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Séries Mania : Et le reste…

Dernier billet consacré au festival Séries Mania qui s’est achevé dimanche dernier. J’en profite donc pour faire un petit récapitulatif des choses que j’ai pu voir mais que je n’avais pas encore abordé. Il y a de tout, de la série française, israélienne, australienne, canadienne et même argentine.

Globalement, ayant un profil plus naturellement attiré par la comédie, j’ai été un peu déçu de la sélection cette année. Mon coup de cœur va très certainement à QI (j’en dis le plus grand bien par ici) mais je n’ai pas vraiment été emballé par une série dramatique. Il faut dire que je suis aussi passé à côté de la création qui a remporté le prix du public, Don’t Wipe Your Tears Without Gloves. Et ce n’est pas faute d’avoir manqué de curiosité mais j’ai simplement manqué de temps.

Au total, j’ai pu y découvrir 14 séries (nouveautés et nouvelles saisons). C’était fatiguant mais c’était largement intéressant. A mon sens, c’est l’Australie qui est le pays dont la fiction ressort du lot. Car elle sait manier les arts délicats à la fois de la série dramatique, de la comédie douce amère et de la dramédie (j’ai parlé de Please Like Me ici).

Redfern Now (ABC1)

La télévision australienne publique a l’humilité de ses ambitions. En lançant un département dédié à la fiction aborigène, elle prenait un risque. Mais le pari semble réussi avec cette série qui raconte les allers et venues des personnages du quartier de Redfern, au centre de Sydney, où la communauté aborigène vit de nos jours (d’où le « Now »). Un quartier devenu tendance mais qui n’échappe pas à certaines difficultés sociales. Je n’ai vu que le premier épisode mais dès les premières minutes – et malgré de véritables longueurs – on sait que l’on regarde une série authentique, belle, humaine et attachante. Notamment au travers d’un casting haut en couleurs, loin des canons plastiquement parfaits des acteurs et actrices américains.

A Moody Christmas (ABC1)

C’est avec QI et Please Like Me l’une des séries que je retiendrai de cette saison 4 de Séries Mania. A Moody Christmas part d’un concept si simple que toute télévision au monde devrait avoir honte de ne pas l’avoir encore imaginé : on suit toute une famille à un stade où les enfants sont désormais des adultes, en âge d’avoir des enfants. Forcément, les moments sont rares pour qu’elle se retrouve au complet. Sauf à Noël où tout le monde fait le déplacement. A chaque épisode, cette famille fête un nouveau noël. L’ingéniosité de cette idée est de savoir faire émerger des intrigues dans un épisodes puis de créer la frustration auprès du téléspectateur qui veut ainsi savoir à tout prix ce qu’il s’est passé, un an plus tard. Il en va des petites anecdotes que l’on se raconte tous les ans aux choses plus importantes comme la création d’une histoire d’amour… entre deux membres de la famille qui se connaissent déjà. Difficile d’en dire plus si ce n’est que ce n’est ni une véritable comédie, ni un drame mais plutôt une dramédie. On rigole mais surtout on s’attache à ces personnages qui nous surprennent d’épisode en épisode.

Cherif (France 2)

Imaginez deux flics qui font équipe. Y en a un qui est cool, souriant, dragueur, charmant sûrement et qui sait enfreindre les règles quand il le faut. Y en a un autre (ou plutôt UNE autre), stricte, sévère avec les prévenus, assez lugubre et respectant autant l’ordre que le code de la police. Cherif, c’est ça, une sortie de série policière matinée de comédie, un buddy-show (comme on les appelle aux Etats-Unis) où le duo de personnages qui porte la série sur ses épaules s’envoie gentiment des vannes. Reste que si l’actrice parvient à tenir le cap, il en est bien autrement concernant le protagoniste masculin qui, à chaque nouvelle réplique, semble réciter un dialogue comme l’on récite un cours de géographie. Abdelhafid Metalsi, c’est son nom, a pourtant remporté le prix de la meilleure interprétation masculine pour une série française à Séries Mania. Et ça, ça me fait un peu peur…

Dos Au Mur (Chérie 25)

On l’attendait et on n’a pas été déçu. Chérie 25 proposait deux épisodes (l’épisode 1 et l’épisode 11) de sa prochaine nouvelle série et qui est, entre parenthèses, la première véritable grosse production fiction de la TNT. Le principe est simple : on suit une ou plusieurs gardes à vue au travers des yeux notamment d’une personne, Inès Barma (jouée par Anne Caillon, qui a remporté le prix de la meilleure interprétation dans une série française à Séries Mania, ce qui est largement contestable), le capitaine du commissariat dans lequel on est plongé. Elle est au bord de la crise de nerfs, elle en fait des tonnes, les scénaristes en font des tonnes, certains acteurs en font VRAIMENT des tonnes, mais c’est à peu près mieux que tout ce que la TNT française a su produire depuis le 31 mars 2005. C’est certainement là le fait le plus marquant que cette série révèle.

