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Replay : The Code, Les Hommes de l’Ombre…

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Beaucoup de nouvelles séries en ce moment. Il est difficile d’y faire le tri. Je vous en propose 5 : Chasing Shadows, une série policière anglaise amusante, How To Get Away With Murder, un legal drama américain, Les Hommes de l’ombre, une série politique française, Selfie, une comédie connectée US et The Code, mon chouchou, un thriller australien qu’il faut savoir déchiffrer.

Chasing Shadows (ITV)

Episodes vus : 2 / 4 diffusés

L’histoire. Le lieutenant Sean Stone est brillant mais souffre apparemment d’une certaine forme d’autisme. Après avoir critiqué publiquement le déroulement d’une enquête, il est muté au service des Personnes disparues. Plutôt que de se concentrer sur les fugues qui font le quotidien de ce département, il concentre ses efforts pour mettre au jour l’activité de meurtriers récidivistes.

Les enquêteurs un peu bizarres, c’est une mode qui se renouvelle sans cesse. On se rappelle de Dale Cooper dans Twin Peaks, de Mulder dans X-Files, de Sherlock dans la série du même nom ou même de Saga dans Bron. Et presque à chaque fois, ces personnages borderline sont associés à un autre qui se comporte de manière plus convenable. C’est justement le cas dans Chasing Shadows, une mini-série de deux enquêtes, chacune développées sur deux épisodes. Le lieutenant Sean Stone (campé impeccablement par l’excellent Reece Shearsmith, un des créateurs de Inside N°9 !) est à la fois très compétent mais, en même temps, semble tout ignorer des relations humaines. Mais alors que ça semble être un choix de Holmes dans Sherlock, ici, on dirait que c’est à ses dépens… ou plutôt aux dépens des êtres humains qui gravitent autour de lui. Y compris sa collègue, une civile à la fois fascinée et consternée par le comportement du policier. Naturellement, de cette relation jaillit une comédie assez agréable et parfois même très drôle. Elle pourrait presque faire passer la pilule d’une partie policière déjà plus convenue qui a au moins le mérite de s’étaler sur deux épisodes, soit environ 90 minutes par enquête.

Créée par Rob Williams. Diffusion des 4 épisodes entre le 4 et le 25 septembre.

 

How To Get Away With Murder (ABC)

Episode vu : 1 / 1 diffusé

L’histoire. Annalise Keating est un professeur de droit pénal dont le principal enseignement consiste à démontrer que la morale n’est pas une donnée utile dans la pratique de son métier. Seule la légalité et l’illégalité établies devant un tribunal sont à prendre en compte.

Comme dans Grey’s Anatomy créée par Shonda Rhimes qui produit cette série, la porte d’entrée de ce récit se matérialise par des jeunes étudiants qui veulent en découdre pour être les plus forts. Et justement, Annalise Keating a un défi pour eux : les meilleurs pourront l’aider à construire la défense d’affaires dont elle a la charge dans son cabinet. A la clé, une place à décrocher dans son équipe. Ça, c’est pour le présent. Mais une autre intrigue se déroule dans le futur. Ce flashforward, qui nous propulse au moment de noël, soit 3 mois plus tard, montre comment quatre de ses étudiants essaient de se débarrasser d’un corps. Forcément, les idéaux du début semblent s’être bien rapidement dissous dans l’excitation de figurer auprès de leur nouvelle idole. Dans quelle mesure ? Qui est responsable et pourquoi se sont-ils mis dans une telle situation ? La dernière image de ce pilote serait-elle un premier indice ? Aucune idée. Tout ce que je sais, c’est que ça se regarde comme un divertissement tout à fait correct et très bien construit, sachant lancer des bouts d’intrigues quand il le faut. Quant au fond, rien de bien utile, à peine la réflexion sur la morale très vite évacuée par le besoin cadencé de ce thriller juridique. Un Damages allégé, en somme.

Créée par Peter Nowalk. Diffusée depuis le 25 septembre. 13 épisodes commandés en attendant une éventuelle prolongation pour la saison.

 

Les Hommes de l’Ombre, saison 2 (France 2)

Episodes vus : 2 / 2 diffusés

L’histoire. En remportant l’élection présidentielle, Alain Marjorie n’aurait pu envisager que son gouvernement soit mis à l’épreuve d’une motion de censure après seulement un an au pouvoir. Et ses ennuis politiques pourraient prendre davantage d’ampleur si l’instabilité psychologique de sa femme s’y mêle.

