Igor Levit et Alan Gilbert depuis la Philharmonie de HambourgŒuvres de Thomas Adès, Chostakovitch et Beethoven

À suivre

90 min
Disponible du 30/06/2020 au 25/09/2020
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Alan Gilbert et Igor Levit avec le NDR Elbphilharmonie Orchester avec des œuvres de Adès, Chostakovitch et Beethoven.

Au programme :

Thomas Adès : Chamber Symphony (Symphonie de chambre)
Dimitri Chostakovitch : Concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes en ut mineur op. 35
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 4 en si bémol majeur op. 60


Alan Gilbert a pris ses fonctions de chef principal de l’Orchestre du NDR de la Philharmonie de l’Elbe en septembre 2019. Un vent de renouveau a soufflé pendant quelques mois, jusqu’à l’arrivée de la pandémie de COVID-19 qui a mis un coup d’arrêt à tous les spectacles. Aujourd’hui, les concerts reprennent, certes à huis clos et dans le respect des gestes barrières, mais le public pourra les suivre sur les plates-formes de streaming d’ARTE, du NDR et de la Philharmonie de l’Elbe, ainsi qu’à la radio NDR Kultur. Le 26 juin, en clôture virtuelle de la saison, Alan Gilbert dirigera son orchestre dans la grande salle et présentera cette soirée en apportant une touche personnelle. Le soliste invité est le pianiste Igor Levit qui, pendant le confinement, a fait sensation avec ses concerts à domicile, prouvant une fois de plus que l’art est parfaitement capable de tenir tête à un petit virus.

La représentation se déroule en appliquant la distanciation physique prévue par le protocole sanitaire. Les instrumentistes sont bien moins nombreux que d’habitude dans cette salle dédiée aux concerts symphoniques. Ce soir, point d’œuvres du romantisme tardif exécutées par une phalange orchestrale pléthorique, mais en revanche des morceaux pour orchestre de chambre. Place donc à un répertoire tout aussi passionnant, avec un programme balayant deux siècles d’histoire de la musique.

Ludwig van Beethoven par exemple n’a pas eu besoin d’une pandémie pour composer des œuvres magnifiques jouées par une trentaine de musiciens. Sa Symphonie n°4 dont le final plein d’entrain clôture la soirée respire la joie de vivre. Robert Schumann l’avait comparée à « une accorte servante grecque entre deux géants nordiques », les géants étant les symphonies n°3 (Eroica) et n°5. Pourtant, derrière son apparente gaité, la Quatrième laisse percevoir plus d’un abîme à l’auditeur attentif. A croire que Beethoven voulait nous dire que si bonheur et malheur sont éphémères, à la fin, tout finit bien.

Dmitri Chostakovitch aurait bien aimé avoir cette certitude. Durant l’ère stalinienne, il a été contraint plus qu’aucun autre compositeur russe au grand écart entre le réalisme socialiste et ses ambitions artistiques personnelles. L’humour l’a souvent aidé à surmonter son désespoir et son découragement. En témoigne le Concerto pour piano, trompette et cordes qu’il a écrit en 1933 lors d’une courte détente de la politique culturelle soviétique. Avec un enthousiasme communicatif pour la parodie et la farce musicale, Chostakovitch se moque ici gentiment de certains de ses pairs et retrouve le plaisir de jouer qu’avaient les petits orchestres des siècles passés.

Près de 60 ans plus tard, le compositeur britannique Thomas Adès opte lui aussi pour une forme resserrée, avec Chamber Symphony qui se compose d’un mouvement unique d’une durée de 13 minutes. Cette œuvre pour 15 instrumentalistes est d’une incroyable richesse sonore et brille par son mélange des genres. Thomas Adès arrive presque à nous faire oublier que « normalement », une symphonie compte quatre mouvements, fait intervenir une cinquantaine de musiciens et dure presque autant de minutes…


  • Avec :
    • Igor Levit (Piano)
    • Pedro Miguel Freire (Trompette)
  • Direction musicale :
    • Alan Gilbert
  • Orchestre :
    • NDR Elbphilharmonie Orchester
  • Pays :
    • Allemagne
  • Année :
    • 2020