Replay. Revolution, The New Normal, The Mob Doctor…

Nouvelle rentrée, nouvelle rubrique et, je l’espère, rythme de publication logiquement un peu plus fort. Étant donné qu’il s’agit de la rentrée des séries américaines, et que beaucoup de nouveautés ou de reprises ont lieu en ce mois de septembre, j’ai trouvé nécessaire de publier cette rubrique à intervalles régulières histoire de brosser en quelques lignes les séries vite vues, vite digérées voire même vite appréciées, ou plus si affinités.

Cette semaine, on commence avec Revolution, la grosse production made in USA de la rentrée, la sitcom pas folichonne Guys With Kids, l’étonnante The Mob Doctor, l’insupportable The New Normal et la girly-agaçante The Mindy Project.

 

Revolution (NBC)

C’est légèrement la grosse nouveauté de la rentrée, sinon pour le territoire américain, et tout au moins pour la chaîne NBC, qui traine des pieds depuis plusieurs années à renouveler avec le succès. C’est aussi parce qu’il s’agit d’un nouveau projet du producteur-réalisateur-scénariste J.J. Abrams, que l’on ne présente plus (mais surtout que l’on aimerait présenter avec de bonnes références récentes…).

L’idée, c’est qu’un jour, sur Terre, il n’y a plus d’électricité. Tout disparait et ce pour une raison très mystérieuse… derrière laquelle se cachent complot, amulette, changement climatique et communautarisme. Des ingrédients post-apocalyptiques qui ont tout pour me plaire, façon The Road, mais finalement non. La série, qui n’a pas les moyens de ses ambitions narratives, apparait comme un mauvais (comment d’ailleurs est-ce possible d’en rajouter ?) enfant de Jericho et Terra Nova. Du fait de contraintes budgétaires mais surtout cérébrales, l’équipe derrière la série s’est contentée de projeter la série 15 ans après la disparition de l’électricité. Au final, on se retrouve avec des arcs, des flèches et surtout la vague impression de voir une version non-censurée de La Petite Maison dans la Prairie. Bof.

Créée par Eric Kripke. Diffusion depuis le 17 septembre.

 

Guys With Kids (NBC)

La sitcom est un format presque millénaire mais surtout presque aussi vieux que la télé elle-même. Je ne vais pas vous faire un cours sur l’histoire du petit écran, d’autant que ce n’est pas nécessaire pour reconnaître l’effroi que peut engendrer le visionnage du pilote de Guys With Kids.

En gros, ça parle de trois mecs, plutôt potes, qui chacun observent des responsabilités parentales : l’un est homme au foyer et ça le fait beaucoup râler, le deuxième est divorcé et doit gérer la garde avec son ex-femme et le troisième est un couple normal qui doit gérer des emmerdes normales avec un gamin… normal. Au final, on obtient trois gars qui essayent d’arrêter de râler, qui essayent d’avancer dans la vie ou qui essayent d’aider ses copains avec maladresse mais surtout une grosse indigestion pour manque criant d’originalité de traitement. Guys With Kids est profondément classique, en reprenant en particulier la forme archétypale de la sitcom et ne semble pas vraiment avoir appris des quelques trucs cools enseignés par les How I Met Your Mother voire même la plus classique Big Bang Theory, deux séries que je ne regarde plus depuis trois saisons à cause de l’ennui profond qu’elles dégageaient. Attention cependant, l’empathie n’est pas tout à fait nulle et l’attachement au mec divorcé n’est pas tout à fait nul. Contrairement à cet épisode. Mauvais.

Créée par Amy Ozols, Charlie Grandy et Jimmy Fallon. Diffusion depuis le 12 septembre.

 

The Mob Doctor (Fox)

Il existe parfois des surprises. C’est d’autant plus surprenant, apparemment, que j’ai découvert la série particulièrement critiquée sur Internet. Et pourtant, ce premier épisode de The Mob Doctor n’appartient pas à ceux qui m’ont fortement déplu. Ce qui en soit est une jolie performance sachant que je n’aime pas 90% des pilotes de séries, et certainement 60% des pilotes de séries que je finis en fin de compte par aimer.