En fiction, le sujet politique est autant un problème qu’une solution. Cela dépend où l’on souhaite situer son regard. Quand on décide de le vider de sa substance, il devient un gros problème. Et quand on décide de ne pas traiter le fait que ce sujet se vide de sa substance, c’est encore pire. Sur cette échelle, Les Hommes de l’Ombre se situe sur la dernière marche, légèrement précédée par House of Cards US. Loin devant trône aussi bien The West Wing que Borgen et même Reporters, la série française de Canal+. Mais que s’est-il passé entre ces deux blocs ? Beaucoup de choses – notamment mes goûts. Dans le cas des Hommes de l’Ombre ou d’House of Cards US, c’est d’avoir choisi la définition la plus réductrice du sujet politique, celle de la lutte de pouvoir. Elle peut être porteuse d’histoire passionnante à condition de savoir s’en affranchir. La saison 1 de House of Cards US avait su le faire grâce à une seule intrigue intéressante, celle de Peter Russo qui incarnait un combat aussi bien physique, moral ou psychologique. La saison 1 des Hommes de l’Ombre était dépourvue de cette ambition et, d’après ces deux premiers épisodes, je n’ai pas l’impression que le projet évolue dans ce sens. Je note effectivement des améliorations à la marge, d’une série qui devient véritablement chorale en travaillant davantage la vie privée des personnages secondaires (l’influence directe de Borgen, n’est-ce pas ?). Mais l’audace aurait été de profondément transformer le concept de la série. Certes, le paysage politique est désigné comme un huis-clos façon « La Ferme Célébrités » mais rien ne permet d’exercer une remise en question de ce monde autistique, d’y apporter une critique ou une réflexion. C’était pourtant l’angle absolument nécessaire d’une telle fiction, parce que c’est la problématique principale de la vie politique française. Certes, cette saison 2 semble s’améliorer mais elle ne saura me satisfaire. Les conseillers spéciaux, les sondeurs, les spin-doctor, très bien, mais il existe aussi des citoyens, inconnus, qui vivent et souffrent des politiques votées. Ces invisibles, ce sont aussi des Hommes de l’ombre.

Créée par Dan Franck, Frédéric Tellier, Charline de Lépine et Emmanuel Daucé. Diffusion des 6 épisodes de la saison 2 depuis le 1er octobre.

 

Selfie (ABC)

Episode vu : 1 / 1 diffusé

L’histoire. Eliza Dooley bosse dans une agence de communication. Elle est aussi superficielle que le H de Hawaii et reste collée à son téléphone portable comme une bernique sur son rocher. Elle n’a qu’une chose en tête, sa réputation sur Internet, le nombre de ses « followers » et les like qu’elle parvient à générer. Mais lorsqu’elle devient la victime d’une humiliation, son monde s’écroule et elle remet tout en question.

Le monde des réseaux sociaux est cruel : il engendre des gens parfaitement égoïstes et narcissiques comme Eliza Dooley, une commerciale qui refuse de sortir sans être maquillée à la truelle, 15 cm aux talons. Sachant que le monde superficiel de la mode et/ou de la communication ont tendance à m’exaspérer, je n’attendais pas grand chose de la série, si ce n’est qu’elle offre une réflexion sur le sujet. Le pilote en fait justement la promesse puisqu’il arrive à Eliza une mésaventure qui la rend tout de suite un peu plus à l’écoute des autres. Et les autres, en l’occurrence, c’est son collègue Henry, brillant publicitaire qui peut changer l’image d’un produit en un clin d’œil. Le problème chez l’Homme, c’est que contrairement à un shampooing, il ne suffit pas de changer l’emballage pour qu’il devienne réellement attrayant : il faut aussi changer son fond. Il va donc se casser les dents à rendre Eliza plus humaine. En espérant que ça ne me casse pas trop les pieds. Parce que les like-mot-dièse-je-share-trop-ton-selfie, on y atteint le fond très rapidement. Peut-être que ce sera, du coup, l’occasion pour une série télé de devenir une véritable tribune-hommage à la culture Internet. Bon, hey, j’en doute, hein.

Créée par Emily Kapnek. Diffusion depuis le 30 septembre. 13 épisodes commandés en attendant une éventuelle prolongation pour la saison.

 

The Code (ABC1)

Episodes vus : 1 / 2 diffusés

L’histoire. Ned Banks est un journaliste travaillant pour un site Internet plutôt banal. Jesse Banks, son frère, est un hacker dont l’activité illégale lui a valu une interdiction de se connecter à Internet. Les deux finissent par se pencher sur une affaire politique aux ramifications intrigantes impliquant le plus haut niveau de l’État australien.

Des cinq séries, je jette mon dévolu sur cette production australienne. L’intrigue est, d’entrée, complexe et étend son récit du bureau du Premier ministre à celui d’une professeur d’école (Lucy Lawless !), en passant par un journaliste et une entreprise de biotechnologie. Le tout est saupoudré de piratage et on obtient un mélange étonnant entre Millenium, Mammon et State of Play. Je n’ai vu pour l’instant qu’un seul des deux épisodes diffusés mais je suis prêt à parier que The Code sera l’une des séries dont on parlera dans les prochains mois et qui parviendra à prendre la relève de l’excellente The Honourable Woman dont je vous avais déjà vanté les qualités dans ce blog. Je n’ose pas trop en dire pour vous gâcher le plaisir de la découverte mais je vous invite de tout cœur à faire preuve de curiosité. De toute façon (j’ai découvert ça après le visionnage), Arte a acquis les droits de diffusion de la série. Vous pourrez donc la voir en France prochainement.

Créée par Shelley Birse. Diffusion des 6 épisodes depuis le 21 septembre.

Catégories : Critique · Série américaine · Série anglaise · Série australienne · Série française