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Replay. The Americans, House of Cards…

Eh oui, encore un Replay. Il faut dire que le nombre de nouvelles séries lancées en ce début d’année 2013 est assez important. Du coup, je vais certainement en écrire un ou deux autres d’ici les semaines prochaines. Aujourd’hui, je m’arrête un instant sur l’éclaboussante My Mad Fat Diary, la complotiste Zero Hour, l’irresponsable Legit, la discrète The Americains et la démonstrative House of Cards.

 

My Mad Fat Diary (E4)

E4, la chaîne qui a lancé Skins, est à l’origine de cette nouvelle série, diffusée depuis mi-janvier. J’ai souvent quelques soucis avec cette chaîne car si elle peut proposer des séries très authentiques au départ, elles ont tendance à perdre de leur souffle au fil des épisodes (et surtout des saisons). Misfits en est un exemple criant.

Dans le cas de My Mad Fat Diary, on n’en est encore qu’au début. Et de ce point de vue, la série ne tranche pas avec ce que la chaîne propose habituellement. Ici, il s’agit de l’adaptation d’un bouquin à succès. Il raconte l’histoire d’une adolescente dans les années 90 (le bouquin la place dans les années 80) qui a la particularité d’être obèse. S’en suit une longue marche vers la reconstruction de sa confiance et de l’estime de soi. Il faut donner une chance à ce Mad Fat Diary, un peu repoussant au départ, pour finir par être finalement touché. J’ai vu dans cette Rae, le personne principal, un peu de ma propre adolescence, des moments embarrassants et de la tendresse que l’on recherche dans cette phase généralement associée aux changements gênants.

Écrite par Tom Bidwell, adaptant le roman de Rae Earl. Diffusée depuis le 14 janvier. 6 épisodes prévus.

 

Zero Hour (ABC)

Une nouvelle série par le créateur de Prison Break ? Je dois bien dire que cette phrase ne me fait ni chaud ni froid. Si j’avais aimé le concept un peu osé de cette série carcérale, elle m’avait lassé en aussi peu de temps qu’il ne lui avait fallu pour me conquérir. Mais à l’époque, je regardais encore peu de séries et je n’avais pas véritablement exercé mon oeil de sériephile.

Ici, il nous revient avec une nouvelle série à concept. L’idée est très particulière puisqu’elle mélange fin du monde et secrets enfouis par une société secrète de l’Église. En gros, dans les années 39-45, 12 nouveaux apôtres ont empêché les Nazis de déclencher l’apocalypse en cachant des trucs aux quatre coins du monde. En 2013, cette histoire refait surface et menace à nouveau le monde. Si au début, j’avais presque ressenti de l’indulgence à l’égard de cette série de la même façon que je regarde, avec bienveillance, la cheap et fantastique The Lost Room, Zero Hour m’a finalement perdu bien rapidement quand j’ai compris que le récit serait un faux mélange de feuilletonnant et de stand-alone comme les chaînes américaines essaient d’en reproduire la recette supposée magique ces temps-ci (The Following, dernièrement). Elle fait en plus l’impasse sur sa cohérence quand le récit perd lourdement en plausibilité (je ne m’attends pas à du réalisme dans une telle série mais simplement à une quelconque harmonie à laquelle je pourrais me raccrocher…). Pourquoi le grand méchant a eu si peu de mal à retrouver trace de la femme kidnappée mais n’est pas venu directement à son domicile pour récupérer ce qu’il cherchait ? Cette question est entourée d’une tonne d’autres qui me font dire que Zero Hour n’est qu’un nanar approximatif de plus dans la longue lignée des séries bancales voulant manger à tous les rateliers, en projetant leurs héros en Hongrie, en Allemagne ou en Russie. Dommage car, pour une fois, visuellement, les effets spéciaux n’étaient pas entièrement ratés. Ah oui, le premier épisode est réalisé par Pierre Morel à qui l’on doit la réalisation de Taken ou de From Paris With Love.

Créée par Lorenzo di Bonaventura, Paul Scheuring et Dan McDermott. Diffusée depuis le 14 février. 13 épisodes prévus.

 

Legit (FX)

Je ne connaissais pas Jim Jefferies, cet acteur australien de stand-up. C’est lui qui a créé Legit. J’entame cette critique en pointant son nom car c’est aussi le principe de la série : il se met lui-même en scène. Mais il ne nous propose pas une télé-réalité morbide dans laquelle nous pourrions découvrir les détails intimes de sa vie d’humoriste. Dans Legit, il reproduit, parfois avec brio, ce qu’a réalisé Louis C.K. avec la série Louie. Soit deux séries imaginées par des comédiens de stand-up diffusées sur la même chaîne.

Et je suis bien malheureux de ne pas l’avoir connu auparavant. J’ai déjà relevé par ici que, presque systématiquement, je me pavanais devant les séries imaginées par des comédiens de stand-up. Celle-ci n’y échappe pas même si elle développe d’autres aspects moins humoristique de la chose. En l’occurrence, on nage en plein Intouchables – mais j’ai trouvé le traitement de cette idée, ici, bien plus touchante que dans le film français. Jim, donc, le personnage principal, est ami avec Steve dont le frère, Billy, est paralysé de la tête aux pieds. Il va finir par se prendre d’affection pour lui et l’aider à profiter du temps qu’il lui reste à vivre. Cela occasionne de très beaux moments magnifiquement écrits comme dans l’épisode 2 lorsque Jim s’en veut d’offrir à Billy des moments de rêve, considérant que rêver engendre d’autres rêves et de plus grandes frustrations, en particulier pour un jeune homme touché par une dystrophie musculaire. FX, le diffuseur, continue de me surprendre sur le terrain des comédies…

Créée par Jim Jefferies et Peter O’Fallon. Diffusée depuis le 17 janvier. 13 épisodes prévus.

