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Replay : Sense8, UnREAL…

ReplaySense8

Alors, cette semaine, pas d’introduction. Non, ce n’est pas de la paresse, c’est de la concision. J’espère que vous saisissez la nuance. Et il vous en faudra pour apprécier le récit sensoriel de Sense8, pour s’immiscer dans les méandres du classicisme romantique de Mozart in the Jungle, pour appréhender les anges diaboliques d’UnREAL et pour vous projeter dans l’étrange univers de Wayward Pines.

 

Sense8 (Netflix)

Episodes vus : 12 / 12 mis en ligne

Disponible en France sur Netflix

L’histoire. Huit femmes et hommes développent un lien sensoriel qui leur permet de communiquer de part et d’autre de la planète.

Connus grâce à l’univers cyberpunk de Matrix, les frères Wachowskis donnent une tournure plus émotionnelle à leur carrière – ce qu’ils avaient déjà laissé entrevoir dans Cloud Atlas d’ailleurs. Pourtant, les cinq premières minutes de Sense8 démarrent d’une toute autre manière en installant la menace d’un grand méchant. C’est peut-être l’une des plus mauvaises idées de la série  ; elle ne reprend quasiment jamais – sauf à la toute fin de la saison – cette esthétique de film à suspense limite kitsch. Au contraire, Sense8 est un récit poétique et sentimental entre ces huit personnages qui s’apprivoisent au rythme de leurs interactions. Si elle ne tombe pas dans l’écueil du TOUT EST LIE comme par magie façon Lost ou Heroes, la série peine à rendre pour autant l’ensemble de ses personnages passionnants. Je garde en tête la trajectoire de Lito, un acteur mexicain de télénovélas dont l’histoire personnelle entre en résonance comique avec son travail  ; je pense aussi à Capheus, ce kenyan fan de Jean-Claude Van Damme  ; et enfin, une pensée éventuelle pour Will, policier à Chicago qui partage avec Nomi, hackeuse et trans’, le fil rouge de cette saison 1. Quant aux autres, ils sont soit d’une passivité consternante (Riley et Kala), soit d’une violence essentielle au recrutement de chorégraphes et de cascadeurs (Wolf et Sun). Pour le scénario, on repassera. Mais le plus intéressant dans Sense8, c’est que cette saison 1 fait le pari d’une très longue exposition. Un choix osé pour une série qui se vendait sur l’idée d’un thriller haletant de science-fiction. Eh non ! En fait, Sense8 emploie son récit à développer presque uniquement les liens entre les personnages principaux – le fil rouge étant quasiment invisible. Cette série se veut ainsi d’une humanité débordante et, parfois, elle y parvient. Mais passé la première scène de communion, le premier baiser et la première entraide, Sense8 a quelque difficultés à remplir de manière étonnante les creux de ses 12 épisodes. Y compris jusque dans sa toute dernière scène. Allez, on espère de tout cœur que sa saison 2 soit moins paresseuse. Si elle en a une.

Créée par The Wachowskis et J. Michael Straczynski.

 

UnREAL (Lifetime)

Épisodes vus : 4 / 4 diffusés

L’histoire. Rachel, productrice de télé-réalité, fait son retour dans les coulisses de l’émission Everlasting où des candidates doivent conquérir un homme. Rachel est la meilleure dans sa discipline  : manipuler les gens afin d’obtenir des rebondissements.

Le sujet de la télé-réalité est à mon sens une mine d’or pour tout scénariste souhaitant décortiquer la frontière séparant la réalité de la fiction. Par exemple, Black Mirror l’exploite de manière astucieuse par un traitement corrosif. Du côté d’UnREAL, on a fait le choix d’une télé-réalité de rencontre amoureuse. En fait, c’est le Bachelor. Sauf que, pour le coup ici, le personnage principal n’est pas un candidat mais un membre de l’équipe, Rachel, productrice mais surtout esclave de sa boss, Quinn, productrice exécutive (productrice en chef, en gros). Bien qu’inégale, et installant son univers par un pilote exposant très maladroitement les motivations et le comportement de Rachel, UnREAL pourrait mine de rien être l’une des bonnes surprises cette saison. Son angle principal ? Un féminisme centré sur la question du comportement des femmes… envers les femmes. Bien sûr, Rachel est la meilleure pour manipuler ces pauvres candidates en mal de célébrité – mais le regret qui se lit dans ses yeux étend les marges d’interprétation du téléspectateur d’une simple critique au vitriol à celle d’une méta-critique moins évidente et palpable. Mais le plus osé en réalité, c’est que plus la saison avance, plus elle semble plonger son héroïne dans ce malaise. J’espère seulement que cette jolie promesse ne soit pas trop polluée par une distraction sentimentale qui risque de terriblement m’ennuyer.

