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Séries en illimité : quelle offre choisir ?

SVOD

Bon, cela fait deux mois que Netflix a débarqué en France. Mais il n’est pas le seul à offrir des solutions légales pour regarder des séries. En plus de l’offre de la société américaine, j’ai testé Canalplay, OCS et Jook Video. Lequel s’en sort le mieux ? Réponse dans la suite.

J’ai réalisé l’intégralité des tests ce jeudi 20 novembre, à la fois sur tablette (iPad 3) et sur PC. Outre la comparaison nécessaire des catalogues, il était important de connaître les différentes fonctionnalités offertes par les technologies de ces différents services. Petite particularité pour Jook Video : je n’ai pu tester pleinement le service, n’ayant pas eu l’occasion d’y accéder gratuitement comme chez les autres.

 

Jook Video

Prix : 6,99 euros / mois sur tous les écrans en HD. Les 3 premières minutes de chaque vidéo sont gratuites pour les non-abonnés.

Catalogue séries : 48 séries, dont 35 américaines, 12 françaises et 1 anglaise.

Aussi bien ergonomiquement que techniquement, l’offre du groupe AB (dont TF1 possède 33,5% des actions) est celle qui a le plus de retard sur les autres. Le site semble manquer de réactivité et, surtout, n’offre aucune réelle identité. On a davantage l’impression que ses concepteurs se sont dépêchés de déployer une plateforme qui puisse agréger différents catalogues sans véritable réflexion ni ambition.

De plus, on peut s’interroger sur la pertinence de valoriser, en première ligne de la page série, une production comme Lost qui n’est plus très jeune au final et que l’on retrouve aussi chez l’un de ses concurrents, Canalplay. Ce n’est même pas une exclusivité ! Et sur ce point, Jook Video n’a d’ailleurs pas grand chose pour elle. On y retrouve bien Seinfeld ou Episodes, absentes chez ses concurrents… mais c’est à peu près tout qui mérite d’être signalé.

Enfin, l’idée des trois minutes gratuites est intéressante mais n’est pas techniquement aboutie. Car la vidéo se lance sans que le potentiel client ne puisse faire pause ou avance rapide. Aucun bouton de contrôle n’est disponible. La technologie utilisée, Silverlight, y semble d’ailleurs moins mieux maîtrisée que chez ses concurrents qui, tous, l’utilisent.

 

Canalplay

Prix : 7,99 euros / mois sur tous les écrans (sauf la télé) et en HD. Si vous voulez vous abonner via votre box ADSL, le prix monte à 9,99 euros / mois. Le premier mois est gratuit.

Catalogue : 122 séries, dont 57 américaines, 20 anglaises, 19 sud-coréennes, 6 françaises, 4 canadiennes et australiennes, 2 espagnoles et suédoises et 1 mexicaine, chinoise, néo-zélandaise, allemande, norvégienne et argentine.

Lancée depuis 2011, d’abord sous le nom Canalplay Infinity, Canalplay est la réponse du groupe Canal+ à Netflix. C’est aujourd’hui le leader sur le marché, notamment grâce à son ancienneté et, grâce aussi, à l’anticipation de la chaîne cryptée. De ce fait, cette offre a pu se constituer un catalogue particulièrement solide et particulièrement varié. Alors que les séries américaines composent les 3/4 de l’offre séries de Netflix, pour Canalplay, elles ne composent pas même la moitié de son catalogue. Le reste se partage entre de belles productions anglaises (Luther, Life on Mars, Extras… il manque pour celle-ci l’épisode spécial final ce qui est un peu décevant) et un grand nombre de créations sud-coréennes. Mais tout un tas d’autres pays sont aussi représentés comme la France (Plus Belle La Vie ! Ouais !), le Canada, l’Australie…

