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Replay : Sherlock, Nowhere Boys…

ReplaySherlockAssetsBeaucoup de choses à voir et jamais suffisamment de temps pour regarder des séries. C’est indéniablement une phrase qu’il faut que je me rentre dans le crâne… Cette semaine, je vous envoie en Australie découvrir les Nowhere Boys, chez nos amis anglais pour enquêter auprès de Sherlock ou, enfin, dans le monde de l’espionnage au travers de la dernière saison d’Homeland et de la nouveauté The Assets.

Nowhere Boys – saison 1 (ABC3)

Episodes vus : 9 / 10 diffusés.

L’histoire. Felix, Andy, Sam et Jake sont quatre lycéens que tout oppose. Le premier est un gothique, le deuxième est un nerd, le troisième est le beau gosse populaire et le dernier est le sportif de la bande. Lors d’une excursion en forêt, les quatre font équipe mais un événement étrange intervient. Le lendemain, ils découvrent qu’ils vivent dans un univers parallèle où leur existence n’est plus… Quant à leurs familles respectives, elles ont bien changé.

J’aborde rarement le cas des séries jeunesses sur ce blog, la plupart du temps parce qu’elles optent pour un traitement sentimental de leur récit à peu près aussi mature que ce qu’on peut voir, par hasard, dans Salut Les Musclés. Si Nowhere Boys est bien une série jeunesse (elle cible les 10-16 ans et est diffusée à 18h30 sur la chaîne australienne ABC3), elle développe, au départ en tout cas, un intérêt auprès des plus vieux un tant soit peu intéressés par la mise en place d’un mystère façon Lost. Ceci dit, il est dommage de voir ses enjeux se détériorer au fil du temps car les thématiques, notamment de l’exclusion – sujet éternel pour les séries jeunesses ! – sont développées avec subtilité, sensibilité et réalisme.

Créée par Tony Ayres. Diffusée depuis le 7 novembre 2013. 13 épisodes prévus.

 

Homeland – saison 3 (Showtime)

Episodes vus : 12 / 12 épisodes diffusés.

L’histoire. Après l’attentat du siège de la CIA, les États-Unis sont sous le choc. Les responsabilités au sein de l’agence sont devenues le centre de toutes les attentions, en particulier autour de Claire Danes. Sa voiture ayant été utilisée pour l’attentat, étant lui-même disparu, Brody est considéré par tous comme un terroriste.

Vous savez, si vous lisez le blog, que j’ai bien du mal à épargner Homeland dans mes critiques. La saison 3 aura été à l’image de la série mais elle aura eu le mérite, à partir de la moitié de saison, de faire abstraction d’une intrigue familiale qui n’a jamais apporté rien au récit. Cet abandon est d’ailleurs symbolique pour la série puisque c’est dans ce genre d’intrigues qu’Hatufim – série ayant inspirée Homeland – tirait tout son sens. Cette saison, c’est celle où Homeland fait tomber le masque ; celle où elle admet que son héritage tient plus de 24 Heures Chrono que d’une série traitant le thème de l’intégration avec toutes les composantes que cela implique ; celle où le public a compris qu’Homeland ne parlait ni de pratique religieuse, ni de surveillance, ni de choc géopolitique. Homeland n’est désormais plus qu’une série d’action très banale où le terrorisme n’était qu’un prétexte à la mise en place d’un jeu de faux-semblant.

Créée par Howard Gordon et Alex Gansa, d’après Hatufim créée par Gideon Raff. Saison 3 diffusée entre le 29 septembre et le 15 décembre 2013. 12 épisodes.

 

Sherlock – saison 2 (BBC One)

Episodes vus : 2 / 2 épisodes diffusés.

L’histoire. La saison dernière, Sherlock s’était suicidé, cédant au chantage de Moriarty qui aurait fait tuer l’ensemble de ses proches s’il ne l’avait pas fait. Cette saison, il revient encore plus humain et plus autiste qu’auparavant.

Alors, d’abord, mettons-nous d’accord. Répétez après moi, en boucle, pendant deux heures : « Sherlock est la meilleure série policière actuelle… parce qu’on s’en fout de l’enquête policière. » C’est bien, vous avez réalisé pour l’essentiel un grand pas vers le bon goût. Et maintenant, que penser de cette saison 3 du coup ? Je risque d’étonner : il s’agit pour moi de l’une des meilleures. C’est vrai, c’est vrai, on ne dispose pas vraiment énormément d’épisodes pour dire S3 > S2 > S1 vu que l’ensemble peut être vu comme un tout. Mais je tiens tout de même à m’en expliquer brièvement. La première force de la série, c’est le personnage excentrique et génial de Sherlock ; la seconde, c’est sa relation taquine à Watson. La saison 3 appuie sur ces deux aspects comme la série ne l’a jamais fait. Pour la relation Sherlock/Watson, les auteurs ont opté cette fois-ci pour un traitement humoristique vraiment plus important qu’à l’accoutumée. Quant au personnage principal, il connait son pire moment autistique durant cette saison (épisode 2) alors même qu’il parvient à gagner en humanité. Un paradoxe qui me mène à cette conclusion : les scénaristes sont parvenus à réaliser un véritable tour de magie. Plus globalement, la série a tout de même entamé, à travers cette saison 3, un tournant. On la sent moins radicale – alors même que son personnage principal l’est encore plus -, plus drôle – okay, c’est une question de goût – et plus humaine. Une nouvelle direction qui ne plaira pas à tous.

Créée par Mark Gatiss et Steven Moffat, d’après le personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle. Diffusée depuis le 1er janvier 2014. 3 épisodes prévus.

 

The Assets – saison 1 (ABC)

Episodes vus : 2 / 2 épisodes diffusés.

L’histoire. 1985. L’année de ma naissance. Mais surtout de l’affrontement à distance entre la CIA et le KGB. La concurrence entre les deux agences est à son paroxysme et reflète l’escalade des tensions entre les États-Unis et la Russie. Une guerre nucléaire pourrait frapper à tout moment. Et la CIA doit, en plus, faire face à une crise sans précédent : une taupe a infiltré ses rangs.

La thématique de l’espionnage, relancée par Homeland, fait des petits dans le paysage audiovisuel américain. The Assets raconte justement le quotidien des agents secrets, verre de martini à la main, à une époque ou le bloc soviétique tenait encore plus ou moins debout. Visuellement, c’est plutôt propre. Ambiance tamisée, costumes fraichement hérités des années 80, brushing impeccable. Mais dis donc, c’est presque tout joli. Mieux, la taupe ressemblerait même presque à Walter White ! Et puis une fois le charme visuel opéré, on gratte un peu sous la peinture. C’est là qu’il y a un soucis. Un gros puisque tout – TOUT ! – semble factice. Des cheveux de Jodie Whittaker au jeu de l’ensemble des acteurs – on se croirait dans l’Agence tous risques -, sans compter évidemment les orientations scénaristiques du récit. Comment est-ce possible de souligner à ce point, à l’écriture et au tournage, sans aucune subtilité, le stress d’un agent double qui n’a vraiment pas envie de se faire prendre ? Au lieu de susciter le suspense, les auteurs suscitent la frustration et l’ennuie. Dommage, le générique était pas mal.

Créée par Andrew Chapman, d’après le livre Circle of Treason de Sandra Grimes et Jeanne Vertefeuille. Mini-série de 8 épisodes diffusée depuis le 2 janvier 2014.

Catégories : Critique · Série américaine · Série anglaise · Série suédoise