The Mob Doctor raconte comment une chirurgienne doit jongler avec le pacte qu’elle a signé avec la mafia pour sauver son frère. Plus une excuse qu’un argument divertissement, la mafia est une manière pour les auteurs de creuser l’ambivalence du personnage principal sur le plan moral. De ce point de vue, je rapprocherai pas mal la série du côté de Awake ou Lone Star, imaginée par Kyle Killen qui, là-aussi, développait une certaine schizophrénie chez ses héros. The Mob Doctor se permet même, visuellement, de dénoter avec l’ensemble de la production des séries de network par une réalisation habile et légère, que l’on doit à Michael Dinner (il a aussi réalisé celui de Sons of Anarchy entre autres). Cependant, la série n’est pas toujours à son avantage, à commencer par les traits grossiers offerts à une mafia moderne, en opposition à la mafia « familiale » d’autrefois façon Soprano. Le dernier quart d’heure du pilote se permet même d’accélérer le rythme du scénario mais dans la précipitation, il en revient à perdre de sa structure et de sa cohérence : au final, il aurait fallu probablement trois épisodes pour en arriver à la fin du pilote afin de brosser tous les détails qu’il offre comme amuse-gueule au téléspectateur. Dommage mais intriguant.

Créée par Josh Berman et Rob Wright. Diffusion depuis le 17 septembre.

 

The New Normal (NBC)

Un jour, Ryan Murphy ne trouvera plus de travail et dépensera ses millions d’euros dans une ile paradisiaque, loin de la télévision et loin de nous. Ce jour-là n’est pas encore arrivé. Après Glee et American Horror Story, il revient avec une nouvelle idée : et si les gens anormaux étaient dorénavant les gens normaux (ce qui reviendrait à donner raison à Eric Zemmour, mais ce n’est pas ça qui me rend le plus dubitatif).

Par gens anormaux, Ryan Murphy parle d’un couple d’homosexuel masculin. L’un est une folle, l’autre est un modéré mais la série dans sa globalité porte le rose, le vert et le jaune fluo comme l’étendard d’une vision exagérée de la société. Ce couple veut avoir un enfant. Et ce couple étant américain, cela déclenche une vaste réflexion morale. Ce qui est gênant avec ses personnages, c’est que s’ils ne sont tout simplement pas attardés, ils semblent être emplis d’une mission constante : une crise d’ado qui ne s’achèverait jamais. Si bien que la maturité du scénario s’en ressent et s’accommoderait sans problème de la maturité des personnages de Guys With Kids. The New Normal, c’est la quintessence de l’exagération qui voudrait se donner du sens sous ce vernis plastoc (et qui en reste au « voudrait »). Mais elle ne récolte qu’une grandissante indifférence. A force de se répéter, un jour Ryan Murphy pourra-t-il deviner qu’il est possible de suggérer la superficialité d’une société en noir et blanc sans user d’une colorimétrie digne de TF1. Il aura fait là un grand pas dans la nuance. Eurk.

Créée par Ali Adler et Ryan Murphy. Diffusion depuis le 10 septembre.

 

The Mindy Project (Fox)

Recevant de nombreuses critiques élogieuses, The Mindy Project est presque devenue dans la bouche des journalistes américains spécialisés la meilleure nouveauté de la rentrée avant même qu’elle ne soit diffusée. Il faut se méfier des critiques américains : rappelez-vous que certains d’entre eux avaient dit beaucoup de bien du remake de Nikita… La meilleure solution reste de juger sur pièce.

Et sur pièce, Mindy est un médecin qui pense plus à ses histoires de cœur qu’à son métier. Mais par plus, j’entends ceci : multiplier par 10 les histoires sentimentales de Grey’s Anatomy, que l’on re-multiplierait par deux car on n’approcherait pas encore de la vérité. Faut dire que The Mindy Project est une comédie. Et par comédie, j’entends ceci : citer le plus grand nombre de références possibles aux romcom afin de les ringardiser pour se penser moderne, avant-gardiste et ché-bran trop swag. Mais non en fait, The Mindy Project n’est aucun de ces trois qualificatifs. C’est pour l’instant un pilote indigeste qui promet pourtant une certaine poésie (le temps de son prologue) avant de se vautrer totalement dans la caractérisation de son personnage. Vous trouviez The Newsroom bavarde ? The Mindy Project, c’est sans commune mesure mais surtout sans fond aucun. Dur dur.

 Créée par Mindy Kalling. Diffusion à partir du 25 septembre.

Catégories : Comédie · Critique · Drama · Dramédie · Série américaine