Tout comme avec Netflix, le site et l’application sont semblables mais donnent moins l’impression d’exclusivité du service au sens où le téléspectateur/internaute n’est pas choyé dans son égo comme c’est le cas sur Netflix avec l’omniprésence de son moteur de recommandation. Sur Internet, on a plus l’impression d’accéder à un site du groupe Canal+ qu’à un service à part entière. L’application a même quelques fonctionnalités en moins. Impossible de changer de langue en direct (alors que c’est possible sur PC mais également chez Netflix et OCS…). C’est d’autant plus étonnant que c’est une fonctionnalité disponible sur l’application myCanal, réservée elle aux abonnés de Canal+ et Canalsat ! Elle offre en revanche la possibilité d’avancer ou de reculer de 30 secondes ce qui reste toujours pratique et, comme Netflix, affiche le temps lorsqu’on se déplace dans l’épisode.

Théoriquement, Canalplay devrait mettre en place prochainement un moteur de recommandation de son cru et, dans quelques jours m’a-t-on informé sur twitter, une option de téléchargement offrira la possibilité d’un visionnage hors-ligne comme OCS GO.

 

Netflix

Prix : 7,99 euros / mois pour un écran en SD, 8,99 euros / mois pour deux écrans en HD, 11,99 euros pour quatre écrans en HD et même en 4K si c’est disponible. Le premier mois est gratuit.

Catalogue : 76 séries, dont 51 américaines, 17 anglaises, 3 françaises et 1 australienne, néo-zélandaise, danoise, argentine et canadienne.

L’américain promettait de chambouler en France le secteur émergent de la SVOD. On verra bien dans les mois si cette prophétie va se réaliser. En attendant, regardons un peu ce qu’il a dans le ventre, ce Netflix. Et la première chose, lorsqu’on s’y inscrit, c’est le prix. Ouais, il y a trois offres possibles en fonction du nombre d’écrans auxquels tu comptes accéder. L’offre à 8,99 euros semble minimale car elle permet d’accéder au contenu HD. Mais pour une famille, il faudra certainement envisager l’abonnement à 11,99 euros. Ce qui est déjà un peu moins attractif.

Le catalogue se concentre principalement autour des productions américaines et anglaises. Il y a un peu de tout en terme de genre : de l’ado, de la SF, du fantastique, du polar… Rien de particulier à signaler. On y trouve même quelques séries inédites en France comme Derek ou Fargo sans compter les productions originales de Netflix telle que Orange is the New Black. Reste que les exclusivités se comptent pour l’instant sur les doigts d’une main. Un constat qui devrait évoluer positivement à l’avenir puisque le géant américain promet d’agrandir son catalogue de jour en jour. Il faudra attendre le printemps (voir la rentrée 2015) en France pour qu’il atteigne une certaine maturité.

Son site Internet est très épuré et d’une ergonomie presque sans failles. Difficile de s’y perdre. D’ailleurs, on est pris par la main dès l’inscription puisqu’on est invité à sélectionner quelques œuvres que l’on aime ou que l’on aimerait voir, de façon à ce que l’algorithme nous propose des programmes adaptés à nos goûts. Et si l’on souhaite approfondir ce moteur de recommandation, il est toujours possible de cliquer sur l’onglet « Personnaliser » de façon à encore mieux préciser vos attentes (par ambiance, par genre, par type d’intrigues, par années…). Concernant le lecteur vidéo, j’énoncerai un petit bémol. Lorsqu’on lance une vidéo, elle apparait directement en plein écran. En tant qu’internaute, je préfère à vrai dire faire moi-même la manipulation de mettre le plein écran, et d’avoir l’impression d’être le seul maître à bord. Ce qui est le cas chez OCS et Canalplay.

