient aussi moins facétieux sur la fin du roman.

Il faut admettre, cependant, que tout n’est pas complètement convaincant. Le milieu du roman double son enjeu principal d’un enjeu secondaire qui est beaucoup moins passionnant. Il donne un peu l’impression de remplir du vide. Je n’ai pas envie de relever le titre du chapitre 3 (2) mais il le porte bien (3). L’auteur a du mal à dynamiser la narration qui, si elle paraît nécessaire, aurait peut-être été plus forte si elle avait été plus concise.

Malgré ces quelques défauts, « La Meute » délivre des informations capitales sur l’univers de la série. Les fans auraient tort de s’en priver sous prétexte qu’il soit nécessaire de lire des suites de lettres vachement bien ordonnées. Surtout que son prix devrait finir par vous convaincre. Je le souligne rarement dans une chronique mais je tiens à le faire dans ce cas précis : cette nouvelle aventure ne coûte que 7,90 euros. Certes, ils auraient pu faire un effort sur sa couverture pas super stylée, mais son contenant, lui, vaut largement cet investissement.

J’espère juste très fort que ce ne soit pas le point final à cet univers.

 

(1) L’auto-dérision de cette phrase vise à convaincre mon subconscient d’arrêter de jouer à Battlefield… mais cette méthode, que j’emploie depuis plusieurs années déjà, est encore en bêta

(2) Le Ventre Mou

(3) La remarque de baisse de rythme vaut pour une partie du chapitre 4 d’ailleurs

Catégories : Chronique