Films Femmes Méditerranée

Réalisatrices des deux côtés de la Méditerranée

Chaque début octobre à Marseille, le festival Films Femmes Méditerranée propose un panorama foisonnant du cinéma tel que l’imaginent des réalisatrices des deux côtés de la mer. ARTE Actions Culturelles accompagne l’initiative en soutenant l’organisation de deux rencontres dont les thèmes résonnent particulièrement avec l’actualité.  Un festival de films se fait souvent l’écho de l’actualité. C’est encore plus vrai avec Films Femmes Méditerranée, tourné vers un territoire qui fait chaque jour la Une des journaux. Il en sera bien sûr question dans les quelque 30 films, documentaires et fictions confondus, qui seront projetés du 6 au 25 octobre. Et autour des deux tables rondes réalisées cette année encore en partenariat avec ARTE Actions Culturelles, les problématiques contemporaines auxquelles le monde se confronte seront au cœur des débats.   Cette 10ème édition coïncidera avec l’acmé médiatique autour du sort des réfugiés fuyant les guerres au Moyen-Orient. Une question méditerranéenne et européenne qu’une photo aura poussée au-devant des préoccupations mais sur laquelle les participants de la table ronde « De l’exil à l’enracinement : d’autres possibles » travaillent depuis quelques années déjà. En témoigne le documentaire Un village de Calabre, de Shu Aiello et Catherine Catella, qui sera projeté avant le débat, le 10 octobre à la Villa Méditerranée : le film raconte l’histoire de ce petit village italien déserté qui s’est repeuplé en accueillant des réfugiés érythréens, somaliens, kurdes ou afghans.  Plus surprenante et certainement moins connue est l’influence de la production audiovisuelle turque sur l’imaginaire méditerranéen. Un phénomène pourtant incontournable puisque la Turquie n’est rien de moins que le premier exportateur de séries… devant l’armada des productions américaines de HBO ou autres Netflix ! Depuis une dizaine d’années, la Turquie a pris l’ascendant dans la région depuis que la Syrie en guerre a considérablement réduit sa production audiovisuelle. L’objet de la deuxième table ronde, organisée le 8 octobre à la bibliothèque L’Alcazar, sera donc de comprendre « à quoi rêvent les Méditerranéennes devant les séries turques ». Car, du monde arabe aux Balkans en passant par la Grèce, c’est toute une population qui, en regardant ces séries, se retrouve influencée par la vision des femmes qu’elles véhiculent : une forme d’émancipation sur fond d’une réaffirmation des valeurs conservatrices. En ouverture de l’après-midi, le documentaire Kismet révèlera la manière dont les séries turques sont perçues dans les pays du Golfe, en Egypte ou en Grèce. La réalisatrice Nina Maria Paschadilou participera ensuite au débat animé par Madeleine Avramoussis d’ARTE, aux côtés de Hülya Ugür Tanriöver, sociologue turque spécialiste du cinéma, de Julien Paris, dont la thèse s’attache à montrer comment le succès des séries devient un outil de soft power pour le gouvernement turc et d’Ece Yorenc, la scénariste de Fatmagül,   Un épisode de cette série, l’une des plus importantes en Turquie, sera projeté en fin de programme pour la première fois en France. Et pour cause : avant le sous-titrage de cet épisode réalisé spécialement pour Films Femmes Méditerranée, aucune série n’a en effet encore été traduite en français. Une méconnaissance que TF1 s’apprête à battre en brèche : la chaine française devrait en effet adapter une série turque pour son antenne.

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