Replay. Elementary, Last Resort, 666 Park Avenue…

Cette semaine, je ne vais quasiment parler que de séries qui se laissent paisiblement regarder, près d’un feu de cheminée, sans apporter trop d’attention. Il y a l’élémentaire Elementary, la mystérieuse 666 Park Avenue, la nucléaire Last Resort, l’indigente (oui, il en faut bien une que je n’aime pas) Made In Jersey et enfin la cachée Hunted.

 

Elementary (CBS)

L’annonce de ce projet a fait jaser dans les chaumières des sériephiles. Imaginez le topo : alors que la BBC vient de relancer sa version modernisée – et particulièrement excellente – de Sherlock Holmes, une chaîne américaine allait faire de même avec Elementary. Branle-bas de combat chez les fanboys de Moffat, créateur de l’anglaise Sherlock, qui s’offusquent d’une telle ignominie. Et autant l’avouer tout de suite, pendant un court instant, j’en faisais parti… avant que je ne me rappelle que c’était CBS qui était à l’origine, et donc qu’elle ne méritait franchement pas que je dépense quelconque énergie à son égard.

Comme un professionnel, j’ai donc vu l’épisode pilote, sans aucune attente particulière. Et c’est pas si mal que ça. La relation, bien que peu exploitée, entre un Sherlock masculin et une Watson au féminin, offre une dynamique plutôt inédite au duo ; le caractère de ce Sherlock modernisé semble reproduire certains traits de la version anglaise mais parvient, tout de même, à conserver une authenticité américaine (alors que le personnage est anglais). Mieux, je dirais que j’ai eu beaucoup moins de mal à regarder cet épisode qu’à regarder environ n’importe quelle série procédurale classique. N’empêche que j’ai peur d’une chose : je redoute fortement qu’Elementary parvienne à supporter le format d’une saison américaine (20-24 épisodes) sans devenir rapidement lassante.

Créée par Robert Doherty. Adaptation moderne des aventures de Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle. Diffusée depuis le 27 septembre.

 

666 Park Avenue (ABC)

C’est avec The Neighbors certainement l’autre curiosité de la rentrée des séries. Imaginez bien : un hôtel new yorkais, tenu par le très sérieux Terry O’Quin (Locke dans Lost), abrite des événements paranormaux qui concernent l’ensemble de ses résidents. Et cela tombe bien, nous suivons un couple, Jane et Henry, prêt à tout pour obtenir le poste de gérant de l’hôtel. Sachant que l’on découvre dans le pré-générique du pilote que le précédent gérant disparaissait mystérieusement dans les entrailles de l’hôtel.

Oui, c’est un peu barré. Non, en fait, c’est complètement fantastique. Les murs absorbent les personnages, le boss de l’hôtel, Gavin Doran, semble douer de pouvoirs supra-naturels, les lumières ne fonctionnent jamais bien et les voisins du couple ne paraissent pas tout à fait clairs. La série fonctionne ainsi comme un conte, comme si l’on suivait Alice découvrant un pays des horreurs dans lequel faire des pactes avec le diable est monnaie courante. Difficile de se prononcer sur la qualité même de la série sachant qu’elle repose essentiellement sur les révélations des prochains épisodes. Mais sinon, c’est bling-bling, pas toujours très subtile et ça ne fait franchement pas peur, mais c’est amusant.

Créée par David Wilcox. Adaptation du livre 666 Park Avenue de Gabriella Pierce. Diffusée depuis le 30 septembre.

 

Last Resort (ABC)

J’ai toujours été fan d’univers post-apocalyptiques. Voilà une manière étonnante d’introduire Last Resort ? Pas vraiment puisque c’est un peu le principe de la série, d’une certaine manière. L’histoire ? L’USS Colorado, sous-marin nucléaire en manœuvre dans l’océan indien, reçoit l’ordre d’atomiser le Pakistan. Mais son capitaine est dubitatif : pourquoi a-t-il reçu cet ordre via un canal secondaire et pas directement depuis Washington ? Son interrogation sera de courte durée. A peine le temps de réfléchir que le sous-marin est visé par un missile balistique envoyé par l’armée américaine. Ceci est le début d’un profond changement géopolitique.

Car si l’USS Colorado a refusé d’obtempérer, d’autres ne se sont pas privés. Le Pakistan a subi deux frappes nucléaires et des millions d’innocents ont péri. Le point de vue de la série se situe dans l’USS Colorado, si bien que l’on ne sait rien du reste : pourquoi cette attaque ? Y a-t-il un complot au sommet du pouvoir américain ? Comment les autres pays ont-il réagi ? Quel rôle l’USS Colorado, qui part s’isoler sur une île, doit désormais jouer ? Des questions qui pour l’instant ne trouvent pas de réponses, d’autant que le capitaine du sous-marin a d’autres préoccupations en tête, à commencer par la survie de tout l’équipage. Il est désormais devenu l’ennemi numéro 1 des américains mais il est aussi convoité par d’autres nations (à voir dans l’épisode 2) qui voudraient bien mettre la main sur le sous-marin. Malgré ses énormes défauts liés à son genre (la guerre apporte toute sorte de clichés, notamment liés à la hiérarchie, sur les networks américains), Last Resort est pour moi le meilleur divertissement de la rentrée.

Créée par Shawn Ryan et Karl Gajdusek. Diffusée depuis le 27 septembre.

 

Made in Jersey (CBS)

Je ne vais pas être si élogieux concernant cette série. Peut-être parce que, honte sur moi et honte à ma profession, je n’ai pas pu tenir plus de 20 minutes devant le pilote. Alors que je m’y suis repris à trois fois. Vraiment. Mais ces histoires de gamine sur-maquillée, habillée en rouge et plus obsédée par son apparence que par son travail, qui rejoint un cabinet d’avocat New-Yorkais, ça provoque en moi un ennui irrépressible. Je vous tire mon chapeau si vous parvenez à tenir jusqu’au bout du premier épisode.

Créée par Dana Calvo. Diffusée depuis le 28 septembre.

 

Hunted (BBC1)

L’arrivée de Hunted s’accompagne de critiques assez sévères. Ce n’est pourtant pas aussi mauvais que certains peuvent l’écrire. Mais avant d’aller plus loin, autant le préciser tout de suite, non, ce n’est pas un Homeland bis. La série va plutôt piocher allègrement dans Alias et très légèrement dans Rubicon. De quoi ça parle ? Une agente, Samantha, d’une société privée de renseignement devient, lors d’une mission, la cible à abattre. Elle soupçonne l’un de ses collègues d’être un agent double. Pour remettre tout à plat, elle disparait de la circulation pendant un an avant de refaire surface, préparant sa vengeance sans jamais le dire.

Le problème, c’est que l’épisode pilote prend énormément de temps à installer cette situation. On sent la série à peu près aussi démonstrative que ne l’est XIII par exemple : tout doit être montré et toute action doit mener systématiquement à une explosion, sinon on ne verrait pas la production value et, vous comprenez, ce serait dommage pour le téléspectateur. Pourtant, tout n’est pas à jeter. Sam me rappelle la Sydney Bristow méfiante post-saison 3 et la classique relation avec l’enfant qu’elle n’a pas eu reste efficace. Certains aspects du métier du renseignement sonnent d’ailleurs juste (vous vous rappellerez des messages codés publiés dans les journaux de Rubicon, également repris ici) et visuellement, la série oscille entre du très laid – trop, trop, trop de filtres – jusqu’à de magnifiques paysages et quelques jolis gros plans.

Créée par Frank Spotnitz. Diffusée depuis le 4 octobre.

Catégories : Critique · Drama · Série américaine · Série anglaise