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Series Mania : Nymphs, Arvingerne…

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Laurence Herszberg, directrice du Forum des Images, à la soirée d’ouverture du festival où étaient projetés les deux premiers épisodes de True Detective

Ça y est. Depuis mardi, la 5ème saison de Séries Mania est lancée. Et cette année, comme à chaque édition, le cru s’est enrichi de nouveautés et offre une jolie exposition aux séries du monde. Au total, 17 pays sont représentés et sur les 250 séries visionnées au préalable par les programmateurs, une cinquantaine peut être découverte dans les salles sombres et, pour l’instant, bien climatisées du Forum des Images. Ah, oui, c’est à Paris.

Parmi les nouveautés cette année, auto-promo oblige, je note la création d’un « Prix des Blogueurs » qui récompensera une série du monde. Auto-promo parce que je fais parti du jury aux côtés des indispensables, et par ordre alphabétique, Arnaud Chaumat, Pol Gornek, Yann Kerjan, Marianne Lévy, Lubiie, Dominique Montay, Livia Segret et Lady Teruki. Verdict au moment de la remise des différents prix, mercredi 30 avril à 20h30. Maintenant, parlons de ce que j’ai vu.

Nymph-orifique

L’histoire. Série finlandaise. Il était une fois une ado qui fait l’amour avec son copain. Mais celui-ci meurt au moment du coït. Elle ne se doute pas encore que c’est le début d’une grande aventure pour elle. En réalité, c’est une nymphe, créature de la mythologie grecque qui possède de nombreux pouvoirs. Et qui dit pouvoir dit responsabilité. L’initiation de Didi commence.

Et j’aurais préféré que non. Nymphs est une série pour ado déjà presque ringarde d’ailleurs. Il y a une raison à ça : aujourd’hui, la grande tendance qui touche les jeunes, des séries aux films en passant par les jeux vidéo, c’est la survie. Nymphs a du retard, elle a choisi le sillon de True Blood et autres Twilight, celui de la fantaisie neuneu. A l’image, tout est brillant et le directeur photo aime les spots de couleurs. Ça chatoie. Physiquement, les nymphes semblent sortir du dernier magazine pour fillette, toujours dans des robes amples et courtes, extrêmement sexuées. Dans le fond, c’est un melting-pot bancal. L’approche psychologique choisie est celle d’un certain réalisme. Quand Didi découvre qu’elle est une nymphe, c’est comme si elle faisait son propre deuil. Sauf qu’à la fois, c’est dit sans aucune subtilité par l’un des personnages et, en même temps, dès lors que ce réalisme vient embêter le récit, les auteurs s’en affranchissent, y compris sur des personnages secondaires comme le frère de Didi qui met un temps assez incroyable à se poser quelques questions. Mais la série, c’est aussi du complot avec les satyres, créatures qui pourchassent les nymphes, de l’action et de l’aventure et bien évidemment le tout saupoudré de romance. Trop d’ambition oserai-je dire. Certes, un peu ironiquement. Pour l’instant, c’est encore trop superficiel pour me convaincre de l’intérêt d’un quelconque propos des auteurs.

Arvingerne, l’héritage

L’histoire. Série danoise. La mort de Veronika Grønnegard, artiste mondiale connue, laisse derrière elle un champ de mines pour ses enfants. Le déclencheur : elle lègue finalement le manoir familial où elle travaillait à Signe qui ignorait qu’elle est sa fille.

Le problème, c’est que là, je viens légèrement de vous spoiler le premier épisode. Du coup, c’est aussi l’un des soucis de ce pilote : l’exposition n’est pas la plus efficace qui soit. Mais, bonne nouvelle, une fois les 20 premières minutes écoulées, les enjeux de l’histoire deviennent plus clairs et la série se permet même d’être particulièrement émouvante, à mi-chemin entre Xanadu et Six Feet Under. Du coup, j’ai très hâte de découvrir la suite. Pour info, la série a déjà remporté le Fipa d’or de la meilleure série et le meilleur scénario en janvier au Fipa.

Mais aussi…

J’ai également vu, en vrac, Le Dégel, une série russe qui parle du destin totalement inintéressant d’un directeur photo. La télé qui fait du cinéma en parlant de cinéma sans être capable d’insuffler un minimum d’enjeux, ce n’est pas tout à fait ma came, malgré toutes les qualités esthétiques de cette œuvre qui dit s’inspirer de Mad Men.

Enfin, j’ai découvert Le Passager, prochaine série de France 2 adaptant le roman du même nom de Jean-Christophe Grangé. Là aussi, je n’ai pas été particulièrement emballé. On y voit un duel à distance entre un psychiatre et une policière autour, au départ, d’un meurtre très étrange. Mais la dimension psychologique manque de subtilité et le travail des dialogues ressemble parfois à du mauvais doublage d’une série mauvaise série policière américaine. Je reste cependant curieux de voir la suite histoire de confirmer ou d’atténuer ce sentiment.

Catégories : Critique · Série du monde · Série française