Au Cameroun, les civils pris en tenaille

3 min
Disponible du 19/09/2019 au 21/09/2022
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Pillages, homicides et enlèvements de civils : ces dernières années, le Cameroun subit de nombreuses attaques du groupe Boko Haram dans le nord du pays. La riposte du gouvernement camerounais est sanglante et bafoue les droits humains et le droit international en multipliant les arrestations arbitraires, les actes de tortures et les meurtres en détention.
#Frencharms une enquête initiée par le média néerlandais indépendant Lighthouse reports en coopération avec Disclose et le soutien d’ARTE, Bellingcat, Mediapart et Radio France.

En décembre 2016, une manifestation de la minorité anglophone du pays est violemment réprimée. C’est le point de départ de nombreuses exécutions extrajudiciaires documentées et relayées par Amnesty International. Le rapport 2018 de l’ONG sur la situation des droits de l’homme au Cameroun pointe la violence excessive des forces de sécurité et les actes de tortures sur des séparatistes ou terroristes présumés. Sont précisément mis en cause dans ces crimes de guerre : le Bataillon d’intervention rapide et l’armée régulière.

En février 2019, les États-Unis ont supprimé la majeure partie des programmes d’aide au Cameroun, portant sur la formation et les armements pour un total de 17 millions d’euros. Objectif : dénoncer la politique sécuritaire de l’État camerounais.

Ce que montre l’enquête
Le bataillon d’intervention rapide –unité d’élite de l’armée camerounaise- est équipé de blindés Bastion, produits en France par Arquus. Ceux-ci ont été livrés en 2016 et, d'après cet article du magazine Jane's, en 2017, alors que les exactions du gouvernement étaient déjà connues. La réputation du BIR n’est plus à faire, voici quelques exemples d’exactions contre la population dans cette vidéo ou celle-ci. D’après Amnesty international, le QG du BIR se situe sur la base militaire de Salak, réputée pour ses chambres secrètes de tortures, dévoilées par le groupe de recherche "Forensic Architecture". (Pour en savoir plus sur la méthodologie de ce groupe, consultez cet article). Nos recherches nous ont permis de localiser des blindés au cœur de cette base. Ils ont aussi permis de les localiser dans le sud du Cameroun, là où les séparatistes anglophones et les civils font l’objet d’une brutale répression, orchestrée par le BIR et l’armée.

  • Journaliste :
    • Hérade Feist
  • Pays :
    • France
  • Année :
    • 2019