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Retour très musclé de The Walking Dead

ATTENTION : IL EST CONSEILLE D’AVOIR VU LES DEUX PREMIERES SAISONS ET LE PREMIER EPISODE DE LA SAISON 3 DE THE WALKING DEAD.

Je me rappelle encore, c’était il y a plus de deux ans maintenant. J’expliquais un peu partout à quel point j’étais excité de découvrir la nouvelle série d’AMC qui allait parler de zombies, The Walking Dead. Déjà parce qu’elle adaptait le célèbre comic book du même nom de Robert Kirkman, ensuite parce qu’elle était hébergée par la chaîne responsable de Mad Men et de Breaking Bad, et enfin parce qu’elle était le fruit d’un esprit torturé en la personne de Frank Darabont qui m’avait notamment soufflé avec The Mist (et son fameux double-cliffhanger de fin).

Et puis j’ai vu le résultat.

Coquille vide ?

Pour être tout à fait franc, si je trouvais la série globalement assez banale – voire même très bancale sur la gestion des intrigues -, ne développant pas beaucoup d’empathie pour ses personnages, j’ai toujours eu un attachement presque sensoriel ou, tout du moins, absolument pas logique ni rationnel. J’aime les mondes déchirés. J’aime voir le système à l’envers. J’aime que les codes soient renversés. J’aime les rues désertes. J’aime découvrir l’intérieur poussiéreux des maisons, en stase après un cataclysme. J’aime la petite fleur poussant au milieu des déchets dans Wall-E. J’aime le principe de la reconstruction.

Le problème, c’est que les deux premières saisons (à l’exception de la fin de la saison 2) de The Walking Dead ne proposaient rien de nouveau dans un monde qui, pourtant, l’était. On avait même l’impression que certains épisodes déclinaient les mêmes mauvaises recettes des séries de networks, où, pour combler du volume horaire, il fallait inventer une intrigue déconnectée de tout le reste afin d’assumer, aussi, le budget décors afférant à la série. Si la coquille et l’emballage de The Walking Dead était peaufiné et magnifique, ce n’était pas à l’image de son contenu.

Une nouvelle saison prometteuse

J’abordais donc le retour de la saison 3 de cette série avec pas mal de méfiance mais surtout une promesse, réalisée en fin de saison 2 : désormais, plus question de bavarder, Rick est le chef. « Ce n’est plus une démocratie » avait-il clamé alors. Les événements de la ferme avaient aussi permis de mettre un point final à cette bonne idée mal exploitée du conflit entre les deux personnages principaux du départ.

Bref, c’était un renouveau et une nouvelle dynamique qui s’offrait à moi. Mission réussie à en juger par ce premier épisode. C’est d’autant plus intéressant pour moi que, dans ma lecture du comic book, je m’en étais arrêté là. L’équipe allait s’installer dans la prison, lieu de tous les fantasmes où l’on m’a fait comprendre, grosso-merdo, « qu’il se passe des trucs de oufs« .

On retrouve nos personnages quelques mois après la fin de la saison 2. Ils ont gagné en aisance et en connaissance du milieu hostile dans lequel ils évoluent. Lorie ne geigne plus comme avant – quand elle devait masquer le fait qu’elle avait vécu une liaison avec Shane. Enceinte jusqu’au cou, devenant en même temps une charge pour toute la troupe, elle a assimilé la fêlure relationnelle très nette qui la sépare désormais de Rick. Ce dernier est d’autant plus éloigné d’elle qu’il est devenu un chef respecté dont on ne conteste plus l’autorité. Tout le monde s’organise autour de lui, comme un ballet parfaitement minuté.

Le piège d’une prison à ciel ouvert

Mais en s’attaquant à la prison – lieu prometteur pour sa survie car elle peut fournir nourriture, armes et surtout des murs à l’épreuve des crocs – le groupe se montre peut-être un peu trop gourmand. La dernière partie de l’épisode lance durablement la saison en mettant la vie d’un des leurs entre les mains de Rick, tandis qu’ils découvrent a priori des prisonniers survivants.

Comment le contact va s’opérer ? Est-ce que ça va créer des tensions ? Est-ce que la prison sera, paradoxalement, une opportunité qui va les libérer ? Ou bien est-ce qu’ils ne risquent pas, justement, de s’engager dans un cercle vicieux ? On le découvrira, je l’espère, dans le reste de la saison. Mais cette fois ci, ils vont devoir s’opposer durablement à des personnes – ce que l’on découvre dans la dernière image de cet épisode – qui ont bien compris, depuis longtemps, que c’est la loi du plus fort qui régit tout le reste.

Enfin, par ailleurs, on découvre un peu plus en détails le nouveau personnage de la série, Michonne, qui sabre les zombies en toute volupté. Pour l’instant, cet épisode se contentait d’exposer assez succinctement la relation qu’elle entretient avec Andrea. Difficile de se prononcer.

De manière surprenante, le retour de The Walking Dead a été pour moi une expérience très divertissante. Alors que j’avais en tête les bâillements provoqués devant les premières saisons, cet épisode est passé comme une lettre à la poste. On n’échappe pas aux approximations qui définiraient presque la série – la gestion du stock de munition est à peu près aussi logique que dans 24 – car on sait désormais que l’on a à faire à une série de pur divertissement, très éloignées des ambitions de ses sœurs diffusées par AMC.

Le carton d’audience

L’une des particularités de The Walking Dead, c’est d’être un immense succès public aux Etats-Unis. Et cette réussite s’est également confirmée au retour de la série. Tenez-vous bien, près de 11 millions de téléspectateurs ont regardé, dimanche 14 octobre, la première diffusion de cet épisode (et le chiffre montait à 15 millions avec les rediffusions le soir-même).

Elle devient la série du câble gratuit – l’équivalent d’un bouquet ADSL en gros – la plus vue de son histoire. Et elle n’est pas loin d’atteindre le record tenu par HBO (chaîne payante) et les 13 millions de téléspectateurs devant le début de la saison 4 des Soprano.

Ce record est d’autant plus impressionnant qu’il ne comptabilise pas les abonnés du câblo-opérateur Dish Network (plus de 14 millions d’abonnés) qui, pour une affaire tout à fait différente, ne diffuse plus la chaîne AMC depuis la fin du mois de juin.

Catégories : Critique · Drama · Série américaine