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Replay : The Wrong Mans, Agents of Shield…

ReplayWrongMansJames Spader (The Blacklist), Andy Samberg (Brooklyn Nine-nine), Anna Faris (Mom), Robin Williams (The Crazy Ones) et Mathew Baynton (The Wrong Mans)

Dans la vie, deux choses peuvent créer une brèche spatio-temporelle dans votre emploi du temps. Il y a l’arrivée d’une naissance (non maman, ce n’est pas du tout un message subliminal (ps : vous ne m’en voulez pas de m’adresser à ma mère j’espère ?))… et il y a la rentrée des série, tous les ans, au mois de septembre.

Et justement, dimanche 22 septembre, le jour qui précédait la semaine la plus intensive sur ce terrain-là, j’avais un peu peur. En additionnant les nouvelles séries anglaises et américaines diffusées sur les deux dernières semaines de septembre, on pouvait perdre un peu le pied. 23 séries inédites. J’en ai déjà vu 10 mais ce fût assez éprouvant. Premier rapport de combat.

Pour le coup, je vais diviser l’ensemble des séries en plusieurs groupes de qualité équivalentes. Les premières sont celles que j’ai réussi à le plus supporter. Et plus vous descendez, plus vous accéderez à mes bonnets d’ânes…

 

Comédie, comédie, comédie !

De manière tellement étonnante (si vous êtes lecteurs réguliers, vous comprendrez que c’est ironique), ce sont trois comédies qui ressortent du lot. Dont deux qui parodient leur genre.

The Wrong Mans (BBC Two)

La première est anglaise. On y suit Phil et Sam, deux employés de bureau qui se retrouvent mêlés à un dangereux complot criminel au travers d’un concours de circonstances ridicule (et ridiculisé) à souhait.

Cela faisait longtemps qu’une comédie anglaise ne m’avait pas tapé dans l’œil comme ça – dernièrement, je retenais surtout les deux séries dramatiques Utopia et In The Flesh. La série a été imaginée par deux acteurs/scénaristes, notamment issus de la comédie anglaise Gavin & Stacey qui est une référence au Royaume-Unis (beaucoup moins pour moi). Alors, certes, le premier épisode de The Wrong Mans n’est pas exceptionnel ni à se tordre de rire mais il offre un joli dépaysement et surtout promet un buddy-show très amusant. Au final, l’envie de découvrir les épisodes suivants est particulièrement présente.

Créée par James Corden et Mathew Baynton.

 

Brooklyn Nine-nine (Fox)

L’idée de Brooklynn 99 est simple : parodier une unité de police. Fox mise beaucoup sur cette série… et pour cause : elle est prise en charge par Michael Schur, l’un des scénaristes principaux de The Office et Daniel J. Goor, qui lui a officié sur Parks & Recreation créée par le premier…

On y retrouve leurs marqueurs, des silences, des bides, une caméra flottante. Reste qu’Andy Samberg (qui avait permis à BBC Three de cartonner avec la doucement fêlée Cuckoo) va devoir proposer autre chose qu’un joli minois naïf pour me convaincre un peu plus. Mais c’est tout de même très agréable à suivre (et la fin du deuxième épisode offre un antagoniste intéressant pour la suite de la saison).

Créée par Michael Schur et Daniel J. Goor.

 

Mom (CBS)

Une mère indigne cherche à se racheter auprès de sa fille alors qu’elle refuse d’accorder le pardon à sa propre môman. De ce synopsis, on ne se doute pas qu’il se joue deux séries en soit. Ni qu’il s’en joue une seule d’ailleurs…

La première est drôle, punchy, propose des répliques efficaces. Il faut dire que les créateurs, dont Chuck Lorre (The Big Bang Theory notamment…), sont rompus à l’exercice. Le casting porte d’autant bien les qualités de cette sitcom, d’Anna Faris à Alisson Janney, c’est agréable de voir des actrices aussi compétentes dans des rôles qui, au premier abord, ne semblent pas taillés à leur mesure. Et puis il y a la seconde série, beaucoup plus subtile et insidieuse. Cette série nous explique qu’en gros, les femmes n’ont pas d’autre rôle que l’éducation des enfants et l’apprentissage de la cuisine. Forcément, c’est beaucoup moins agréable. Mais ça ne lui retire pas ses qualités humoristiques pour autant. Juste un peu.

