Angélique Oussédik

Faire de la frontière un trait d’union

Frontières, une exposition proposée par le Musée de l’histoire de l’immigration pour comprendre comment naissent les frontières entre les peuples.

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Rien n’est plus construit socialement que l’idée de frontière. Rien n’est moins naturel que d’ériger des barrières, physiques ou symboliques, entre les peuples. C’est en substance ce que promet de démontrer cette grande exposition qui se tient dans quelques jours au Musée de l’histoire de l’immigration. Frontières a été conçue par Catherine Withol de Wenden et Yvan Gastaut respectivement sociologue et historien, ils ne savent que trop bien, combien les frontières racontent les hommes et les rapports qu’ils entretiennent entre eux.Formellement, l’exposition opère un effet de zoom, en partant de l’international pour se recentrer sur l’Europe puis la France.

Les trois temps du parcours muséal dressent ainsi une histoire du concept de frontières. Car celles-ci ne sont pas immuables : ainsi la première partie de l’exposition chemine à travers les différents murs qui séparent des peuples sur la planète. Autrefois, un mur coupait l’Europe en deux ; aujourd’hui, d’autres constructions isolent les territoires palestiniens d’Israël ou le Mexique des Etats-Unis. Erigées dans la volonté d’affirmer une limite infranchissable, ces frontières physiques se heurtent à la réalité des flux migratoires du monde contemporain.Dans la deuxième partie de l’exposition, le regard se concentre sur l’Europe et les enjeux qui lui sont propres. L’actualité n’est que trop dramatiquement brûlante pour ignorer que les frontières du continent sont au centre d’une crise migratoire de grande ampleur. Lampedusa, réfugiés syriens, contrôles FRONTEX : autant de mots qui reviennent constamment et sur lesquels l’exposition porte un regard analytique.Enfin, la France et ses frontières intérieures fait l’objet de la troisième partie de l’exposition. Ici, ce sont d’autres migrations, anciennes ou contemporaines, qui dessinent là encore la société : travailleurs saisonniers, réfugiés politiques ou « simples » migrants en transit qui espèrent une vie meilleure en Angleterre.

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Sur toutes ces frontières dévoilées, l’exposition pose un regard optimiste : que serait un monde sans frontières ? C’est aussi la question à laquelle pourront méditer les visiteurs, dans la dernière partie de l’exposition, et ce jusqu’au 29 mai 2016.

Des projections des magazines d’ARTE Métropolis et Le Dessous des cartes accompagneront l’exposition Frontières.

 

 

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