 

The Americans (FX)

… Ce qui n’est pas forcément le cas des séries dramatiques. The Americans est pourtant un programme qui compte pour la chaîne. Le président de la chaîne himself, John Landgraf, explique un peu partout à quel point cette série est bonne. Il est d’ailleurs assez rare qu’un tel exécutif d’une chaîne américaine prenne le risque d’exposer (et de s’exposer) à ce point. Le monde de la télévision est sans pitié et la difficulté qu’ont les diffuseurs à trouver chaussures aux pieds des téléspectateurs a plutôt tendance à les rendre frileux sur le terrain de la communication.

Trêve de digression, de quoi parle The Americans ? On nage dans les années 80 en pleine guerre froide. Ronald Reagan est au pouvoir et les deux blocs s’affrontent dans une guerre de l’information. Ces « Americans« , ce sont en réalité deux agents russes vivants sur le sol américain. Ils ont tout de l’apparence d’une famille modèle, ils ont deux enfants qui ignorent tout de leur véritable occupation mais ils travaillent en réalité pour le KGB. La principale difficulté de la série, c’est d’être divisée en deux. D’un côté, il y a les intrigues d’espionnage. Elles sont plutôt haletantes et elles n’hésitent pas à se différencier des séries du genre où espion rime avec équipe parée de milliers d’outils informatiques pour mettre en œuvre leurs missions. On n’est donc pas dans Mission Impossible mais pourtant, elle en emprunte certains de ses traits les plus intéressants comme le fait de changer d’apparence à l’aide de masques ou de pastiches pour ne pas être reconnu. Sauf qu’il n’y a pas que ça dans The Americans. Toute une partie des épisodes se concentre sur les intrigues familiales, non seulement prévisibles mais pas empathiques pour un sou. On imagine très bien le département fiction de FX indiquer à ses auteurs « Il faudrait ajouter un côté ‘quotidien’ et ‘familial’ à la série pour toucher un public plus large« . Du coup, à l’authenticité première de la série (notamment le fait que les deux agents ont du s’accoupler de force) s’ajoute une couche artificielle très dispensable. D’autant que les intrigues d’espionnage ne sont pas sans défauts. A commencer par les réactions incohérentes – et peu subtilement amenées – du nouveau voisin de ces Americans, un agent du FBI bien intrigué par cette famille parfaite. La confrontation est bien utile pour amener un peu de tension – mais on voit l’astuce scénaristique à des milliers de kilomètres (et puis reproduire ce qu’a fait Weeds des années après n’est pas forcément l’idée la plus grandiose…).

Créée par Joe Weisberg. Diffusée depuis le 30 janvier. 13 épisodes prévus.

 

House of Cards (Netflix)

Après avoir vu son pilote, je reste pour l’instant sceptique. Sceptique mais curieux. Pour ceux qui ont loupé un train, petit récapitulatif de cette nouvelle série politique : elle est réalisé par David Fincher, elle est diffusée par Netflix, elle met en scène dans son rôle principal Kevin Spacey et il s’agit d’un remake d’une série anglaise diffusée en 1990.

Je disais donc sceptique. Pourtant, elle a beaucoup de choses pour me plaire. D’abord, la narration. Kevin Spacey s’adresse à des moments clés directement à la caméra. Si ça n’en fait pas une révolution, ce tic narratif, certes un peu grossier, me semble parfaitement adapté à une série. Le ton global est également noir et cynique ce qui n’est pas pour me déplaire – même si ça devient de nos jours un peu trop systématique pour que ça me fasse le même effet que le premier épisode de Dexter. L’histoire raconte une vengeance, celle d’un chef de parti politique promis au poste de Secretery of States (le ministre des Affaires étrangères américain, et grosso-modo le numéro 1 du gouvernement) et qui se voit piquer le poste. La série se veut politiquement méticuleuse et précise jusqu’à susciter l’intérêt des journalistes et des membres du congrès américain. Pourtant, la fin de son pilote m’a laissé avec un peu d’amertume : j’ai trouvé que Fincher avait filmé l’ensemble avec un éléphant sur la tête, enveloppant l’épisode d’une chape de sérieux inimaginable. Du coup, quand ce qui nous est présenté au travers de sa mise en scène comme un coup de génie en fin d’épisode, je n’ai pu m’empêcher de grincer des dents. Une fuite dans la presse, il n’y a rien de plus banal dans le monde politique. Et c’est justement ce « banal » que n’a pas su saisir la réalisation de Fincher. Bref, je m’en vais regarder la suite, sans hâte.

Développée par Beau Willimon, adaptant la série anglaise imaginée par Andrew Davies et Michael Dobbs. La saison 1 de 13 épisodes a été mise en ligne dans son intégralité le 1er février. Une saison 2 de 13 épisodes est prévue.

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