53 min
Disponible du 01/10/2020 au 14/06/2021
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Organisée en Écosse par une infernale bande de potes pour un enterrement de vie de garçon, une partie de chasse au cerf tourne au cauchemar : mi-hilarant, mi-horrifique, un jeu de massacre à suspense signé Jim Field Smith ("The Wrong mans") et porté par la fine fleur des écrans britanniques. Premier épisode : un bon enterrement commence toujours au pub…

Timide professeur de géographie, Ian Telford débarque d’un taxi au beau milieu de nulle part, dans les Highlands écossais, où son futur beau-frère Johnners s’apprête à enterrer sa vie de garçon. Après avoir attendu en vain dans la nuit, sous des trombes d’eau, il parvient à rejoindre le pub où les convives, pour la plupart d’arrogants golden boys londoniens, festoient bruyamment, entourés d’indigènes hostiles. Ledge, le garçon d’honneur, leur a programmé une chasse au cerf en pleine nature façon stage de survie, orchestrée par un garde-chasse local à l’aspect barbare. Bizuté d’emblée, dans les meilleures traditions d’Eton, par Johnners et ses amis, Ian l’outsider suit le mouvement dans son smoking trempé, car il a promis à la future mariée, sa sœur, de veiller sur le fiancé. Le campement à peine installé, un harpon surgit de la forêt obscure pour se ficher dans le cœur du seul prolétaire de la bande. Un maillon faible, donc, qui a eu le temps de révéler à Ian que ses camarades étaient liés par un douteux investissement financier. Pris de panique, les sept aventuriers débutants se sauvent au hasard dans la nuit, abandonnant équipement et téléphones.


La lutte des crasses

En anglais d’Angleterre, le mot stag, qui a sans nul doute inspiré, en plus du titre original, le pitch de ce remake potache de Délivrance, signifie à la fois "cerf", "spéculateur" et "enterrement de vie de garçon". Outre ce jeu de mot intraduisible, l’humour british à triple détente de la minisérie repose sur une combinaison novatrice d’ingrédients traditionnels : la répétition, l’euphémisme pince-sans-rire et le sens de l’absurde. Sans oublier la force du casting, formé pour la plupart à l’exigeante école BBC, qui aligne des visages connus, tels Pilou Asbæk (Borgen), James Cosmo (Game of Thrones), ou encore Reece Shearsmith (Inside no. 9). Des mille et une manières d’expédier son prochain (cabine téléphonique-appât, barrage truffé de mines anti-personnel, hachoir à viande…) aux dialogues meurtriers, fondés sur la férocité des rapports de classe et de "communauté" (ruraux contre citadins, "prep schools" contre enseignement public, financiers contre tous les autres), le showrunner surfe avec maestria sur la peur et le rire. Cet enchaînement de gags horrifiques pourrait finir par tourner à vide, sans un suspense efficacement ménagé et l’attachement que ces personnages, de prime abord détestables, suscitent peu à peu chez le spectateur, en révélant un flegme lui aussi très british face à l’adversité. Jouant aussi de la sauvage splendeur des paysages et d’une météo très contrastée, Jim Field Smith (The Wrong mans) signe un brillant exercice de style, qui a cartonné à domicile.

  • Réalisation :
    • Jim Field Smith
  • Producteur/-trice :
    • Jim Field Smith
  • Avec :
    • Jim Howick
    • Stephan Campbell Moore
    • Pilou Asbaek
    • James Cosmo
  • Auteur :
    • Jim Field Smith
  • Distributeur :
    • Bbc Studios France
  • Pays :
    • Royaume-Uni
  • Année :
    • 2016