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Replay : Resurrection, Uncle…

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Cette semaine, j’ai découvert qu’israélien n’était pas systématiquement synonyme de subtilité (Hostages), que la science-fiction et le fantastique américains sont toujours aussi maltraités (The 100 et Resurrection) et que la comédie peut-être à la fois déprimée (Uncle) ou pétillante (Lazy Company) mais que dans les deux cas, à l’anglaise ou à la française, elle déborde d’énergie créative.

Hostages (Channel 10)

Episodes vus : 10/10 (10 diffusés en Israël, 4 sur Canal+).

L’histoire. La famille Danon est prise en otages. Les ravisseurs demandent à Yael, la mère, chirurgienne devant opérer le Premier ministre, de rater l’opération. Si elle ne s’exécute pas, ses enfants y passeront.

Première série étrangère non-anglophone à être diffusée sur Canal+ depuis longtemps, issue d’un pays, Israël, particulièrement créatif en terme de séries, j’admets avoir attendu avec impatience de découvrir Hostages. Peut-être était-ce ma première erreur. En réalité, si la série parvient à faire illusion sur ses premiers épisodes, elle perd très vite le fil de ses enjeux en enchaînant les approximations et les actions ridicules. Les Danon peuvent ainsi orchestrer leur fuite puisqu’ils ont plus de liberté de converser que n’importe quel élève passant le bac. Y parviendront-ils au final ? Je vous en laisse la surprise. Mais ne cherchez pas de réponses dans sa fin : les scénaristes, en roue libre, ont oublié d’apporter une conclusion à peu près décente à ce spectacle vraiment décevant. Alors qu’on aurait pu s’attendre à ressentir la peur moite qui résulterait d’une privation de liberté – on se rappelle du fabuleux traitement de Rectify, qui montrait l’inverse – on se retrouve avec une série d’action banale qui n’offre rien de nouveau et se perd dans le tarabiscotage de ses retournement de situations à répétition. Même 24 Heures Chrono était plus plausible.

Créée par Omri Givon et Rotem Shamir. Diffusion des 10 épisodes sur Channel 10 entre le 13 octobre et le 15 décembre 2013. Elle est actuellement diffusée sur Canal+ en France.

 

Resurrection (ABC)

Episodes vus : 3/8 (3 diffusés).

L’histoire. Un petit garçon, Jacob, se réveille 32 ans après sa mort, indemne. Sa famille est sous le choc et la communauté qui l’entoure n’y croit pas. Mais ce mort-de-nouveau-vivant n’est pas seul. D’autres reviennent du royaume des ténèbres.

Okay, l’histoire fait vachement penser aux Revenants. Okay, le pull rouge de Jacob fait vachement penser à celui de Victor. Okay, ces « ressuscités » sont affamés comme les « revenants ». Okay, il y a même une histoire de barrage qui a cédé et qui a inondé toute une rivière. Hum. Et pourtant, Resurrection est très différente de sa consœur française, un peu comme si elle l’avait coupé à l’eau. Voyez-la comme une mauvaise adaptation en série d’un bouquin de Stephen King. Ça ne vous prendra pas trop longtemps, il y en a des tas, la dernière en date étant Under The Dome. Eh ben c’est la même chose : une petite communauté angoissée, un mystère qui plane au-dessus de chaque personnage, des relations humaines compliquées, le tout mixé à l’américaine avec des policiers probablement corrompus et un étranger qui veut découvrir la vérité. Tous les ingrédients sont donc là, comme l’un des nombreux pot-au-feu que nous délivre la télé américaine depuis des années. Même absence de saveur, même absence d’originalité et avec, tout de même, je dois l’admettre, une certaine sensibilité de réalisation. Mais les longs plans des Revenants révélant tout ce qui est refoulé sont déjà passés par là.

Créée par Aaron Zelman, adaptée du roman éponyme de Jason Mott. 8 épisodes composent cette saison 1. Diffusion depuis le 9 mars 2014.

 

Lazy Company (OCS)

Episodes vus : 10/10 (0 diffusés).

L’histoire. La Lazy Company est une équipe de bras cassés de l’armée américaine qui accomplit des missions dangereuses et débiles lors de la seconde guerre mondiale.

