a touch of cloth, cuckoo, moone boy, partners, the neighbors, vegas

Replay. Vegas, Cuckoo, The Neighbors…

La rentrée des séries, ce n’est pas qu’aux États-Unis. Nos amis anglais profitent également, à intervalle régulières, d’une production télévisuelle foisonnante. Aux côtés donc du scénariste des Affranchis, qui tient le crayon sur une nouvelle série de CBS, Vegas, on retrouve notre bien-aimé Charlie Brooker, le branleur de la télévision britannique, sur une parodie de séries policières, A Touch of Cloth, mais également l’amusant Andy Samberg en hippie dans une nouveauté de la BBC3, Cuckoo. Sans compter l’imaginairement bonne Moone Boy, la potentiellement moyenne Partners et l’éventuelle surprise de la saison The Neighbors.

 

Vegas (CBS)

C’est l’histoire d’une chaîne dont l’indice P est très légèrement au-dessus de la moyenne. Cette chaîne, CBS, s’en veut terriblement car sa stratégie marche et domine largement le marché. Du coup, cette chaîne se dit qu’elle ne peut plus se contenter de commander des séries policières fast-food. Elle met alors la main sur Nicholas Pileggi, le talentueux scénariste de The Goodfellas (Les Affranchis).

Résultat, le petit Nicholas pond Vegas, un cop show sans s’en donner l’air. On retrouve un maire apparemment honnête mais probablement en proie à quelques faiblesses, un businessman miteux et très sûr de lui, et un cowboy intègre aux méthodes peu conventionnelles. Le tout dans le Las Vegas des années 60 au moment de l’avènement du tourisme de masse dans la ville-casino. Les personnages, très affirmés, apportent au dépaysement de la série un cachet assez agréable, façon Boardwalk Empire. C’est bien filmé, bien écrit et pour l’instant bien dialogué. Reste cette trame policière classique mais qui promet de se complexifier au fur et à mesure que la tension entre les personnages principaux s’intensifie. Garder l’oeil ouvert.

Créée par Nicholas Pileggi et Greg Walker. Diffusion depuis le 25 septembre.

 

A Touch of Cloth (Sky1)

Si vous ne connaissez pas Charlie Brooker, arrêtez-vous tout de suite de lire cet article et ruez-vous sur Dead Set ou Black Mirror. Pour les autres, vous avez le droit de continuer. Le nouveau défi de l’irrévérencieux turlupin britannique est comme taillé à ma mesure : parodier les séries policières. Ce qu’il fait avec malice et sans trop de lourdeur.

Et je vous arrête tout de suite. La parodie est un genre très dangereux. En format court, comme l’a prouvé Childrens Hospital, elle est efficace. Mais dès lors qu’elle s’éternise, il est nécessaire de la manipuler avec autant d’agilité qu’un Walter White préparant sa métamphétamine. Et c’est quasiment un sans-faute : le gag de l’assistant qui décrit la scène de crime à son boss jusqu’à indiquer, par exemple, la date de péremption de la brique de lait présente sur la table de la cuisine est excellent ; mais il y a aussi la scientifique-nymphomane et pleins d’autres idées amusantes. Vous avez une allergie aux séries policières ? Prenez-en donc une cuillerée par jour. Se péter le bide de rire.

Créée par Charlie Brooker et Daniel Maier. Deux épisodes diffusés les 26 et 27 août.

 

Cuckoo (BBC3)

Qui dit nouvelle comédie sur BBC3, dit chronique sur Dimension Séries. Mais avant de parler de la série, définissons « Cuckoo » : il s’agit d’un mélange de deux stéréotypes. Il y a le fumeur de joint-drogué-jamais les pieds sur terre d’un côté, et puis le marginal-d’ultra gauche-limite Julien Coupat de l’autre. C’est donc une personne dénuée de tout intérêt pour la société de consommation mais également investi dans la découverte de sensations extra-ordinaires.

