Festival Villes des Musiques du Monde

Du 14 octobre au 12 novembre, embarquez pour un mois de flâneries musicales au cœur des villes de Seine-Saint-Denis et du Grand Paris.

 

Pendant près d’un mois, le festival fait de la Seine-Saint-Denis le port d’attache des musiques du monde, un lieu de passage et de brassage. De Ali Amra à Amsterdam Klezmer Band en passant par Block Party ou encore Katia Guerreiro une cinquantaine d’artistes de tous bords se succèderont sur les scènes de 18 villes pour une fête continue, une vision de la Musique faite de métissages permanents.

L’événement s’ouvrira le 14 octobre par une croisière fluviale en partance de Paris pour rejoindre la ville d’Aubervilliers qui sera l’épicentre du festival. A bord de ce « Canal’Cade » embarqueront artistes et public pour un voyage musical filant la thématique de cette édition : les ports. Car c’est le même sentiment vague et précieux qui nimbe ces lieux et l’événement.

On profite du festival Villes des Musiques du Monde comme on flâne sur l’embarcadère d’un port, dans un flou entre le départ et l’arrivée avec l’origine pour seule certitude. On se love dans l’horizon, là où les frontières ne sont plus, là où résonnent seulement les clameurs et les sensibilités des villes du monde. Et on se laisse bercer par ces rumeurs, comme par le rythme apaisant des houles qui ne connaissent pas leurs origines. Ce n’est pas pour rien que les ports ont vu naître tant de genres musicaux, tant de fêtes. A Buenos Aires son tango, La Havane sa rumba, Oran son raï, Port of Spain son calypso, Douala son makossa, Mindelo sa morna, Rio sa samba, La Nouvelle-Orléans son jazz…

 

Benin. Cotonou. 06/2016. TP Orchestre Poly Rythmo. session au bar Coco Beach.

Benin. Cotonou. 06/2016. TP Orchestre Poly Rythmo. session au bar Coco Beach.

C’est pour célébrer cette beauté née du partage que le festival joindra aux concerts des tables ronde, des projections et tant d’autres activités faisant appel au dialogue, à la générosité.

 

 Arrimons-nous au port refuge

Attaché à ce thème fort, le festival a tenu à se faire l’écho de la « semaine de solidarité internationale autour des migrations » en organisant une journée spéciale Port refuge le samedi 12 novembre, en partenariat avec ARTE. Car le festival ne se laisse pas seulement emporter par les candeurs nécessaires des célébrations festives. Il se fait aussi témoin du monde, de ses déchirements mais également des solidarités qui s’activent dans sa périphérie.

Dadaab est une ville du comté de Garissa, au Kenya. Proche de la frontière somalienne, elle est connue pour être au centre d'un ensemble de camps de réfugiés, qui constituent ensemble « le plus grand camp de réfugiés du monde ». Au total, le camp de Dadaab compterait près de 500 000 réfugiés à la mi-2012.

 

La journée démarrera à midi avec une restauration proposée par les Cuistots migrateurs, une entreprise sociale de Montreuil qui propose des cuisines du monde mitonnées par des chefs réfugiés (de Syrie, du Sri Lanka et d’Iran). Puis, le documentaire Bienvenue au Réfugistan, d’Anne Poiret, sera projeté afin d’ouvrir un débat sur la situation des migrants. Suivra une table-ronde questionnant ce qu’est « une communauté culturelle » ainsi que Winter Guest, une création théâtrale avec une équipe de réfugiés syriens.

 

Catégories : Rencontres