L’application est, elle-aussi, très efficace. Certainement la plus complète de toutes. C’est d’ailleurs le même lecteur vidéo qu’utilisé sur le site Internet : pas de risque d’être perdu. Il est possible de changer de langue en cours de visionnage ; quand on déplace le curseur, le timecode évolue en temps réel ; on peut même afficher la liste des épisodes de façon à en changer rapidement. Rien à dire, d’autant que lorsqu’on quitte une vidéo brusquement et qu’on y revient, Netflix a retenu le temps écoulé et vous place donc pile au bon endroit. On sent que les années de maturation de Netflix sur le continent américain a porté ses fruits.

 

OCS GO

Prix : Cette offre est vendue sous la forme d’un bouquet de chaîne télé. Il faut donc passer par les box ADSL pour y souscrire le plus souvent. Le prix varie en fonction des fournisseurs d’accès à Internet : il est de 13 euros / mois chez Orange, de 12 euros / mois chez Bouygues et de 11,99 euros / mois chez Free et SFR.

Catalogue : 27 séries, dont 21 américaines, 5 françaises et 1 anglaise.

J’ai inclus OCS GO dans ce comparatif mais je n’aurais pas du le faire en réalité. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas d’un service de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) stricto-sensu. En réalité, il s’agit d’un bouquet de chaines qui permet, lorsque vous vous y abonnez, d’accéder à un service de rattrapage nommé OCS GO. De ce fait, OCS GO est davantage un concurrent de myCanal, l’application réservée aux abonnés de Canal+, que de Canalplay… sauf que la gamme de prix s’en rapproche tellement qu’il m’a semblé nécessaire d’en parler (contrairement à Canal+ où l’abonnement normal est de 39,90 euros par mois).

Du coup, niveau contenu, cela implique une différence importante. Car, ici, le catalogue d’OCS, qui a signé un accord avec HBO, est en partie constitué de séries américaines qui viennent tout juste d’être diffusées. C’est un argument forcément intéressant pour tous ceux qui ne souhaitent pas attendre un ou deux ans. Mais même si c’est le plus récent des catalogues, c’est aussi le plus petit. Passé HBO, on n’y trouve plus grand chose, si ce n’est les très intéressantes productions françaises d’OCS.

Quant au prix, il me semble tout de même un peu trop élevé au regard de l’offre de ses deux principaux concurrents que sont Netflix et Canalplay. Certes, OCS propose de nombreux films, souvent datés tout de même, et des émissions, mais ça ne saurait justifier à mon sens un tel écart. L’avenir d’OCS ne passerait-il pas par sa transformation en un acteur de la SVOD par hasard ? Ce serait peut-être intéressant d’y réfléchir…

Niveau technologie, même si le site OCS GO qui permet d’accéder à l’offre de rattrapage semble austère, il est toutefois très lisible et pas irritant comme peut l’être celui de Jook Video. L’application sur iPad, de son côté, est même particulièrement réussie. Il y a un bémol : lorsque l’on déplace le curseur du temps au sein d’une vidéo, le curseur se déplace mais n’affiche pas le temps correspondant (alors que cette fonctionnalité est disponible sur le site Internet). Si c’est disponible, il est possible de changer de langue en cours de diffusion en jonglant de la VF à la VOST.

Enfin, dernière petite subtilité qui reste très intéressante : vous pouvez télécharger l’épisode de façon à y accéder hors ligne, que ce soit sur PC ou sur votre tablette. C’est la seule offre qui propose ce service. A noter que pour ces épisodes téléchargés, OCS GO retient où vous en êtes du visionnage du programme, comme pour Netflix.

 

 

Si vous cherchez du contenu récent, seule l’offre d’OCS pourra répondre pendant un temps à ce besoin. Mais son catalogue reste tout de même limité, bien qu’il se renouvelle régulièrement, et son prix semble un peu élevé. Si l’attente ne vous pose pas de problèmes, choisissez Canalplay qui fournit l’offre la plus concurrentielle à ce prix, devançant largement Netflix au final. Et si vous ne correspondez à aucun de ces profils, patientez un an de plus. Le marché y sera mieux défini et les offres seront probablement plus intéressantes d’ici là.

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