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Breaking Bad et sa fin si proche

BB509IL EST CONSEILLE D’AVOIR VU BREAKING BAD JUSQU’À L’ÉPISODE 9 DE LA SAISON 5 POUR LIRE LA SUITE.

Lunettes au gros cadre noir, barbe d’un mois grisonnante, cheveux gras en bataille, pâleur livide… et ces yeux inquiets éblouis par la splendeur du soleil qui s’abat sur Albuquerque. C’est ainsi que Walter White, cet ancien professeur de chimie devenu dealer puis criminel international a accueilli les téléspectateurs de la chaîne américaine AMC le 11 août dernier.

L’épisode de Breaking Bad en question est le 9ème de la saison 5 qui en compte 16. Il s’agit aussi de la toute dernière ligne droite après un arrêt d’un peu moins d’un an (l’épisode 8 a été diffusé le 2 septembre 2012). Un chemin dont l’issue reste encore pleinement mystérieuse.

Money Blood

Intitulé Blood Money, cet épisode démarre de la même manière qu’avait démarré le tout premier épisode de la saison, par un flashforward. On y avait vu Walter White, quelques mois plus tard après « quelque chose », abandonné à sa propre condition, barbu et fêtant ses 52 ans. Exactement 2 ans après le tout début de la série.

Dans cet épisode, pareil. Ce même Walter White mal coiffé, toujours aussi barbu, peut-être un peu plus blanc et moins en forme que la précédente fois, sort d’une voiture – voiture qu’il avait récupéré dans le précédent flashforward et qui cache dans son coffre une arme de très gros calibre – garée près de sa maison, celle où il avait l’habitude de déjeuner en famille, paisiblement, avec Skyler et son fils. La maison est scellée, vidée et délabrée (un tag « Heisenberg » ornemente l’un des murs, ce qui sous-entend que l’affaire a fait pas mal de vagues…) mais elle ne semble pas surveillée. Il vient y chercher un petit tube de ricine, planqué derrière une prise électrique.

Arrêtons-nous en là pour les détails mais l’ambiance délétère que cette scène installe plonge le téléspectateur dans une tension lestée façon montgolfière qui n’a plus de jus pour chauffer l’air. On se rend bien compte qu’un crash est imminent mais on ne sait ni quand, ni comment… et on a une légère idée du pourquoi.

Là encore, le teaser (terme donné à la séquence qui débute un épisode), qui fait partie intégrante de l’identité de Breaking Bad, fonctionne à merveille. Et puis l’envie de connaître la suite prend le pas sur le jeu de devinettes auquel on s’y prête avec acharnement, arrêts sur images y compris (oui, j’ai comparé image par image les deux flashforward pour essayer de deviner si une grande période s’était écoulée entre eux, ou non… Eh, euh, a priori, pas trop, mais en fait, je ne sais pas).

Be The Man

La suite, c’est un Jesse détruit auquel on a droit, une Skyler qui cherche vainement à tenir la distance, un Hank sous le choc, que l’on retrouve directement après la scène de l’épisode précédent… Une enfilade d’événements qui conduisent la série et son personnage principal, Walter White, vers l’inexorable issue qui lui était promise et que son égo s’est assuré d’obtenir.

Et puis tout défile. Des premiers tests en caleçon dans le RV, des premiers mensonges à Skyler, de son premier assassinat pour non-assistance sur Jane, de sa manipulation constante sur Jesse, de sa rencontre avec Gale, de son affrontement avec Gus et, enfin, des derniers mots de Mike :

« On était très bien lotis, pauvre débile de mes deux. On avait Fring, on avait un labo, on avait tout le nécessaire, et ça tournait bien. Si vous vous étiez contenté de bosser en silence, vous vous seriez fait tout le fric qu’il vous fallait. C’était parfait, mais non. Vous avez tout fait sauter. Vous, votre orgueil et votre ego. » Il fallait qu’il soit le chef. Mais avec une balle dans la tête ou un tube de ricine dans la gorge ? Réponse le 29 septembre.

Le récit des 8 premiers épisodes de la saison 5 était celui d’un Heisenberg au sommet de son pouvoir. Il réussissait tout, récoltait beaucoup d’argent et gagnait encore en ingéniosité pour écarter le moindre problème. Les 8 prochains épisodes s’annoncent comme une nouvelle et finale étape à ce double-personnage, anciennement Walter White. Désormais, sa famille, via Hank, est devenue un frein à sa réussite. Jusqu’où ira-t-il pour simplement gagner le droit de sa méta-liberté ? Apparemment, très loin.

Audience record

J’aborde rarement la question de l’audience sur Dimension Séries (j’en ai déjà expliqué les principales raisons ici) mais je vais m’arrêter un moment sur cette thématique pour l’occasion. Breaking Bad rassemble, certes, les suffrages des critiques, populaires ou élitistes, mais elle n’est pas pour autant parvenue à concentrer une masse importante de téléspectateurs. La saison 4 réunissait en moyenne un peu moins de deux millions de téléspectateurs américains le soir de la diffusion des épisodes. On est loin des records détenus par Game of Thrones par exemple qui titille les 5 millions et encore plus loin de The Walking Dead, également sur AMC, avec plus de 10 millions de fans.

Sauf que, il y a un mais. Il se trouve que l’épisode 5.09 de Breaking Bad, diffusé dimanche dernier, a explosé le record de la série jusque-là détenu par l’épisode 5.07 qui avait réuni 2,9 millions de téléspectateurs. Dimanche dernier, donc, ce sont 5,9 millions d’aficionados qui se sont retrouvés devant leur écran de télévision. Difficile d’expliquer un tel bond mais il peut exister quelque pistes. Déjà, le caractère événementiel puisqu’il s’agit de la fin d’une série qui aura marqué profondément toute une génération de téléspectateurs. La chaîne aura évidemment dépensé pas mal d’argent pour le mettre en valeur… Mais, plus concrètement, peut-être est-ce aussi dû à la récente campagne de communication autour de la diffusion de l’ensemble de la série sur Netflix. C’est en tout cas l’hypothèse avancée dans un article de Variety.

Audience moyenne par saison (sur la base des audiences d’épisodes communiquées)

  • Saison 1 : 1,27 millions
  • Saison 2 : 1,30 millions
  • Saison 3 : 1,51 millions
  • Saison 4 : 1,86 millions
  • Saison 5 épisodes 1 à 8 : 2,58 millions
  • Saison 5 épisode 9 : 5,91 millions

Catégories : Chronique · Série américaine