bbc three, bluestone 42, broadchurch, itv, lightfields, replay, the crash

Replay. Broadchurch, The Crash…

Le replay du jour s’avère 100% british. Il faut dire que nos amis les anglais ont une sacrée production de créations originales. J’ai compté pour le mois de mars 10 nouvelles séries en provenance directe du Royaume-Uni et, si l’on remonte jusqu’au début de l’année, le chiffre grimpe à 26 ! Cette fois-ci, on s’arrête sur deux séries de BBC Three (le France 4 anglais), à savoir Bluestone 42 et The Crash, et deux séries d’ITV (le TF1 anglais) que sont Lightfields et Broadchurch.

Bluestone 42 (BBC Three)

La comédie militaire est-il un genre qui revient à la mode ? Après la Lazy Company d’OCS et le Gary Tank Commander qui a eu les honneurs de BBC Scotland, c’est au tour de BBC Three de se lancer dans le genre avec Bluestone 42. Sa naissance a d’ailleurs été chahutée puisque le créateur de Gary Tank Commander (le court-métrage ayant donné naissance à la série a été primé aux Bafta Scotland) a accusé la BBC de reproduire à l’identique sa propre série. Ceci dit, la comparaison s’avère au final assez fortuite : seul le cadre, l’Afghanistan, est identique.

Bluestone 42, qui raconte l’histoire totalement décalée d’un groupe de démineurs anglais (il y a également des écossais dont l’accent est vilement moqué) basé en Afghanistan, est imaginée par deux scénaristes, James Cary et Richard Hurst, qui se sont rencontrés lors de l’écriture de Miranda, autre comédie anglaise. Leurs aventures sont bousculées lorsqu’ils accueillent dans leur rang un prêtre féminin, venu remplacer le précédent « padre ». En ces jours de célébration du genre féminin, cette série pourrait tomber à pic. BBC Three est une chaîne où la provocation et l’innovation sont ses maîtres mots – en tout cas, ils l’ont été… Sauf que son pilote reste globalement décevant. Son problème principal, c’est de lui donner une consistance narrative. On sent les scénaristes tenir des idées de personnages mais pas des personnages, des idées d’intrigues mais pas de véritables intrigues. Si l’ambiance « cours de récréation et station balnéaire » sur le champ de bataille est plaisante au départ, elle ne fait pas illusion bien longtemps.

Créée par James Cary et Richard Hurst. Diffusée depuis le 5 mars. 8 épisodes prévus.

 

Lightfields (ITV)

Cette nouvelle série participe d’un mouvement plutôt récent, celui de remettre le « genre » (en l’occurrence, il s’agit de l’horreur) au goût des séries modernes. On avait senti ce frémissement, très vite éventé, à l’occasion d’Harper’s Island notamment. Et depuis, c’est un déferlement. On citera notamment American Horror Story qui fait son petit bonhomme de chemin et récolte une base critique solide pour la saison 2. Mais Lightfields est en réalité une suite. Ou plutôt une suite spirituelle car elle reprend le principe de base de Marchlands, efficace mini-série diffusée en 2011 sur la même chaîne (qui elle-même était basée sur The Oaks, un projet avorté de série américaine).

Et ce principe, alors ? On découvre trois familles à trois époques différentes (1944, 1975 et 2012). Ce qui les unit, c’est de vivre dans la même demeure. Ici, il s’agit de Lightfields, une ferme modeste située en bordure d’un village qui l’est tout autant. Et très vite, les évènements de 1944 vont avoir des conséquences sur une mère et sa fille en 1975 et sur une famille plus nombreuse en 2012. Tout comme avec Broadchurch (voir plus bas), l’image est soignée, la mise en scène plutôt subtile – sauf quand elle se lance dans les mécanismes horrifiques. Heureusement, elle ne s’appuie qu’exclusivement sur la B.O. pour les retranscrire. Au final, Lightfields promet la découverte d’un mystère sous trois angles différents. Le dépaysement visuel est garanti, mais scénaristiquement, si elle propose des personnages très vite attachants, elle a encore tout à prouver.

