Anna et les loups

96 min
Disponible du 01/05/2021 au 31/10/2021
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L’arrivée d’une jeune et belle gouvernante déchaîne les vices cachés d’une famille bourgeoise. Un jeu de massacre, dénonçant les ravages du fascisme sur la société espagnole, avec Geraldine Chaplin en perturbatrice sexy.

Engagée comme gouvernante, la belle Anna, plutôt cultivée et libérée, découvre avec un effarement amusé les névroses de la famille bourgeoise qui l’emploie. Si son travail consiste à s’occuper de petites filles faciles à vivre, en dehors de quelques cauchemars et bizarreries, les hommes de la maison lui donnent du fil à retordre. Délaissant son épouse, Juan, le père des petites, poursuit Anna de ses attouchements et obscénités. Son frère José, inquisiteur et autoritaire, exige qu’elle s’occupe de son musée dévolu à la gloire militaire. Seul Fernando ignore la jeune femme. Happé par un dévorant mysticisme, il se terre dans une grotte qu’il a repeinte d’un blanc virginal. Sur ces trois hommes, règne une mère impotente, pas si diminuée que ses proches voudraient le faire croire.

Trinité fasciste
Pour contourner la censure franquiste, Carlos Saura usera souvent de paraboles ou de métaphores, comme c’est le cas dans ce film en forme de jeu de massacre. Dans l’étouffoir cossu d’une demeure espagnole, dont les coursives blanches évoquent la prison, les trois frères figurent chacun un pilier de la trinité fasciste : sexe, armée et religion. Le cinéaste n’épargne aucun des trois, surtout pas l’hypocrite et manipulateur Fernando, Anna cédant à une étrange fascination pour cet ermite de façade. Agent perturbateur, qui, par sa beauté et sa liberté, va catalyser les névroses familiales, la jeune femme n’en comporte pas moins une part d’ambivalence. Carlos Saura fait ici resplendir la beauté solaire et la sensibilité de sa compagne et muse, Geraldine Chaplin, mais la montre aussi coquette, aguicheuse, gagnée par le délitement général. Tour à tour, chaque personnage laisse entrevoir une part d’humanité – l’insécurité du martial José, les gamineries de la matriarche… –, ce qui rend cette attaque en règle, dont la fin cruelle tombe comme un couperet, d’autant plus saisissante.


  • Réalisation :
    • Carlos Saura
  • Scénario :
    • Carlos Saura, Rafael Azcona
  • Production :
    • Elías Querejeta Producciones Cinematográficas S.L., Olympusat
  • Avec :
    • Charo Soriano (Luchy)
    • Rafaela Aparicio (la mère)
    • José Vivó (Juan)
    • José María Prada (José)
    • Fernando Fernán Gómez (Fernando)
    • Géraldine Chaplin (Anna)
  • Pays :
    • Espagne
  • Année :
    • 1972