Pour être honnête, j’ai binge-watché sans aucun déplaisir cette saison 2 de Lazy Company, qui est comme la première, mais en mieux. C’est compliqué du coup de vous en parler sans gâcher votre plaisir de la découverte, qui est probablement le point fort de la série. Chaque épisode a le droit à son idée innovante, à sa vanne qui fait mouche, à sa situation loufoque. C’est de l’énergie à l’état LOL. La joie des auteurs transpire dans la réalisation, dans la musique (utilisée de manière parfois un peu trop systématique, il est vrai…), dans les personnages. Lazy Company n’est, certes, pas une comédie « CSP+ » à la HBO ; elle n’est pas un défilé indigent de guest-star cinématographique en mal de projet passionnant ; elle n’est pas non plus une suite de sketches qu’on assemblerait pour qu’on puisse appeler l’ensemble série. Mais c’est une comédie accessible pour tout public dans ce qu’il y a de plus noble : l’audace de la connerie et la douceur de l’amour avec un grand cœur. Merci !

Créée par Samuel Bodin et Alexandre Philip. 10 épisodes composent cette saison 2. Diffusion à partir du 31 mars 2014.

 

The 100 (CW)

Episodes vus : 2/13 (2 diffusés).

L’histoire. 97 ans après un désastre nucléaire qui a rendu la Terre inhabitable, les derniers humains survivent en orbite dans une station spatiale nommée L’Arche. Mais leur habitation est sur le point de rendre l’âme. Les responsables décident alors d’envoyer 100 prisonniers sur Terre pour vérifier si elle peut de nouveau accueillir la vie.

La vie mais aussi les bagarres et les petites culottes. Car il est nécessaire d’effectuer ce rappel : cette série est diffusée sur la CW, temple des jeunes urbain(e)s américains qui croient en l’incarnation de leur adolescence par des acteurs de 30 piges. En terme d’univers, The 100 embrasse une tendance qui touche pas mal les jeunes aujourd’hui, celui de la survie. On a vu le résultat avec Hunger Games : ici, c’est quasiment la même chose si ce n’est que, par manque de moyens, certains décors et effets spéciaux font peur. Et ne parlons même pas de la crédibilité de l’ensemble. Le bestiaire radioactif que l’on découvre petit à petit se situe à mi-chemin entre Avatar et Pocahontas (il faut juste rajouter une tête ou deux à chaque animal…), il ne produit donc pas l’effet auquel on aurait pu s’attendre, celui d’une véritable terreur de l’inimaginable. Du coup, on est très loin, par exemple, de ce qu’un Stalker a su nous proposer en jeu vidéo où on découvrait une zone radioactive en proie à des événements toujours plus étranges.

Créée par Jason Rothenberg, adaptée du roman éponyme de Kass Morgan. 13 épisodes prévus. Diffusée depuis le 19 mars 2014.

 

Uncle (BBC Three)

Episodes vus : 4/6 (6 diffusés).

L’histoire. Andy est au bout du rouleau mais il se lie, un peu par hasard, d’amitié avec son neveu de 12 ans, Errol.

La force d’un récit, c’est parfois de pouvoir nous transporter dans la tête d’un personnage et, en quelques secondes, y comprendre ses réactions, ses comportements, ses inquiétudes. C’est le cas de cet oncle dont on nous dresse le portrait. Uncle n’est pas tout à fait une comédie : si elle emprunte son langage vulgaire à How Not To Live Your Life, elle embarque également moins de joie que sa consœur. Le personnage principal, que l’on trouve suicidaire au début de la série, est sur la voie de la reconstruction. Le déclic ? Son neveu adolescent, lui-même affaibli et mal dans sa peau et pour qui il va endosser le rôle du grand frère presque exemplaire. Ce « presque » offre ce qu’il faut de comédie à la série mais le « exemplaire » n’est pas totalement ironique. Et au travers de ce lien qui va les unir, Andy va se remettre en question. Jusqu’ici, c’est parfois drôle, à condition d’aimer les blagues potaches mais c’est surtout touchant (et c’est aussi parce que c’est touchant… que c’est drôle !). A noter enfin que la série propose quelques chansons, l’acteur principal, Nick Helm, tout comme son personnage étant musicien.

Créée par Oliver Refson. 6 épisodes composent la saison 1. Diffusée entre le 13 janvier et le 17 février 2014. Une saison 2 est prévue.

Catégories : Comédie · Critique · Drama · Série américaine · Série anglaise · Série française · Série israélienne