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Replay : True Detective, Typique…

ReplayTrueDetectiveCette semaine, je varie les plaisirs. Je vous invite à découvrir deux polars lugubres très différents, le premier, True Detective, est américain et le second, Mammon nous vient de Norvège… mais également à vous alléger l’esprit grâce à deux productions francophones moins dramatiques, Typique, une websérie belge d’étudiants pour la première et In America, nouvelle comé-drama-die d’OCS sur un road-trip américain, pour la seconde.

 

True Detective (HBO)

Episodes vus : 2 / 3 diffusés.

L’histoire. Rust Cohle et Martin Hart découvrent en 1995 la scène d’un crime étonnant. Le crime semble si élaboré que la piste d’un tueur en série, qui se serait déjà entraîné et qui risque de frapper à nouveau, ne fait presque plus l’ombre d’un doute. En parallèle, en 2012, Rust et Martin sont interrogés par des policiers sur cette vieille affaire. Il semble qu’un nouveau rebondissement vient d’avoir lieu.

Dans la série des Whodunit, j’appelle désormais True Detective. Cette série s’inscrit dans le cadre de ce que l’on peut appeler les séries lentes. Aussi bien en terme de mise en scène, laquelle prend son temps parfois pour surligner l’absence totale de nuance dans la voix de Matthew McConaughey qui joue Rust, que dans le développement de ses personnages et de ses intrigues. Hypnotique, True Detective n’en est pas moins frustrante puisqu’il lui faut bien deux épisodes pour exposer un sujet qui n’en vaut pas plus qu’un. Si bien que narrativement, le procédé utilisé par la série face-caméra/flashback est tellement répétitif qu’on peut difficilement accorder aux auteurs la surprise de l’originalité. Heureusement qu’on a quand même envie de les voir décoller de leurs chaises et de découvrir la vérité sur ce qu’il s’est passé en 1995 et ce qu’il est en train de se passer en 2012.

Créée par Nic Pizzolatto. Diffusée depuis le 12 janvier 2014. 8 épisodes prévus.

 

Typique (Web)

Episodes vus : 24 / 24 diffusés.

L’histoire. Max, c’est un étudiant typique. Et quand t’es un étudiant typique, t’as ni envie de bosser, ni envie de passer les examens, ni envie de rester célibataire toute ta vie. C’est justement ce que vit Max et sa bande de potes qui l’entoure.

Avec un tel pitch, ça ne donne pas ultra envie de se lancer dans cette websérie belge. Et, autant vous le dire, après avoir vu la saison 1, vous n’aurez probablement pas plus envie de voir la suite (pour des raisons aussi bien techniques que de rigueur scénaristique). Voilà pourquoi vous avez tout intérêt à commencer la série dès la saison 2 qui agit surtout comme un reboot en reprenant diverses idées de la première saison et en les améliorant nettement. La force de la série, et c’est aussi ce qu’on attend du web, c’est sa créativité. Profitant forcément de l’empathie naturelle qui se dégage de personnages assez banal, Typique s’appuie ainsi, un peu à la manière de Community, à l’élaboration d’épisodes culturellement complexes qui s’inscrivent dans le déroulé narratif de la série. Si certains tombent à l’eau comme celui des zombies, d’autres devraient carrément vous étonner (en tout cas, ce fût mon cas, avec notamment une très juste parodie de Secret Story lors de l’épisode 9). A noter que la série est produite par la RTBF.

Créée par Jérôme Dernovoi, Benjamin Torrini, Lionel Delhaye et Dylan Klass. 24 épisodes (sur deux saisons) déjà diffusés. A voir sur le site de la RTBF.

 

Mammon (NRK)

Episodes vus : 6 mais seuls 5 ont été pour l’instant diffusés.

L’histoire. L’Aftenavisen est un prestigieux journal quotidien de Norvège. Peter Veras est l’un de ses journalistes. Mais en révélant un scandale financier mettant en jeu la vie de son propre frère, Peter n’a pas idée du coup de pied dans la fourmilière qu’il vient de donner. Un château de cartes semble s’effondrer. Va-t-il entraîner Peter dans sa chute ?

A l’image, Mammon est une série nordique. Norvégienne pour être tout à fait exact. L’image est grisâtre, elle tend vers les bleus ternes, les personnages n’ont jamais l’air très heureux, et les enfilades de bureaux semblent au premier abord constituer le quotidien de ses personnages. Mais pour être franc, malgré cet apanage très actuel (les séries du Nord, c’est la mode, bla bla bla), Mammon n’arrive pas à s’en extraire totalement. A mi-chemin entre State of Play et Reporters, la série ne sait pas faire oublier ces modèles sur le plan des intrigues, dont certains dénouements manquent profondément de subtilité. Dans sa globalité, la série reste plaisante – et plaira, c’est certain, aux fans inconditionnels de ces univers lugubres mâtinés de thriller journalistique/politique/financier – mais dans le détail, elle reste malheureusement encore imparfaite. Elle a en revanche, pour elle, l’audace d’assumer entièrement un récit complotiste en prenant les mesures qui s’imposent. Des mesures façon Game of Thrones, si vous voyez ce que je veux dire…

Créée par Stenberg Eriksen et Gjermund Stenberg Eriksen. 6 épisodes diffusés entre le 1er janvier et le 3 février 2014.

 

In America (OCS)

Episodes vus : 10, pas encore diffusés.

L’histoire. David et Michel, beaux-frères, se rendent à Las Vegas. Le premier, patron d’entreprise, veut sauver sa boite de la faillite en présentant un nouveau produit révolutionnaire pour la repousse des cheveux ; le second, commercial en canapés, va participer à la Sofa’s Cup, la coupe du monde de gymnastique acrobatique sur canapé. Mais David est un homme pressé et égoïste et Michel est un homme lent et naïf. La cohabitation des deux pendant le voyage est forcément explosive.

Vous avez déjà eu cette impression de ne jamais avoir pu rentrer dans un film ou dans une série ? C’était mon cas devant In America. En temps normal, la découverte d’un nouvel univers fait qu’on ajuste notre seuil de tolérance au départ en fonction de l’orientation du projet mais plusieurs éléments m’ont braqué d’entrée : l’incohérence du personnage de Michel, d’une niaiserie forcée, aussi bien dans le fait d’avoir un tel entourage familial pour un tel caractère que dans son comportement énigmatique – l’élément destructo-déclencheur dans Central Parks sort de nulle part ; chaque épisode dispose de longs plans répétitifs de voitures qui se baladent dans la rue, remplissant parfaitement le rôle du Touriste Français aux États-Unis ; l’intrigue du personnage de Zoé Duschesne ne parvient pas à s’extraire de ce que sa plastique remarquable semble scénaristiquement impliquer… et l’ambiance ni comédie (j’ai rarement ri), ni drama (le dernier épisode reste émouvant ceci dit) ne m’a guère convaincu. On ressent la volonté d’une évolution du genre tout au long de la saison puisqu’on s’attend, très classiquement, à ce que ce Michel, cet emmerdeur gaffeur devienne attendrissant. Mais, n’ayant pas cru une seconde à l’univers développé, je n’ai goûté à cette proposition qu’à de rares moments quand j’oubliais, grâce à la force d’interprétation de quelques scènes, que ses enjeux m’apparaissaient bien trop artificiels.

Créée par Vincent Primault et Hedi Tillette de Clermont Tonnerre. 10 épisodes diffusés à partir du 3 février 2014.

Catégories : Comédie · Critique · Drama · Dramédie · Série américaine · Série du monde · Série française