Lise Schreiber, Florence Denou, Anne Caillon et François-David Cardonnel

Un Village Français (France 3)

Il va être compliqué d’ajouter quelque chose d’intéressant à une série que le public connait déjà. D’autant que je ne la suis que de temps à autres, lorsqu’elle tombe sur mon chemin. Et pourtant, je n’ai pas trop ressenti l’effet du train pris en cours de route. C’est là toute la force d’Un Village Français : une écriture très efficace qui peut récupérer n’importe quel téléspectateur peu assidu, des acteurs qui connaissent parfaitement leurs personnages et une histoire dont on sent l’issue s’approcher à toute vitesse (il faut dire que les manuels d’Histoire nous ont un peu gâché la fin…).

Combatientes (TV Publica)

Honnêtement, il m’est assez difficile de parler de cette série tant je n’ai pas compris grand chose. Je croyais que Combatientes allait parler de la guerre des Malouines mais au final, elle semble plus se concentrer sur des histoires à l’eau de rose qu’à des enjeux dramatiques véritablement puissants. Le site de la chaîne publique argentine a mis en ligne les 13 épisodes de 26 minutes de cette série. Si vous parlez l’espagnol, je vous laisse seul juge. Sinon, euh, bah, vous ne loupez pas grand chose…

Unité 9 (Radio-Canada)

C’est l’un des événements canadien de la saison. Unité 9 bat tous les records et pour cause, c’est une véritable petite claque sur le museau de nos chaînes françaises. On y suit l’unité 9, une des maisons collectives constituant une partie d’une prison communautaire pour femmes existant au Canada et inspirées des pays du Nord. Outre l’aspect ludique dans l’apprentissage des règles de cet univers, Unité 9 propose une véritable plongée dans un monde censé remettre les criminels sur le droit chemin. Un chemin semé de nombreuses embûches… et de nombreuses raisons d’y revenir, épisode après épisode.

Ananda (Hot)

J’ignore s’il est malin de ma part de s’exprimer au sujet d’une série dont je n’ai vu qu’une quinzaine de minutes (bah oui, je n’avais pas envie de louper la conférence sur les secrets de fabrication des Revenants !) mais tant pis, je vais quand même le faire. Donc l’histoire, c’est une nana qui se retrouve en Inde, lâchée par son petit ami, isolée dans une campagne qu’elle ne connaît pas. Il me faudrait beaucoup plus d’arguments à l’image pour me donner envie de voir la suite tant le personnage principal semble d’une passivité décontenancée. Alors, on pourrait croire que les auteurs s’en amusent mais même pas : aucune situation drôle n’est créée durant ces 15 premières minutes qui m’ont donné l’impression de durer une heure.

6 Dollars Per Hour (Channel 1)

A la lecture de son synopsis, j’attendais avec impatience de découvrir cette série. Et là, patatras. Pourtant, le sujet social était intéressant : on y suit le quotidien de femmes de ménages qui apprennent avec stupéfaction qu’elles vont être licenciées. Sauf que cette information n’intervient qu’au bout des 30 premières minutes, lesquelles sont constituées de scènes généralement peu concernantes. Et le pire, c’est que le tout est filmé dans une espèce de lenteur qui peut vous assoupir en quelques minutes. Pas de peps (c’est le mot à la mode), pas d’humour, pas de recul sur le sujet mais toute l’horreur quotidienne du quotidien.

 

Et voilà, Séries Mania saison 4, c’est terminé pour moi. Le public était en tout cas au rendez-vous. Près de 15 000 téléspectateurs ont fait le déplacement au Forum des Images à Paris durant cette semaine dédiée à nos écrans de télévision, soit une hausse de 25% par rapport à l’édition précédente. Un vrai succès qui sera naturellement renouvelé l’année prochaine, du 22 au 30 avril 2014 (soit 2 jours supplémentaires). Et naturellement, j’y serai !

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