Créée par Gemma Baker, Eddie Gorodetsky et Chuck Lorre.

 

Les seconds couteaux

Il faut bien arriver après les premiers. Et ces séries ne méritaient pas d’accéder aux plus hautes marches de ce premier classement. Raison simple : elles ne sont pas parvenues à remplir leur objectif, d’une façon ou d’une autre.

Agents of Shield (ABC)

A commencer par LA série que tout le monde attendait, LE blockbuster de la rentrée, LA production qui impose aux blogueurs comme moi d’écrire en MAJUSCULE quand il s’agit de les INTRODUIRE. Eh bah non. En deux mots : on suit une agence, le S.H.I.E.L.D., qui s’occupe des phénomènes paranormaux dans un monde où les superhéros ont fait leur coming-out.

Ce monde, c’est celui des Avengers. Dans le film sorti l’année dernière, on y voyait Hulk, Iron Man, Captain America, Thor… se battre ensemble contre un envahisseur extra-terrestre. La série prend la suite de l’histoire au sein d’une cellule gouvernementale ultra-secrète. Mais l’intérêt est très vite réduit quand on comprend que la seule qualité incontestable de Joss Whedon (créateur de Buffy, scénariste de Avengers et crédité comme co-créateur de Agents of Shield alors qu’il ne peut pas vraiment trop s’impliquer dans son écriture…), c’est-à-dire son humour, est complètement absente. A croire que les personnages mis en scène dans la série ne parviennent pas à l’inspirer. Et puis le cas « surnaturel » du premier épisode rappelle fort malheureusement un peu trop Heroes. Ils ont fait exprès ou bien ?

Créée par Jed Whedon, Joss Whedon et Maurissa Tancharoen.

 

The Blacklist (NBC)

Cette nouveauté de NBC figure aussi parmi les séries qui pourraient être bonnes mais qui ne le sont pas. L’histoire : un criminel, ancien militaire, se rend après avoir été recherché activement par le FBI. Il offre ses services et ses connaissances mais réclame une chose, discuter avec un tout nouveau profiler du FBI, Elizabeth Keen.

Avec James Spader en manipulateur criminel, The Blacklist tenait là une jolie opportunité d’inciter le grand public à découvrir une série intelligente, subtile et imprévisible. Sauf qu’elle n’est pratiquement aucun des trois. L’impression majeure qui en ressort de ce pilote, c’est de découvrir un scénario qui cherche à aller plus vite que la musique. Qui cherche à tout prix à installer une dynamique d’enquête policière qui, au-delà de son aspect un poil décalé, propose un traitement scénaristique particulièrement banal. A ceci près qu’il existe toujours l’ambiguïté du personnage de James Spader, dont on se demande s’il agit au nom du bien commun ou s’il a une idée derrière la tête… Mais ça, nous ne le découvrirons certainement pas de si tôt !

Créée par Jon Bokenkamp.

 

Sisi la famille

Derrière, on retrouve trois comédies – dont deux anglaises – qui ont abordé la question familiales sous divers angles. Et surtout sous divers angles foireux.

Trophy Wife (ABC)

Alors, comment résumer le synopsis de Trophy Wife… En gros, c’est un type, qui enchaîne les femmes, qui se marie puis divorce, qui reste en contact avec elles, et qui trouve une troisième nana, plus jeune que toutes les autres et avec des plus longues jambes que toutes les autres.

Oui, on a compris, ABC cherche à refaire le coup de Modern Family en proposant une cellule familiale recomposée à plusieurs reprises, et composée de 3 enfants (2 jumeaux de la première femme et un adopté de la deuxième femme). Pour autant, et malgré tout l’amour que je porte en Bradley Whitford qui joue le père, l’alchimie ne prend pas. Un peu à la manière de The Blacklist, les scénaristes ne prennent pas le temps pour poser les bases et les personnages de la série. Difficile d’accrocher à ce festival de singeries faiblement mises en scènes. Mais pas autant que la prochaine…

Créée par Emily Halpern et Sarah Haskins.

