ARTE Regards - Main-d’œuvre low-cost dans les abattoirs

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Disponible du 11/11/2020 au 09/02/2021
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Des dizaines de milliers de ressortissants roumains viennent en Allemagne et en France pour travailler dans les abattoirs ou dans les champs, en dépit de conditions de travail parfois terribles et malgré le danger que représente le coronavirus. Pourquoi les emplois à l’étranger leur semblent-ils être la seule option ?

Goreni est un village roumain situé en Transylvanie. Hormis dans le secteur agricole, les emplois sont rares, ce qui pousse les habitants à partir travailler en Europe de l’Ouest. C’est le cas d’Elisabeta, 54 ans, qui récolte des fraises en Allemagne, tandis que son mari, Zlotan, est employé comme soudeur en France. Leur fils Paul, 20 ans, occupait un poste en rotation chez l’abattoir Tönnies jusqu’en mars 2020. Il voudrait rentrer au pays, même si sa tante et son oncle sont actuellement en quarantaine en Allemagne, après avoir été contaminés par la Covid-19 sur leur lieu de travail, le même que celui de Paum. Cela inquiète beaucoup Elisabeta, qui n’a pas touché une grande partie du salaire qui lui était dû. Pourtant, sa famille est bien obligée de gagner de l’argent pour survivre.
Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, les prix se sont envolés et les denrées alimentaires sont parfois plus chères qu’en Allemagne. Or, les petits exploitants agricoles représentent un quart des Roumains, et ils ne parviennent pas à joindre les deux bouts. Quatre millions de Roumains travaillent ainsi à l’étranger – soit un actif sur cinq – dont un grand nombre de jeunes adultes. C’est le cas de Paul, le fils d’Elisabeta. À Cluj, dans le nord du pays, les conséquences de cette ruée vers l’Ouest sont manifestes. Vasile, qui gère une chaîne de restaurants spécialisés dans les hamburgers, a désespérément besoin de personnel. Mais aucun Roumain n’accepte le salaire qu’il propose et il a donc été obligé de recruter 13 Srilankais.
L’abattoir de Cluj emploie également des Asiatiques qui, pour un maigre salaire, nettoient des intestins et découpent la viande. En 2020, malgré la crise sanitaire due au coronavirus, la Roumanie a accordé plus de 30 000 visas à des travailleurs venus de pays asiatiques.

  • Pays :
    • Allemagne
  • Année :
    • 2020