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Replay : Masters of Sex, Hello Ladies…

Replay-LadiesLa rentrée des séries est déjà bien entamée mais je ne vais pas vous épargner la découverte de nombreuses nouveautés. Cette semaine est également bien chargée. Entre le retour télévisuel de Michael J. Fox, l’exploration avec Atlantis de la mythologie grecque, les séries situées dans les années 60 abordant l’émancipation de la femme sous des angles différents (Masters of Sex, Breathless) ou bien encore l’irruption d’une comédie de malaise dans le catalogue d’HBO (Hello Ladies), il y a de tout pour s’amuser ou s’endormir. Surtout avec Betrayal.

The Michael J. Fox Show (NBC)

Avant l’épisode : « Hey, regardez, c’est le retour de Michael J. Fox, youhou, incroyable ! » Après l’épisode : Erm. Et entre temps… Il y a d’abord le premier choc : voir Michael J. Fox bouger dans tous les sens. C’est dérangeant, c’est étonnant, mais je ne peux m’empêcher de ressentir un malaise. Un malaise qui te fait comprendre que t’es vraiment un gros voyeur encourageant les chaînes à profiter de la notoriété d’un acteur touché par une maladie stupide.

Et puis on essaie de penser à autre chose mais rien à faire. Même au bout de deux épisodes, ce malaise est toujours présent. Car, passé les dialogues ultra-rapides menés énergiquement par une bande d’acteurs qui font tout pour se mettre au niveau des tremblements de Michael J. Fox, un deuxième choc a lieu. En forçant la normalité d’une situation qui ne l’est pas (combien de fois nous explique-t-on que l’on devrait faire abstraction de cette maladie), malgré quelques bonnes répliques qui jouent la carte de l’auto-dérision à mort, on se retrouve devant un projet qui part dans beaucoup de sens mais qui ne remplit vraiment aucun rôle : l’humour tombe à plat et l’émotion, un temps touchante, devient superficielle à la longue. Là aussi, la télévision américaine veut reproduire l’exception Modern Family. Bon, c’est pas un grand succès quoi.

Créée par Sam Laybourne et Will Gluck. 22 épisodes prévus. Diffusion depuis le 26 septembre.

Atlantis (BBC One)

Traditionnellement – sans rentrer dans le détail des moments de diffusion car il existe certaines différences – le samedi soir est une case horaire à portée familiale pour BBC One. Entre Doctor Who et Merlin par exemple, la chaîne britannique a su lui donner une couleur artistique particulière : un subtile mélange d’humour léger, de fantastique et d’aventure. Atlantis se devait donc de remplir ce contrat, d’autant que l’un des scénaristes n’est autre qu’Howard Overman, c’est-à-dire le créateur de Misfits !

Et elle le réussit… plus ou moins. Si je peux reconnaître non sans mal les atouts de ces séries, je reste généralement peu attiré par ce mélange LOL-familial, un pot-pourri que je trouve toujours un peu étrange. Transformez tous les défauts de Joséphine ange gardien en qualité et vous avez potentiellement cette recette, pour prendre un exemple bien de chez nous. Dans le cas d’Atlantis, le principe est simple : un homme, vivant dans notre monde, est à la recherche de son père. Par une pirouette scénaristique, il se retrouve propulsé sur l’île perdue d’Atlantide. Il fait alors la connaissance de personnages célèbres issus de l’antiquité grecque, entre Pythagore et Hercule (pour les premiers rencontrés). Mais malgré cette plongée dans le fantasme historique, à l’écran, on se retrouve devant une vraie série d’aventure : course poursuite, mystères, pouvoirs étranges… Le héro principal, Jason, étant une sorte d’Indiana Jones qui s’ignore. Du coup, si Atlantis se regarde sans mal, c’est surtout parce qu’on la regarde avec un œil tandis qu’avec l’autre, on [insérer ici une activité divertissante].

Créée par Johnny Capps, Julian Murphy et Howard Overman. 13 épisodes prévus. Diffusion depuis le 28 septembre.

Hello Ladies (HBO)

Avec un tel titre, on aurait pu s’attendre à une série sur un geek qui cherche à pénétrer le monde du porno ou bien à un gentleman qui cherche soudainement à se transformer en femme. Mais que nenni ! Hello Ladies, c’est la nouvelle comédie de malaise imaginée notamment par Stephen Merchant, l’acolyte préféré de Ricky Gervais, lui-même instigateur de grandes séries de malaise comme Extras ou The Office.

On y suit Stuart, grand dadet aux lunettes bien en évidence, développeur web de son état, cherchant le grand amour. Il est le proprio d’une jolie villa en Californie, dont il sous-loue une partie à une femme dans la trentaine qui n’arrive pas à percer dans le milieu audiovisuel – et qui préfère écrire une web-série en attendant. Il est enfin entouré de deux amis qui ont chacun leurs spécificités : le premier vient de se faire quitter, donc il espère pouvoir se remettre avec sa femme rapidement (oui, il est borné) ; le second est handicapé et, malgré ses blagues potaches, sait faire rire les femmes. Mais on s’intéresse avant tout à Stuart qui est d’une maladresse incroyable, et cette maladresse est exploitée à son maximum. A tel point qu’à la fin des trois premiers épisodes, la honte fictionnelle qu’on ressent pour le personnage se transforme en une réelle honte, une sorte de malaise prégnant et persistant. Mais comme on a envie de voir s’il s’améliore, on continue de regarder les épisodes. Parce que, quelque part, on aime se faire mal.

Créée par Stephen Merchant, Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky. 8 épisodes prévus. Diffusion depuis le 29 septembre.

