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L’invasion des Whodunit?

whodunnitIl fût un temps où les séries policières ressemblaient à ça ou à ça. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, depuis plusieurs mois, c’est sous une nouvelle forme qu’elles semblent s’émanciper, une forme qui semble inspirer les créateurs. Cette forme est parfois appelée le Whodunit? Ce terme est la contraction anglaise de la question : Who Done It ? qui signifie : Qui l’a fait ? Si cette question a toujours sous-tendu les épisodes des Experts, elle évoque également quelque chose que ne propose pas la série américaine, un mystère unique et consistant. C’est le point commun de Top of the Lake, Broadchurch, The Fall ou, dans un style assez différent, Rectify (j’en ai parlé ici).

Prochainement, vous allez ainsi pouvoir découvrir sur Arte Top of the Lake qui incarne le retour de Jane Campion (palme d’or en 93 pour La Leçon de Piano) à la télévision et 4 ans après avoir sorti son dernier film, Bright Star. Il s’agit d’un co-production anglaise, américaine et australienne. Le tournage s’est déroulé en Nouvelle-Zélande. Et la série va être diffusée prochainement sur Arte.

L’histoire. Le téléspectateur est plongé au cœur de Laketop, une ville de Nouvelle-Zélande entourée de montagnes. Un lac n’est pas loin. On se croirait presque dans Les Revenants à vrai dire. Robin Griffin, policière, en est d’ailleurs plus ou moins une, de revenante, car l’on comprend très vite qu’elle vient tout juste d’arriver sur place, sa ville natale, après quitté son ami vivant à Sydney. Et sa présence est précieuse puisqu’elle va enquêter sur le possible viol d’une adolescente de douze ans qui, après avoir été interrogé par ses soins, disparait comme par magie.

Si le mystère est total, le cadre est, lui, paradisiaque. La réalisation lui rend d’ailleurs tout à fait honneur. Les paysages sont magnifiques et il serait presque blasphématoire de ne pas pouvoir profiter de la série en HD tellement elle est belle. Mais il ne suffit pas à une série d’avoir des atouts visuels pour se démarquer du reste. Sur cet aspect-là, je suis un peu moins emballé, la faute à un scénario qui, malgré une issue extrêmement surprenante, a manqué de rigueur pour préserver l’intérêt que je lui vouais. A noter la performance impeccable d’Elisabeth Moss (connue notamment pour son rôle de Peggy dans Mad Men) qui interprète Robin Griffin.

Plus classique, moins poétique mais extrêmement prenante, on découvrira dans les mois qui viennent sur France 2 l’une des bombes anglaises de 2013. Tirée de la chaîne privée ITV, Broadchurch fait parti des rares chocs télévisuels de l’année. Elle est d’ailleurs considérée par la presse comme la réponse anglaise aux polars noirs que nous produisent en nombre les pays nordiques.

L’histoire. Là-aussi, Broadchuch est une petite localité. Elle est située au bord de mer. Tout le monde se connaît et tout le monde a plus ou moins quelque chose à cacher. Jusqu’au jour où un enfant de onze ans est retrouvé mort sur la plage. L’enquête est menée par Alec Hardy (David Tennant), un détective expérimenté qui vient de subir une lourde désillusion dans une précédente affaire. Il est secondé par Ellie Miller (Olivia Colman) qui est originaire du coin.

Difficile d’en dire plus car je n’aurais pas envie de vous gâcher la découverte de chaque élément. N’empêche, même si le scénario s’offre quelques libertés frustrantes – et parfois même pas du tout justifiées -, je vous mets au défi de ne pas être accro dès la fin du premier épisode. D’un côté, la perte de l’enfant est montrée sans pudeur au sein d’une famille totalement secouée ; de l’autre, l’enquête à tiroirs offre des rebondissements en pagaille. Reste un dénouement qui, à l’inverse de Top of the Lake, est largement décevant. Impossible de rentrer dans les détails sans vous dévoiler l’intrigue dans son intégralité…

Il y a aussi une autre forme du Whodunit, celle où l’on sait plus ou moins dès le départ qui est le meurtrier, un peu à la manière d’un Columbo. Tout l’intérêt du téléspectateur est donc de découvrir, petit à petit, comment la police espère résoudre l’enquête. C’est le cas de The Fall, autre série anglaise, où l’on redécouvre Gillian Anderson (Scully dans X-Files) en enquêtrice de choc. Aucune diffusion française n’est prévue pour l’instant.

L’histoire. Cette fois-ci, direction l’Irlande du Nord à Belfast. Une série de meurtres sur des jeunes femmes a eu lieu (et ont encore lieu) mais les services de polices ont été incapable de la résoudre. Entre alors en scène Stella Gibson (Gillian Anderson), commissaire de police qui passe en revue toute l’enquête de façon à découvrir si des choses ont été oubliées.

C’est probablement la série la moins forte des trois, et aussi la plus attendue. L’une de ses qualités, c’est de proposer un duel à distance inversé entre Stella Gibson, dont la personne est froide et méticuleuse, et le tueur, père de famille qui cache ses activités à la vue de tous. Il ressemble à n’importe qui, il pourrait être n’importe qui. L’opposition de ces deux caractères est intéressante mais ils ne vont pas au bout du concept ; et l’absence de réelle empathie pour l’inspectrice en chef – ainsi qu’une ou deux intrigues parallèles sans lien réel avec le fil rouge principal – viennent brouiller tout l’intérêt qu’on pourrait porter au récit.

Catégories : Critique · Série américaine · Série anglaise · Série australienne