ankama, françois descraques, visiteur du futur

A la projection du Visiteur du Futur

VDF1

Florent Dorin (Le Visiteur du Futur) et Slimane-Baptiste Berhoun (Henri Castafolte) sur le tournage de la saison 4

Ce mercredi 7 mai avait lieu la projection de l’intégralité de la saison 4 du Visiteur du Futur à Rennes. J’y étais. Et voilà ce que j’ai vu (sauf ce que je n’ai pas le droit de dire).

Cela fait 8 mois et 20 jours. C’était dans les environs de Poitiers. J’avais interdiction d’en révéler l’emplacement exact sinon, on me promettait bien pire que l’enfer de la mort. Il aura fallu attendre ainsi presque 9 mois – les choses sont bien faites – pour que le final de la saison 4 du Visiteur du Futur accouche devant nos yeux d’enfants. Mais là encore, j’ai fais une promesse. Aucune révélation ni spoiler des deux derniers épisodes, sous peine de me faire défigurer par les Lombardi, Mattéo et le Visiteur dans une orgie sanguinolente. Si, juste une chose : c’était bien.

Ambiance survoltée

Hier soir, j’assistais donc à l’une des soirées composant la tournée du Visiteur du Futur. De Lille à Toulouse en passant par Lyon, l’équipe projette en avant-première dans des salles de cinéma la saison 4 dans son intégralité, final inclus. A Rennes, plus d’une demi-heure avant le début fixé à 19h30, il y avait foule. Plus de 200 personnes avaient fait le déplacement, dont certaines s’étaient déguisées pour l’occasion, soit en Visiteur avec son seau à caca, soit en Octave, le grand méchant de la saison. « Le premier » s’est écriée Mélodie Boizard, assistante chef de produits à Ankama, lors de la validation des inscriptions.

VDF3

Le public à la projection de Rennes – Photo prise par Nicolas Berno, le comédien qui incarne le personnage de Raymond

Et pour cause. Lille et Nantes ont déjà eu les honneurs de cette projection. Les cosplayeurs (fans se déguisant en différents personnages de fiction) avaient là aussi répondu à l’appel. Cette fois-ci, on a même eu le droit à un professeur Castafolte avec son fidèle Castabot, reproduit à l’aide d’une boule japonaise en papier. Forcément, l’ambiance était à son comble. Ça fausse sûrement aussi un peu le (mon) jugement. Ou ça démontre peut-être, enfin, que cette série n’est pas forcément faites pour n’être vue qu’en solitaire derrière son écran d’ordinateur.

De quoi parle cette fournée de 8 épisodes (oui, je ne parle pas des deux derniers… promis !) ? Déjà, d’un nouvel univers. Toute la fine équipe se retrouve projetée dans une ville du futur, Néo-Versailles, menée par une Reine plus que capricieuse. Mais, surtout, elle parle d’une grosse déprime. En saison 3, un personnage féminin central est mort. Le Visiteur, dont la psychologie n’était pas déjà des plus joyeuses, s’en trouve endeuillé. Il n’est pas seul mais il a épargné Raph, avec qui il a coupé tout contact, de cette nouvelle. Avec une telle déflagration, François Descraques, le créateur, avait plusieurs possibilités. Soit il n’en tenait pas compte, soit il prenait cette problématique à bras le corps. Et plutôt que boire pour oublier, le Visiteur va prendre goût à la notoriété.

Le changement de la maturité ?

Il en résulte un véritable changement de ton de la série – même si je dois vous dire que les éclats de rire vont crescendo tout au long de la saison, en particulier dans le final ! – qui a peut-être déplu à certains fans. En fait, François, c’est un peu ta saison 5 de Kaamelott ? « En moins bien je pense. Je suis très fan de Kaamelott et des saison 5 et 6. Pour moi, c’est un mélange. Y a un côté saison 6 de Kaamelott avec un nouvel univers, Rome de Kaamelott, ici c’est Néo-Versailles, les différentes structures de la hiérarchie, etc. Mais en moins bien et en version cheap. »

VDF2

Photo du tournage – Les posters affichés sur les murs de Néo-Versailles

L’épisode emblématique de la saison est certainement le cinquième, l’un de ses préférés. On y découvre, lors d’une fête organisée par la Reine, une saison qui hésite, qui tâtonne, qui ne sait pas si elle doit et peut s’amuser. « C’est la saison où, à la fois, il y a les trucs les plus délirants, débiles, assez légers et en même temps les plus profonds, dark et personnels par rapport à notre aventure de l’équipe du Visiteur du Futur. » Et la bêtise des personnages de Néo-Versailles, c’est un dialogue avec ta propre adolescence ? « Pour moi, la naïveté des personnages vient surtout du fait qu’ils sont dans un monde immoral. C’est pas forcément mon adolescence, je ne me compare pas à la Reine, je serais peut-être plus du côté du peuple, fanboy, etc. C’est là d’où je viens et je le suis toujours : la preuve quand je parle d’Alexandre Astier. Si j’étais dans Néo-Versailles, je crois que je serai dans la bande à Raymond. »

A la sortie de la salle, après une séance d’une heure de questions mâtinée de sueurs (il y faisait très chaud, merci Cinéville !), les sourires se lisaient sur les lèvres. Je ne peux rien révéler mais ça me démange, croyez-moi. François Descraques ne cache pas sa joie. « Quand j’ai écrit la saison 4 il y a plus d’un an, j’écrivais pour ce moment-là. C’est la meilleure récompense qu’on puisse avoir » dit-il. On entrevoit presque l’âme d’enfant dans ses yeux.

Ah, oui, quand même. Comment ne pas terminer cet article sans poser la question fatale de la saison 5 !? « Pour l’instant, pas de saison 5 de prévue. On tourne sur un format révolutionnaire et complètement novateur qui consiste à lire des mots qui font des phrases. C’est le roman qui va être la suite prochaine du Visiteur du Futur qui s’appelle La Meute et qui sortira à partir du 15 juin sous la forme d’épisode sur Internet. C’est écrit par moi mais surtout par Slimane-Baptiste Berhoun [le comédien qui interprète Castafolte]. »

Manuel Raynaud, envoyé spécial* à Rennes.

Nos Années Pension

Petit retour sur une anecdote révélée lâchement par François Descraques. Les acteurs Sabine Perraud et Samuel Brafman qui incarnent respectivement la Reine et Octave ont déjà joué ensemble dans une série de France 2, Nos Années Pension. « On peut voir une sorte de préquelle chelou à Néo-Versailles avec la Reine et Octave en adolescents » détaille François d’un air coquin. Le reste, ça peut se trouver, notamment, dans cette vidéo (la première scène).

* : Je déconne, j’habite Rennes.

Catégories : Chronique · Comédie · Série française