Masters of Sex (Showtime)

Dans la catégorie des série dramatiques de chaînes câblées (et payantes dans notre cas précis), le sexe est devenu une arme. Quand Showtime s’en empare et le détourne à sa sauce, on peut être sceptique – mais quand elle arrive à le faire en singeant l’humilité, on ne sait plus quoi dire.

Certes, elle singe, mais rien que sur le papier, c’est quand même vachement cool. L’histoire ? Le docteur William Masters est un spécialiste de la réponse sexuelle du corps humain. Il engage une assistante avec qui il va révolutionner la connaissance de ce domaine à partir des années 60. C’est donc tiré d’une histoire vraie et si vous ne voulez pas découvrir la fin, je vous déconseille d’aller jeter un oeil sur la page Wikipédia qui relate les faits historiques. Ce qu’il faut en retenir, c’est que malgré son sujet, la série n’exploite pas du tout, à la manière d’un Game of Thrones, la facilité scénaristique du coït. Cependant, une fois le pilote passé, les intrigues se tassent dans les épisodes 2 et 3 ; les scénaristes ne parvenant pas à rendre passionnantes les négociations administratives qui conditionnent la mise en place de l’expérience dont William Masters en est l’instigateur. Mais montrer ces pionniers qui auront joué leur rôle dans la libération sexuelle semble, en tout cas historiquement, très pertinente. Est-ce que ça le sera scénaristiquement ? Je regarde la suite et je vous tiendrai au courant en fin de saison si c’est le cas. Après tout, je suis toujours à la recherche d’une série qui saura prendre le relai de Breaking Bad

Créée par Michelle Ashford d’après la biographie de Thomas Maier. 12 épisodes prévus. Diffusion depuis le 29 septembre.

Breathless (ITV)

Après Masters of Sex, j’ai été plus ou moins étonné de découvrir l’existence de cette série. La proximité du sujet (résumons-le à la procréation…) et de la période (années 60) faisant de ces deux séries des cousines germaines intrigantes.

Dans le cas de Breathless, il est aussi question d’expérience. Mais plutôt celle de l’illégalité. Le docteur Otto Powell est un brillant chirurgien, respecté de tous, et qui en secret pratique des avortements alors qu’ils sont interdits. La série aborde ainsi le quotidien d’un hôpital de Londres, ses médecins et ses infirmières. Un peu comme dans Mad Men, les intrigues mettent en avant en particulier les tensions qui se manifestent entre tradition et modernité au travers de l’émancipation sociale des femmes. Dans le premier épisode, alors qu’une infirmière considère le mariage comme l’aboutissement de sa vie, une autre infirmière (plus ou moins héroïne de la série…) cherche à convaincre une femme qu’elle n’a pas à se marier avec un homme qu’elle n’aime pas. Ce décryptage sociologique s’accompagne par ailleurs d’enjeux de pouvoir classiques qui animent la vie de l’hôpital. Pour être tout à fait honnête, j’ai du me reprendre à deux fois pour terminer l’épisode pilote, faute à (la fatigue) un rythme hypnotique. Malgré ce défaut gênant, ce projet reste intéressant et comme la saison 1 ne s’étalera que sur 6 épisodes, peut-être trouverez-vous, en Breathless, votre bonheur.

Créée Paul Unwin et Peter Grimsdale. 6 épisodes prévus. Diffusion depuis le 10 octobre.

Betrayal (ABC)

Je vous ai déjà dit que j’avais toujours un a priori avant de démarrer une série américaine issue d’une grande chaîne gratuite. Betrayal est dans ce cas-là. Et vous devinerez sans mal que cet a priori gagne en puissance quand il s’agit d’aborder une « histoire de famille, avec du cul, de la romance, du mystère et de la trahison« … en particulier quand il s’agit de passer ces éléments AVANT le principe même de raconter une histoire.

Vous l’avez donc compris, j’ai trouvé ce pilote de Betrayal navrant, et ce à plus d’un titre. Après avoir vu l’épisode pilote, je n’ai qu’une envie : conforter l’image que j’ai des networks US. Bon, tout n’est pas la faute de Betrayal, des tas de navets bien avant elle sont passés par là. Dans notre cas, nous suivons une jeune photographe qui, pour les besoins de remplir la case « histoire d’amour » réclamée par la chaîne, tombe amoureuse d’un autre homme que son mari. Et pour le besoin de remplir la case « trahison » du titre de la série, elle tombe amoureuse de l’homme qui va devenir l’ennemi numéro un de son mari. Évidemment, on s’attend à ce que tout le monde trahisse tout le monde – et on reste bouche-bée devant le fait que l’héroïne, photographe, se promène un peu partout avec son appareil photo, même dans le bureau de son mari. Quelle grande professionnelle ! On se serait presque cru dans un soap si cette scène n’avait pas eu lieu. Ouf ! Surtout que son idée de tomber amoureux du nouvelle homme de sa vie, elle va l’écarter pendant un temps en entendant la voix de son fils (1ère scène) puis en regardant une photo encadrée de lui (2ème scène). Re-Ouf ! Et puis patatras : elle va finir nue sur sa table de travail quand le gentil Roméo lui rend visite par surprise. Alors qu’il voulait partir. Bon, patatras ou pas patatras ? Désormais, je suis curieux : que vont-ils bien pouvoir mettre dans les épisodes suivants pour atteindre un tel niveau de futilité ? Non, je ne craquerai pas, faites-moi confiance.

Créée par David Zabel, adaptant la série hollandaise Overspel. 13 épisodes prévus. Diffusion depuis le 29 septembre.

Catégories : Critique · Série américaine · Série anglaise