Nathalie Semon

Le Mois du film documentaire

En novembre, le réseau culturel, éducatif et social s’associe pour mettre en lumière le documentaire de création.

ARTE Actions Culturelles accompagne une nouvelle fois le Mois du film documentaire, événement national phare du mois de novembre, porté par une multitude de programmateurs locaux permettant de rendre le documentaire accessible à tous. Quelle est la philosophie de cet événement ? Quels en seront les temps forts ? Réponse avec la déléguée générale d’Images en Bibliothèque, qui organise la manifestation, Marianne Palesse.

 

L’urgence de ralentir, le film de Philippe Borrel sur une idée de Noël Mamère, constituera cette année le film mis en avant conjointement par ARTE Actions Culturelles et Images en Bibliothèque. Et pour cause : la prochaine conférence sur le climat, la Cop 21, se tiendra à Paris début décembre et concentrera les attentions mondiales pendant quelques jours. Après une programmation spéciale sur la Première Guerre Mondiale l’an dernier, ARTE Actions Culturelles soutient de nouveau l’objectif du mois du documentaire de partager le documentaire auprès de tous les publics.

 

mois du film documentaire

Ferme du Bec Hellouin

 

Marianne Palesse, déléguée générale depuis 2010 de l’événement majeur du mois de novembre, a répondu à nos questions.

Quelle est la philosophie du mois du documentaire ?

Marianne Palesse : Il s’agit d’un festival complémentaire des festivals professionnels qui généralement attirent une population restreinte. La manifestation repose en effet sur un réseau de programmateurs locaux. Ce n’est donc pas une programmation nationale déclinée sur les territoires mais bien une programmation commune, ce qui fait la singularité du mois du documentaire.
Les programmateurs travaillent sur tout le territoire, dans les grandes villes ou les milieux ruraux et dans tous types d’institutions : médiathèques, prisons, foyers ruraux, écoles… Cette année, ce sont environ 2.000 structures impliquées et 3.500 séances organisées ! Au-delà de cet objectif, l’idée est de valoriser le documentaire de création et de renforcer sa diffusion.
En outre, le mois du documentaire est la partie émergée de l’iceberg : dans les coulisses, nous disposons d’un réseau très structuré, avec des partenaires départementaux et régionaux, qui permet de favoriser les habitudes de travail collectif. Le documentaire y trouve ainsi une visibilité accrue sur le long terme.

 

 

Quels seront les temps forts du mois du documentaire cette année ?

Bien sûr, le climat sera au centre des préoccupations, en vue de la Cop 21 : au moins une quarantaine de programmations auront lieu sur ce sujet. Nous souhaitons cependant montrer d’autres films que ceux que l’on verra dans les médias. Au sein d’Images en Bibliothèque, nous avons donc fait une recherche de films avec le Festival International du Film d’Environnement et le Festival Jean Rouch, avec lesquels nous avons négocié des droits de films issus de différents endroits de la planète où la population est amenée à revoir leur mode de vie en fonction du changement climatique. Nous avons donc bâti une sélection de 7 films qui s’appelle « L’homme face au climat » et les réalisateurs iront accompagner les films pendant les projections. Un film sera particulièrement programmé : Thuletuvalu, du réalisateur suisse Mathias Von Gunten, sera projeté dans pas moins de 13 régions et programmé au moins une trentaine de fois ! Dans ce film, il a tourné dans deux endroits opposés du globe : Thule au Groenland, menacé par la fonte des glaces, et Tuvalu, un minuscule ile-Etat confronté lui à l’élévation du niveau de l’eau.
Nous programmons aussi avec le Mémorial de la Shoah une thématique sur les génocides, puisque l’on commémore cette année les 100 ans du génocide arménien.
En partenariat avec la revue Images Documentaire, nous avons aussi invité Nicolas Rincon-Gilles, réalisateur belgo-colombien qui effectuera une tournée dans toute la France avec sa trilogie, En lo escondido, Los abrazos del Rio et enfin Noche Herida. Les trois films ont tous été présentés au prestigieux Cinéma du Réel et voyageront donc pendant tout le mois du documentaire dans les différentes structures partenaires.
Enfin, nous avons aussi développé un partenariat avec la Fête du cinéma d’animation. Nous faisons ainsi circuler un certain nombre de documentaires animés, avec des longs-métrages pour les adultes mais aussi beaucoup de courts-métrages qui permettent d’organiser nombre de séances jeune public.

Un mot sur le mois du webdocumentaire, que vous organisez en parallèle du mois du documentaire ?

Nous organisons la 4ème édition cette année, toujours en partenariat avec Le Blog documentaire, un site de veille des documentaires et des webdocumentaires. Nous avons reçu une cinquantaine de webdocumentaires soumis à sélection et nous en avons retenu 12. Contrairement au mois du documentaire pour lequel il n’y a pas de sélection réalisée par Images en Bibliothèque, nous avons réalisé une sélection des webdocumentaires car il existe une forte demande de veille et d’éditorialisation sur ce nouveau genre.
C’est évident pour nous de s’intéresser au webdocumentaire car beaucoup de cinéastes s’y sont penchés. Nous avons découvert beaucoup d’œuvres originales et fortes et nous étions étonnés du manque de visibilité de celles-ci. Organiser le mois du webdoc rejoint donc le but du mois de documentaire, celui de les porter auprès du public. Les médiathèques recréent ainsi du collectif à partir d’œuvres d’abord pensées pour être vues de manière individuelle.
Toute la programmation du Mois du film documentaire sur

www.moisdudoc.com

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