france kbek, hôtel de la plage, the end of the world, woman

Series Mania : The End of the World, Woman…

Woman

Image tirée de la série japonaise Woman

Entre deux paquets de mouchoirs, j’ai pris le temps de vous écrire un nouvel article. Choper la crève en plein festival, vous comprendrez que ce n’est pas quelque chose que j’avais particulièrement anticipé. Du coup, tant qu’à faire, petit clin d’œil à ma condition de tousseur et de mouché, j’entame cette chronique par une série sur… un virus !

The End of the World

L’histoire. Série sud-coréenne. Un navire disparait au large d’une ile. Il n’y a qu’un seul survivant. Peu de temps après, un mystérieux virus, dont le taux de mortalité atteint 100%, fait irruption dans la société. Une équipe de scientifique est chargée de le comprendre et de le combattre.

Sur le sujet, ce qui m’avait dernièrement plu, c’était le film Contagion de Soderbergh. S’il n’était pas parfait, il avait réussi à me rendre paranoïaque à la sortie de la salle. Ce n’est pas du tout l’approche de cette série sud-coréenne qui, d’après les deux premiers épisodes, fonctionne plutôt en vase-clos, là où Contagion intervenait sur toute la surface du globe. C’est autant une qualité qu’un défaut en réalité. Une qualité parce que le traitement du récit et des personnages ne s’appuie pas sur des effets spectaculaires. On suit une équipe de spécialistes qui, étape par étape, reconstruit le trajet du virus pour, l’imagine-t-on, découvrir un remède. S’applique ainsi à la série une sorte de minimalisme de la méthode qui est plutôt agréable et valoriserait presque le travail scientifique. Cela offre du temps, également, à la réflexion. Mais parfois un peu trop. Son défaut, c’est qu’on tombe un peu trop régulièrement sur des scènes rallongées un peu artificiellement comme quand, pendant 30 secondes, on voit un homme mettre un CD dans un ordinateur… Enfin, certains aspects paraissent même presque amateurs comme le son qui, parfois, tombe dans les aigus. A la fois, cela apporte presque un cachet found footage qui renforcerait ce sentiment du réalisme naturel et, en même temps, cela peut tout aussi bien signifier que techniquement, tout n’est pas forcément maîtrisé.

Woman

L’histoire. Série japonaise. Une femme célibataire, Koharu, lutte pour sa survie et celle de ses deux enfants, Nozomi et Riku.

J’ignore beaucoup de choses du Japon mais, comme n’importe qui pouvant lire des choses et d’autres sur ce pays, je n’ignorais pas que socialement, son état était particulier. Woman est une série profondément engagée sur ce sujet, un peu comme une partie des séries britanniques. On suit donc cette mère dont le célibat est perçu comme une sorte d’égoïsme, à la fois pour la société et pour ses enfants qui ne profitent pas du Parfait Petit Cadre Familial. Pas pour donner raison à ce PPCF mais pour simplement montrer que ce n’est pas de l’égoïsme. En réalité, c’est un courage incroyable. C’est la force principale de la série : plonger un personnage dans des épreuves douloureuses et le voir lutter presque symboliquement contre une vision unique de la société. Cela se ressent au cours d’un dialogue où l’on aborde la question de l’instinct maternel, construction sociale assez emblématique de la situation des femmes dans nos sociétés patriarcales. « Il n’y a pas d’instinct maternel qu’on peut déclencher avec un bouton » dit Kahoru. « L’instinct maternel est quelque chose pour laquelle on doit se battre. » Cette force de conviction se retrouve pourtant contredite par une assistante sociale à qui les auteurs font dire : « Votre rôle est d’être une mère. » Ainsi, la reconstruction étape par étape de Kahoru, qu’on voit très affectée par la mort de son mari, s’inscrit dans un dialogue perpétuel avec la société japonaise. C’était tellement touchant que j’en aurai presque oublier certains choix artistiques vraiment douteux comme la présence régulière d’une musique d’ascenseur un peu ridicule.

Et sinon…

Sinon, très rapidement, j’ai découvert le premier épisode de France Kbek, nouvelle comédie d’OCS dans laquelle on suit Audrey, québécoise qui cache ses origines, en particulier parce que son boss déteste ces gens à l’accent particulier. Ça part quand même pas mal dans tous les sens mais ça ne m’a pas vraiment emballé. J’attends de voir d’autres épisodes.

Enfin, j’ai pu aussi voir le premier épisode d’Hôtel de la Plage, comédie familiale de France 2, adaptation d’un film de 1978, pour qui j’ai beaucoup de mal à me faire un avis. Je suis content de voir qu’ils n’ont pas cédé à la tentation de tout mettre dans un casting très connu mais je ne vois pas dans la série de véritable intérêt à long terme. Plus qu’une comédie, on a surtout l’impression de découvrir une énième saga d’été, avec une dimension familiale superficielle qui semble surtout être un prétexte pour montrer à quel point les corps de certains personnages sont magnifiques quand ils sont nus.

Catégories : Critique · Série du monde