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Replay : Unbreakable Kimmy Schmidt, American Crime…

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Cette semaine, je vous propose 4 séries qui incarnent toutes, à leur manière, un décalage avec la réalité. Il y a d’abord la découverte de New-York par une femme taupe, puis l’exploration d’une planète inhabitée. On fera un petit arrêt très inattendu en Californie et enfin, on se plongera avec délices dans les coulisses de Melty.

 

Unbreakable Kimmy Schmidt (Netflix)

Épisodes vus : 13 / 13 mis en ligne

L’histoire. Avec trois autres femmes, Kimmy Schmidt a vécu pendant 15 ans en captivité, prisonnières d’un gourou qui leur faisait croire que l’apocalypse avait frappé la Terre. Libérées et surnommées « femme taupe », elles redécouvrent la civilisation. Kimmy, elle, se lance à l’assaut de la ville de New-York.

Sauvée par Netflix alors qu’NBC avait abandonné le projet, cette comédie notamment imaginée par la multi-récompensée Tina Fey disposait d’une aura particulière dans le monde des fans de séries. Sa précédente création, 30 Rock, m’avait plus ou moins laissé de marbre. Un peu trop auto-centrée et humoristiquement très redondante, j’avais du mal à m’attacher à son univers un peu loufoque mais surtout un peu quelconque, comme si ce qu’elle racontait n’avait pas grand intérêt. Malgré son entame assez laborieuse (il faut persister au-delà des 4 premiers épisodes très moyens), UKS embarque de son côté une dimension humaine – et féministe – plus évidente. Le personnage principal, Kimmy Schmidt, a quelque chose de complètement surréaliste dans un monde dont il redécouvre très naïvement les us et coutumes. Si les auteurs soulignent régulièrement, et parfois trop peu subtilement, ce décalage, UKS parvient de temps à autre à le sublimer. Je crois avoir ri aux éclats moins d’une dizaine de fois durant ces 13 épisodes mais à chaque fois, c’était un bon moment. Environ la moitié des épisodes sont bons (oubliez les 4 premiers ainsi que le tout dernier, une vraie déception), ce qui pour une comédie est un ratio plutôt correct et l’ensemble est, au final, pétillant et pêchu. Petit plus : UKS dispose d’un générique que vous entonnerez en cœur pendant plusieurs jours après avoir atteint le dernier épisode.

Créée par Tina Fey et Robert Carlock. Les 13 épisodes de la saison 1 ont été mis en ligne le 6 mars 2015. Une saison 2 est commandée.

 

The Last Man on Earth (Fox)

Épisodes vus : 6 / 6 diffusés

L’histoire. En 2019, un virus a frappé la race humaine. Un seul homme a survécu.

J’attendais cette comédie de pied ferme parce que, si l’on s’en tenait aux quelques lignes du pitch, The Last Man on Earth pouvait être l’un des plus grands défis artistiques de la télévision américaine depuis pas mal d’années. Évidemment, ils ne pouvaient l’assumer entièrement. Phil, interprété par le créateur de la série, Will Forte, est un homme qui a très mal vécu la solitude de ce nouveau monde. Mais il n’est finalement pas seul sur Terre. Il fait rapidement la rencontre de Carol et de Melissa, deux femmes avec qui il envisage pendant un moment de repeupler la planète. Au-delà des intrigues néo-romantiques qui composent la majeure partie de ces premiers épisodes, ce dont je suis passablement assez indifférent – notamment sur leur traitement humoristique mais j’y reviens plus bas -, l’audace de la série réside ailleurs et explore d’autres facettes de son titre. Car même s’il est entouré d’autres humains, Phil est un être qui s’était accommodé de son isolement. Au contact de Carol d’abord puis de Melissa ensuite, il doit donc renouer des liens sociaux qu’il se contentait jusque-là de simuler en parlant à ses amis-ballons. Ce qui complique les choses, c’est que le caractère de Phil est particulier. Pour le dire crument, c’est un sacré gros connard. Phil n’agit qu’au nom de son propre intérêt, avec notamment comme objectif de coucher avec la belle Melissa, ce qui lui fait dire des horribles choses, en particulier dans l’épisode 6 où son aigreur atteint un point culminant. Et son aigreur est notre malaise. A côté, Gregory House, Walter White ou Stuart Pritchard sont des enfants de cœur. Mais ce malaise est alimenté non pas par l’intelligence démoniaque ou la maladresse amusante du personnage : ce malaise est déclenché par sa pure bêtise. The Last Man on Earth présente peut-être l’un des personnages principaux d’une série américaine les plus négatifs, stupides et méchants, depuis bien longtemps. Ce qui n’en fait pas pour autant une bonne série. L’empathie existe difficilement, malgré quelques délicats moments de rédemption, et, plus important que tout, le rire est rare. Il ne reste plus à scruter que cette incroyable expérience scénaristique, que j’ai bien du mal à déterminer si elle est une réussite exceptionnelle ou un ratage abyssal. C’est passionnant.

