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Série d’été : Under the Dome

UTDCet été, direction les cocotiers, les plages, le sable fin et les cocktails dans un bar en plein air. Oui, je vous invite à vous dépayser le pif audiovisuel en ma compagnie. Regardons sans ménagement les nouveautés qui arrivent durant ces mois chauds et moites (enfin, pluvieux surtout…), pour lesquels notre exigence pondérale est crucifiée sur l’autel du bien-être et du rosé siroté goulûment de 14h à 19h. Pour le premier volet, on se rend à Chester’s Mill, petite bourgade américaine situé dans l’État du Maine. Direction Under the Dome.

A Chester’s Mill, tout va pour le mieux : le deuxième adjoint de la ville, Jim Rennie, est campé par un Dean Norris (Hank dans Breaking Bad !) imperturbable où ses petits plaisirs de la vie consistent à se rendre au Diner du bourg pour y assurer son avenir électoral ; deux jeunes font l’amour nus dans un lit et une dispute se déclenche ; les policiers semblent faire leur travail, à savoir s’assurer qu’ils assurent l’ordre, si possible en y faisant une petite sieste dans une cellule de prison afin d’y insérer une blague qui fera rire l’audimat. Tous ces ingrédients, on les connait, on les a déjà vu, mais comme ils sont systématiquement ré-agencés différemment, avec un casting qui change, on ne s’ennuie pas complètement.

La théorie de la théorie

L’absence d’ennui est aussi du à l’un des ingrédients principaux de cette série, le Dôme. Avec un D majuscule. Du jour au lendemain, le petit train-train quotidien de Chester’s Mill – où rôde un homme qui en enterre un autre : Mystère ! – est chamboulé par le débarquement d’une gigantesque cloche qui enferme la ville et sa proche campagne. Une cloche quasi-invisible qui sépare les deux mondes et qui mesure près de 6 kilomètres de haut. Plus rien ne communique entre les univers désormais séparés, à peine les ondes radio de la station locale dont les employés parviennent à capter d’infimes signaux extérieurs.

Et derrière ce Dôme, plusieurs théories. Il y a bien évidemment la piste terroriste, rapidement évacuée. Il y a ensuite la thèse d’une expérimentation gouvernementale, balayée par quatre lignes de dialogues parfaites pour une série d’été, qui agissent comme de parfaits trolls comme seuls savent le faire les américains :

– Et si c’était le gouvernement qui a construit ce truc ?- J’en doute.
– Pourquoi ?
– Parce que ça marche.

Il y a également une piste locale qui semble liée à la corruption et à la gestion de la ville. La journaliste du coin a été alertée par une ménagère bien curieuse qui s’étonnait de voir des tas de camions bourrés de propane faire l’aller-retour dans le village ces derniers jours. Et puis il y a une dernière possibilité, peut-être plus ésotérique, révélée par les syncopes intrigantes que subissent au cours de l’épisode deux jeunes, répétant exactement la même suite de mots au cours de leur évanouissement.

Un terrain connu

Tout n’est pas rose-bonbon ceci dit. Outre l’intrigue principale, trois intrigues sont donc ainsi lancées au cours du premier épisode. Toutes, sans exceptions, montrent les faiblesses ou la noirceur des personnages mis en scènes : le petit copain de l’infirmière semble être un taré en puissance, l’adjoint de la ville a de précieuses petites affaires avec le chef de la police avec qui il ne s’entend pas complètement, l’homme qui a enterré un autre dans la toute première scène de l’épisode est un ancien militaire qui s’est reconverti dans des activités particulières, la journaliste ignore tout de la vie de son mari… Reste une potentielle histoire d’amour pure et parfaite entre une policière et un pompiers : oui, c’est clair, on est bien dans une série américaine.

D’autant que l’esprit derrière cet univers nous est familier : Stephen King, un maître dans la littérature de l’horreur et du fantastique. La série adapte l’un de ses romans, Dôme. Mais rien qu’en voyant quelques images, on se doute de la signature. On y reconnait un peu des Langoliers ou un peu de Brume (adapté au cinéma sous le titre The Mist). On aimerait plus d’horreur mais cette fois-ci, il semble plus pencher du côté du fantasque Twin Peaks que des zombies technophiles de Cellulaire.

N’empêche, on la regarde sans trop hocher du sourcil. La dose de mystère est suffisamment présente pour appâter le téléspectateur à la recherche d’une résolution sur la longueur et les manigances de certains (comme celles de Jim Rennie) semblent suffisamment ambiguës pour qu’on y prête toujours une légère attention, du coin de l’œil, au cas ou. Et puis ces allers et venues de camions, ça me rappelle bigrement Les Revenants, par ailleurs.

La notion de globalisation peut être également intéressante puisque l’extérieur ne semble pas totalement évacué du récit. On peut voir à plusieurs reprises les réactions des médias ou des gens présents de l’autre côté du Dôme pour conserver un intérêt. Le tout forme une bulle déclinant, d’une certaine manière, ce que la télé-réalité d’enfermement a pu apporter à la télévision. On verra bien si cette grille de lecture continuera d’être explorée plus tard mais le début d’Under the Dome reste pour l’instant prometteur; bien que peu surprenant (à l’exception de certains plans assez gores, dont une vache coupée en deux par le fameux Dôme…).

Under The Dome (CBS). 13 épisodes prévus. Diffusé depuis le 24 juin 2013.

Catégories : Critique · Drama · Série américaine