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Galavant, la voie du héraut

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Parodier l’univers du moyen-âge avec une princesse à sauver et des musiques délirantes, c’est le pari qu’a tenu ABC en 8 épisodes ce mois-ci. La chaîne américaine a diffusé Galavant, une comédie musicale légère, romantique et assez culottée. Donc à ne pas (trop) confondre avec Philibert.

L’histoire. Galavant est un héros déchu qui a perdu l’amour de sa vie, la belle princesse Madalena. Kidnappée et pervertie par l’horrible roi Richard, l’amour qu’elle éprouvait à l’égard de Galavant s’est effacé devant la perversité de son train de vie et de son attachement aux choses désormais futiles. Mais Galavant ignore tout de cette ignoble transformation et il va employer tous les moyens pour récupérer sa promise. Jusqu’au jour où…

Je n’ai pas tenu plus de 10 minutes devant La Reine des Neiges. C’est une façon particulière d’introduire, effectivement, la critique de Galavant. Mais je tenais à le préciser malgré le grand retard de cette remarque – peut-être que le poids de ce blog dans la sphère internationale de la critique aurait permis d’éviter le sacre de ce film d’animation aux Oscars si je m’étais exprimé plus tôt à son sujet. Bon, okay, on n’y est pas encore (ce n’est qu’une question de quelques mois de toute façon… hihihi).

Galavant cumule deux particularités. La première, c’est de se dérouler à une époque où la bourgeoisie et la noblesse se rassuraient comme ils pouvaient en inventant l’histoire de preux chevaliers sauvant des princesses. L’autre, c’est de croire que la chanson est un outil narratif aussi respectable que le scénario. Pour faire simple, le créateur de Galavant, Dan Fogelman,  est complètement fou. En même temps, il était aussi derrière The Neighbors, qui était un peu givrée également.

Bref, en résumé, je n’aime ni le traditionnel traitement des fictions historiques (n’est-ce pas la première fois que je le précise sur ce blog ? …), ni tout ce qui pousse la chansonnette. Il existe plusieurs contre-exemples – comment ne pas citer les Monty Python – mais je vous fait grâce d’en appeler au Sacré Graal. En revanche, je citerai vachement plus volontiers Kaamelott qui revitalise l’univers plus ou moins médiéval et Mongrels qui radicalise son ton humoristique grâce au langage fleuri d’animaux-marionnettes chanteurs.

Galavant emprunte à la première quelques anachronismes hilarants (des formulations, des objets qui n’existent pas au 13ème siècle…) et se permet même parfois des chansons aussi violentes que la seconde, même si c’est beaucoup plus subtile. Mais avant toute chose, le meilleur qualificatif pouvant désigner cette série américaine serait celui-ci : idiote. Sauf que Galavant n’est pas simplement bête, elle est plutôt stupidement drôle et une violente énergie feel-good s’en dégage. Je le dis sous contrôle d’une crève pas très gentille qui m’empêche d’aller au bout de cette phr…

Puisqu’on est dans de la pure parodie, la série s’autorise par ailleurs à briser le quatrième mur en s’adressant au téléspectateur comme le fait Community par exemple, soit directement grâce au regard complice que lance Xanax, un magicien interprété par Ricky Gervais dans l’épisode 6, à la caméra ou de manière moins évidente plus régulièrement. Non seulement l’interprétation des acteurs est convaincante mais elle m’a franchement enthousiasmé dans le cas de Timothy Omundson qui interprète un roi Richard précieux et enfantin disposant d’une maturité sentimentale aussi rudimentaire qu’un certain King Joffrey. D’ailleurs, la série sème quelques références çà et là à Game of Thrones même si je regrette qu’elle se soit refusée à la moquer davantage vu le potentiel démesuré que cache la série d’HBO.

Enfin, quant aux chansons, elles ne sont pas toutes égales – et elles ont un peu trop tendance à tirer la corde de la romance foireuse et foirée. C’est drôle la première fois mais ça tombe un peu à plat toutes les fois suivantes. Ce sont les passages musicaux les plus cruels qui au final ont retenu mon attention, notamment celui qui, au cours de l’épisode 7, met en scène deux servants complotant la mort de leurs maîtres pour que leur propre histoire s’achève dans une Happy End. Difficile, presque, de ne pas penser à What A Difference A Day Makes, moment de gloire de Mongrels qui étirait également la morale à ses extrêmes… de manière beaucoup moins consensuelle, certes.

Pour conclure, Galavant, c’est amusant, parfois un peu long, mais, en bout de course, on n’a pas l’impression d’avoir perdu son temps. D’autant qu’elle a pour elle l’avantage de ne pas s’étaler sur 24 épisodes ; ce qu’elle perd en développement qui aurait été probablement futile, elle le gagne en concision et en énergie. Laissez-vous tenter !

Créée par Dan Fogelman. 8 épisodes diffusés sur ABC entre le 5 janvier et le 26 janvier. Une saison 2 n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant…

 

Catégories : Comédie · Série américaine