Créée par Will Forte. 13 épisodes prévus pour la saison 1, diffusée depuis le 1er mars 2015.

 

American Crime (ABC)

Episodes vus : 3 / 4 diffusés

L’histoire. Matt, vétéran de guerre, est tué à son domicile. Sa femme, Gwen, est agressée. La série explore les répercussions humaines et judiciaires de ce meurtre qui semble prendre les allures d’un crime raciste.

Attention, OVNI. Les chaînes gratuites américaines nous habituent régulièrement à des séries standardisées, aussi efficaces dans le découpage scénaristique qu’artificielles dans ce qu’elles racontent. American Crime rompt violemment ce dogme et le choc en est que plus brutal. Imaginée par le scénariste de 12 Years a Slave, elle raconte les conséquences d’un crime perpétré à Modesto, Californie, et que la mère de la victime interprète comme raciste. Précision : la victime est blanche. Tout autour gravite une galerie de personnages qui sont liés de près ou de loin à ce meurtre. La série ne prend aucune pincette avec le téléspectateur. L’introduction à l’histoire est rude et la manière de se raconter, par des plans isolés, des dialogues elliptiques et des voix qui débordent d’une scène à une autre, convoque une esthétique narrative proche du cinéma d’auteur ou des séries de chaînes payantes. Au-delà de la question du crime raciste que la série semble développer avec discernement, elle propose des scènes d’une puissance redoutable. Le faux plan-séquence en fin d’épisode 3, qui dure près de 3 minutes, montre l’effroi de la jeune Jenny Gutierrez lorsque des policiers souhaitent contrôler son identité alors qu’elle n’a rien à se reprocher.

Créée par John Ridley. 11 épisodes prévus pour la saison 1, diffusée depuis le 5 mars 2015.

 

301 Vues (Melty)

Episodes vus : 3 / 3 mis en ligne

L’histoire. Les Yes Vous Aime est un collectif de comédiens qui vient de rejoindre l’équipe du site Melty. Ils vont devoir batailler pour se faire une place.

A côté de ces trois séries américaines, je fais ici la place à une petite création française issue de Melty, site dédié aux jeunes. Ils ont fait appel au collectif Yes Vous Aime que je suis avec attention depuis quelque temps. Ils proposent notamment pour une émission de France 4, L’Autre JT, une petite pastille humoristique intitulée Duplex. Ici, dans 301 Vues, ils jouent leur propre rôle. Ils viennent d’intégrer Melty et se doivent de trouver une idée géniale pour pouvoir bien s’intégrer dans l’équipe – et, accessoirement, remplir leurs obligations rémunérées. C’est court, c’est idiot mais c’est aussi le principe puisqu’en empruntant la forme du docu-moqueur (mockumentary), ils comptent s’amuser de l’univers des Youtubeurs qui font la course aux vues.

Créée par Johann Cuny, Moustafa Benaibout et Bertrand Usclat.

Catégories : Comédie · Drama · Série américaine · Série française