Cuckoo raconte l’histoire de l’un d’entre eux, originaire de Thaïlande. Trouvant l’amour d’une occidentale sur son chemin, il quitte son pays après s’être marié à elle. Direction, la Grande-Bretagne, pour rencontrer la belle-famille. La confrontation entre les deux mondes amène des situations, peut-être pas rocambolesques dans ce premier épisode, mais tout au moins prometteuses. C’est ce que je reprocherai à cette entrée en matière : un académisme qui ne reflète pas vraiment le meilleur de la BBC3. S’agissant d’une exposition des personnages et de la situation (un peu trop longue à mon goût), on ne fera pas la fine bouche. Surtout qu’Andy Samberg, l’ex joyeux luron du SNL, y incarne le rôle titre. A surveiller.

Créée par Robin French et Kieron Quirke. Diffusion depuis le 25 septembre.

 

Moone Boy (Sky1)

J’ai quand même parfois du mal à dire des choses particulièrement intéressantes sur certaines séries. Ça va certainement être le cas de Moone Boy, qui ne m’a ni emballé, ni refroidi. J’y suis juste resté assez indifférent à vrai dire, car la série n’est certes pas passionnante mais pas ennuyante non plus.

Avant de donc continuer la rubrique sous cette forme bipolaire pour conserver l’équilibre de l’objectivité, je m’en vais vous conter son histoire. C’est l’histoire, racontée par une voix-off sous-utilisée, d’un gamin qui se fait emmerder à l’école, qui a une famille chiante et qui a un ami imaginaire incarné par Chris O’Dowd. Le tout n’est pas tout à fait mignon mais pas vraiment répugnant non plus. La voix-off est autant lourdingue que lors d’un deuxième visionnage d’Amélie Poulain mais la vie de ce petit garçon permet quelques bulles de poésies bienvenues. Pas ultra chouette mais pas ultra insupportable non plus.

Créée par Chris O’Dowd. Diffusion depuis le 14 septembre.

 

Partners (CBS)

Clairement, depuis le succès de How I Met Your Mother, les histoires de bro-mance (amitiés profondes et parfois torturées entre deux amis) sont de nouveau à la mode. Partners s’inscrit dans ce cadre et essaie d’en poser les bases dans son épisode pilote. On a d’un côté Charlie, portant le costard, qui ne sait plus où il en est dans son couple. Et puis Louis de l’autre, portant le jean-gilet col en V, homosexuel tout de même moins maniéré que Bryan dans The New Normal, et qui ne semble se définir pour l’instant qu’à travers son attirance sexuelle.

La première partie de cet épisode pilote est à mourir d’un ennui mortellement suicidaire. Pourtant, j’y ai entrevu dans la seconde partie le potentiel pour en faire une comédie agréable avec des personnages attachants. Je ne dirais donc pas qu’il s’agit d’une bonne sitcom, ni même d’un bon divertissement, mais seulement d’une potentielle sitcom correcte et d’un potentiel divertissement moyennement efficace. Le potentiel du potentiel.

Créée par David Kohan et Max Mutchnick. Diffusion depuis le 24 septembre.

 

The Neighbors (ABC)

Parfois, la télé américaine des networks nous réserve des surprises, et parfois non. The Neighbors n’est dans aucune de ces deux catégories mais pourrait le devenir, à la manière d’un Community par exemple. L’histoire ? La famille Weaver déménage et s’installe dans une banlieue Wisteria-Lane-sque. Résidence sécurisée, pas une crotte de chien sur le trottoir, pelouse tondue au millimètre… et surtout un voisinage très particulier. Tellement particulier qu’il s’agit en fait d’extra-terrestres (humanoïdes, évidemment, ne choquons pas les américains pro-life).

Avec une telle entame, il est difficile de soutenir que la série manque d’originalité. Une hypothèse qui se confirme en regardant son traitement : on navigue entre la folie d’un Malcolm et les valeurs bien républicaines d’une Army Wives. L’intérêt, que j’espère grandissant au fil des épisodes, c’est que The Neighbors utilise la proximité de ces extra-terrestres comme une métaphore de l’étranger. La série joue ainsi à fond le thème de l’intégration culturelle, sans jamais s’en donner l’air. Bon, ce n’est qu’une hypothèse, mais c’est la partie de moi qui trouve toujours agréable d’avoir une comédie avec du fond, et qui la fantasme peut-être un peu trop, du coup. Bonne impression.

Créée par Dan Fogelman. Diffusion depuis le 26 septembre.

Catégories : Comédie · Critique · Drama · Série américaine · Série anglaise