Créée par Marti Noxon et Sarah Gertrude Shapiro, d’après le court-métrage Sequin Raze de Sarah Gertrude Shapiro. 10 épisodes prévus.

 

Wayward Pines (Fox)

Épisodes vus : 4 / 5 diffusés

Diffusée en France sur Canal+

L’histoire. Après un accident de voiture, un agent américain des services secrets atterrit à l’hôpital de Wayward Pines. La raison initiale de sa venue ? La disparition de 2 de ses collègues dans cette petite bourgade entourée de montagnes. Mais son enquête va être complètement bouleversée quand il va découvrir que Wayward Pines n’est pas une ville ordinaire…

Après avoir vu son pilote à Séries Mania, j’ai voulu savoir si mes premières impressions se confirmaient dans les épisodes suivants. Et, en fait, peut-être pas ! Alors, il faut que je vous avoue un truc. N’ayant développé aucun intérêt à l’issue du pilote sur le mystère de cette ville, je me suis auto-spoilé en lisant un résumé du livre que la série adapte. Bizarrement, depuis que je suis passé par cette étape, les épisodes de Wayward Pines m’intéressent davantage. Pourquoi ? Peut-être parce que j’ai pu ainsi éliminer les fausses pistes, toujours inintéressantes et déceptives, pouvant expliquer le mystère. Mais peut-être aussi parce que la série est un peu moins stéréotypée et qu’elle se permet même d’être surprenante. Seul indice que je peux vous donner : regardez Wayward Pines comme une véritable série de science-fiction plutôt qu’un truc fantastico-suspenso-policiero-pourrito. J’en ai déjà peut-être trop dit. Mais c’est trop tard. Bonne journée à vous.

Créée par Chad Hodge, adaptée du livre de Blake Crouch. 10 épisodes prévus.

 

Mozart in the Jungle (Amazon)

Épisodes vus : 10 / 10 mis en ligne

Diffusée en France sur OCS

L’histoire. Hailey est une jeune joueuse de hautbois ; Rodrigo est un célèbre et excentrique chef d’orchestre. La première va devenir l’assistante du second, émerveillée de pouvoir le fréquenter au service de l’orchestre philarmonique de New York.

Ah, non, ne partez pas ! J’ai rattrapé aussi mon retard sur Mozard in the Jungle. Je fais vite et je vous laisse. Alors, en fait, c’est l’histoire de Hailey , une jolie demoiselle qui aime souffler dans des gros cylindres et Rodrigo, son patron, qui n’est pas contre… Hum, pardon. Donc je reprends. Dans Mozart in the Jungle, il est question de musique classique, surtout comme un ballet qui emballe les Humains. Sa légèreté nous amuse mais son irrégulière créativité nous agace. C’est divertissant sans être marquant. L’extravagance de Rodrigo joué par Gael Garcia Bernal finit quand même par être touchante. En fait, cela fait plus d’un mois que j’ai terminé la série – et je n’ai pas retenu davantage de détails. Il y a bien cet épisode 7, You Go To My Head, réalisé par Roman Coppola (producteur) et tourné en plan-séquences : un tour de passe-passe plus qu’un tour qu’on se repasse. Allez, c’est déjà pas mal me diriez-vous ?

Créée par Roman Coppola, Jason Schwartzman et Alex Timbers, d’après le livre de Blair Tindall. Une saison 2 est prévue.

Catégories : Comédie · Critique · Drama · Dramédie · Série américaine