Créée par Simon Tyrrell. Diffusée depuis le 27 février. 5 épisodes prévus.

 

The Crash (BBC Three)

Parfois, le scénariste (enfoui très très profondément dans mon cerveau) que je fantasme d’être lorsque je prends ma douche, a la terrible envide d’écrire une série sur les conséquences d’un accident de voiture. Et plutôt que de suivre la famille de la victime, on y suivrait le coupable. Dans The Crash, ce n’est pas du tout le même topo – oui, il faut bien trouver des introductions qui vont vous passionner… et ma vie est un sujet d’un grand intérêt – mais ça reprend le principe initial : le « Crash » (un accident), inspiré d’ailleurs d’une histoire réelle.

Il s’agit d’une mini-série en deux épisodes dont je n’ai vu que le premier. Le second a été diffusé hier soir mais mon ami anglais a du retard pour m’envoyer la cassette. Les bons points, d’abord, c’est de montrer une autre version du jeune anglais partant faire ses études. Certes, il est extrêmement américanisé, il rêve de la fac, il porte des robes pour aller au bal et il se voit mettre une bague au doigt lors d’une scène d’une extrême (et touchante !) mièvrerie mais il se permet de détonner avec l’ado systématiquement drogué, alcoolique et sans repères de Skins. The Crash ne met pas non plus de gants lorsqu’il s’agit de montrer la scène de l’accident. On se croirait dans une efficace publicité pour la sécurité routière. Cependant, la mise en place des enjeux ratés – et c’est là le gros point noir – car au lieu de se concentrer sur l’après, on se concentre sur l’avant. Pourquoi ce serait raté ? A cause des premières scènes de l’épisode qui nous plongent directement sur le lieu de l’incident. On s’attend (du moins, c’est le cas du scénariste qui sommeille lourdement en moi) à voir les conséquences de l’accident mais, au lieu de cela, on lui découvre, pendant l’intégralité de l’épisode, des circonstances assez peu passionnantes n’apportant rien, ni aux personnages, ni à l’histoire. A l’exception d’un léger problème de cohérence qui, je l’espère, trouvera une réponse lors du dernier épisode : pourquoi diable quatre voitures sont impliquées dans les premières scènes montrées de l’accident alors qu’on en voit plus que deux à la fin ?

Créée par Terry Cafolla. Diffusion des deux épisodes les 5 et 12 mars.

Broadchurch (ITV)

J’y allais plutôt à contrecœur mais, au final, c’est cette série que je retiendrai de cette session anglaise. Tout démarre plutôt lentement, dans une petite ville fictionnelle côtière du sud de l’Angleterre nommée Broadchurch. Tout le monde s’y connait et tout le monde semble s’y aimer. Mais la mort d’un garçon promet de tout chambarder.

La série est imaginée par Chris Chibnall qui a déjà œuvré pour Torchwood et Doctor Who. Il a aussi créé Camelot mais, pour son bien, on évitera de s’en rappeler. La force de la série, qui s’appuie sur deux acteurs très connus outre-Manche (David Tennant d’un côté, ex-Doctor Who, et Olivia Colman, vue dans Twenty Twelve), est de jouer sur la corde sensible. L’empathie est profonde pour cette famille qui découvre du jour au lendemain la mort de leur enfant – et très vite, les vérités cachées semblent se contrarier, crispant l’atmosphère comme il le faut dans tout bon polar qui se respecte (et que je n’ai pas pour habitude d’aimer énormément). L’image est saisissante de beauté (malgré les horribles « BROADCHURCH » qui apparaissent en ouverture et en fin de publicité) et met en valeur un cadre à la fois idyllique et quasi cauchemardesque. L’ambiance tient bon et je n’ai pas vu d’erreurs grossières comme dans The Crash. En quatre mots : je vous la conseille !

Créée par Chris Chibnall. Diffusée depuis le 4 mars. 8 épisodes prévus.

Catégories : Comédie · Critique · Drama · Série anglaise