Carl Maria von Weber

Sa vie :

Fils d’un musicien directeur d’une troupe de théâtre, Weber a eu une enfance et une adolescence agitées, au gré des nombreux déménagements de sa famille (Salzbourg, Munich, Augsbourg, Vienne …) et de cours de musique irréguliers. Il a notamment eu pour professeur Michael Haydn à Salzbourg et Georg Joseph Vogler à Vienne et à Darmstadt. Après deux années passées en qualité de chef d’orchestre au théâtre de Breslau (1804), où il a entamé de premières réformes et programmé des opéras de Mozart, il entre au service de la cour du duc de Wurtemberg à Karlsruhe (Saxe). Il part pour Stuttgart un an plus tard, où il devient le secrétaire et professeur de musique du duc Ludwig (1756-1817). En 1810, il doit quitter Stuttgart précipitamment, suite à une affaire de corruption dans laquelle son père est impliqué.

 

Weber vit par la suite à Mannheim, où il se lie d’amitié avec Gottfried Weber (1779-1839) et Franz Danzi ; à Darmstadt où il retrouve son vieux maître Vogler ; à Heidelberg et à Francfort-sur-le-Main. Il commence à écrire et fonde avec d’autres musiciens (notamment Gottfried Weber, Giacomo Meyerbeer et par la suite Danzi) l’« Association harmonique » au sein de laquelle les membres s’engagent à se prêter assistance, à échanger leurs expériences et à se soutenir. À partir de 1811, il mène une vie de pianiste concertiste à travers le sud de l’Allemagne et la Suisse, à Leipzig, Dresde, Prague et Berlin. La charge de directeur de l’opéra de Prague (1813) lui permet de monter un ensemble et de dépoussiérer le répertoire en y inscrivant des opéras ambitieux (œuvres de Mozart et de Beethoven, ainsi que d’Étienne Nicolas Méhul, Louis Spohr et Luigi Cherubini). Il tente également d’éduquer le goût du public en proposant des présentations et des débats.

 

À partir de 1817, Weber prend la direction de l’opéra de Dresde, qui devient un haut lieu de la musique allemande. Chargé de développer l’opéra allemand, il fait exécuter d’innombrables opéras. C’est en tant que compositeur et chef d’orchestre d’un nouveau genre qu’il se fait connaître en Europe (première de ses opéras à Berlin, Vienne et Londres). Déjà gravement atteint de tuberculose, il se rend encore à Londres en 1826 pour y présenter Oberon. Il s’éteint après ce dernier succès.

 

Son œuvre :

Weber tient une place importante dans l’histoire de la musique et est surtout réputé dans le domaine de l’opéra. Der Freischütz (1821) en particulier, est un monument dans l’histoire de l’opéra allemand après Mozart et Beethoven et avant Wagner, une œuvre majeure qui transpose de façon immédiatement sensible dans la langue du théâtre les conceptions poétiques et les exigences du romantisme en matière d’opéra. Il fut en outre perçu comme le reflet et l’expression d’un sentiment national allemand très fort. Des mélodies à connotation populaire, des chœurs de paysans et de chasseurs, l’évocation de la nature et des interventions surnaturelles (qui trouvent leur expression dans des couleurs d’orchestre d’un nouveau genre) forment des contrastes énergiques, amalgamés par des leitmotivs récurrents et une couleur orchestrale uniforme. Les autres opéras de Weber, en dépit de la nouveauté des éléments qui les composent, ne rencontreront qu’un succès d’estime. C’est particulièrement vrai pour Euryanthe (1823), dont la structure musicale et dramatique constituent un pas en avant, mais qui souffre surtout de la faiblesse du livret (Helmina de Chézy) ; en tant qu’œuvre sans dialogues parlés, elle va pourtant beaucoup plus loin que le Freischütz et annonce même le drame wagnérien par ses leitmotivs et un registre sonore très nuancé. Les lieder et compositions pour chœur de Weber présentent des exemples intéressants de musique vocale romantique. Sa musique instrumentale, par sa vitalité rythmique, sa richesse harmonique, son timbre lyrique et sa structure concertante créent un style nouveau. Weber est également l’auteur de critiques pointues, d’introductions d’opéras, de commentaires pleins d’humour et d’un roman inachevé, Tonkünstlers Leben.

 

 

Source : Schott Verlag / Mayence       

 

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