 

Father Figure (BBC One)

Comment dire… c’est l’histoire d’une famille anglaise, et d’un père gaffeur, et d’une mère qui boit, et d’une grand-mère insistante, et d’enfants insupportables. Euh. Voilà.

Father Figure incarne bien le problème que les sitcom de BBC One continuent de me poser. Ici, on nous présente un homme qui, à part l’amusement consistant au nettoyage d’un de ses enfants avec une lance à eau, est incapable de préparer un diner et d’imposer sa loi sous son toit. Bref, un homme sans une femme (c’était pour la blague de ne pas laisser Mom tout à fait seule… en réalité, le personnage est bien marié). Comme d’habitude pour une sitcom de BBC One, visuellement, c’est absolument dépassé – et au niveau de l’écriture également. Pas grand chose à rattraper si ce n’est l’interprétation qu’offrent certains acteurs ou bien le fait que les anglais soient totalement décomplexés dès qu’il s’agit de jeter de la nourriture sur l’ensemble de la distribution. Peut-être auraient-ils mieux fait de ne pas adapter cette série radiophonique.

Créée par Jason Byrne.

 

London Irish (Channel 4)

Quatre amis irlandais, tirés presque tout droit de Grabbers, essaient de vivre le plus paisiblement possible à Londres. Ils boivent, ils fument, ils font des conneries… En fait, ils sont un peu tarés.

Après l’excellent Dates, j’attendais London Irish avec un peu d’appréhension. Et malgré une scène excellente introduisant le pilote (et qui apparait dans le trailer ci-dessous), ainsi que quelques idées amusantes, c’est avant tout le désintérêt qui l’a emporté sur le fond. La faute probablement à des personnages d’une trop grande excentricité. A force de fournir de l’énergie, ils ont alimenté mon exaspération. Ce n’est donc pas la nouvelle The Inbetweeners que certains attendaient tant. Mais je lui laisse un peu d’espoir de proposer une ou deux intrigues intéressantes dans les épisodes suivants.

Créée par Lisa McGee.

 

Bon, ben…

« L’échec est le fondement de la réussite » disait Lao-Tseu. Cela veut donc bien dire que les séries ci-dessous ont une importance capitale dans l’écho-système des séries télé. Je préfère le préciser parce qu’en les regardant, la citation de Lao-Tseu parait tout de suite beaucoup moins évidente.

The Crazy Ones (CBS)

Attention, c’est compliqué : Simon Roberts est le boss d’une agence publicitaire importante. Il est désorganisé, distrait facilement et son comportement est imprévisible. Sa fille, Sydney Roberts, son associée, est tout l’inverse.

En théorie, la série jouit d’une grosse dose de sympathie naturelle grâce à son casting. D’un côté, Robin Williams, joue le père taré, de l’autre, Sarah Michelle Gellar, joue la future fille tarée qui va se décoincer. Entre les deux, un concours de grimaces, de chanson et de je-monte-sur-la-table-pour-qu’on-me-voit-encore mieux. Pas de sens, pas d’histoire et pas une seule situation rigolote – ce qui peut poser soucis pour une comédie.

Créée par David E. Kelley.

 

Dads (Fox)

Honnêtement, je ne sais même pas si je vais être capable d’écrire quelques lignes sur Dads tellement ce que cette sitcom propose est insignifiant. Pour faire simple, c’est deux potes qui doivent jongler entre leur vie professionnelle et leur vie privée envahie par leurs pères respectifs.

Pourtant, j’avais de grands espoirs concernant cette série puisque l’encadrement artistique et ses créateurs sont expérimentés dans la comédie. Ils avaient notamment pondu le scénario de l’amusant Ted, le film avec ce nounours potache qui parle. Mais rien n’y fait : toutes les blagues tombent à plat, les personnages sont antipathiques, les situations n’offrent rien de bien nouveau…

Créée par Alec Sulkin et Wellesley Wild.

 

Heureusement, disait Marcel Proust : « Il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs.« 

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