Brexit: les députés votent pour un report

Bonus (2 min)
Disponible du 14/03/2019 au 25/03/2019
Découvrez l'offre VOD-DVD de la boutique ARTE
Les députés britanniques ont adopté jeudi une motion du gouvernement prévoyant un report du Brexit ainsi qu'un nouveau vote sur l'accord de retrait de l'Union Européenne négocié par Theresa May avec Bruxelles, offrant une bouffée d'oxygène à la Première ministre.
A 15 jours de la date prévue du Brexit, les députés ont décidé son report par 412 voix, contre 202. La motion prévoit un court report, jusqu'au 30 juin, si les députés approuvent d'ici le 20 mars l'accord de retrait de l'UE de Theresa May, qu'ils ont déjà retoqué à deux reprises. Si l'accord est recalé à nouveau, le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera l'organisation des élections pour le parlement européen en mai.

Après ce vote, voici les scénarios envisageables, à 15 jours de la date théorique de sortie de l'UE :

Brexit reporté
Deux reports sont possibles. Le premier prendrait effet si un accord de divorce était finalement adopté. D'ordre technique, il s'achèverait le 30 juin. En l'absence d'accord, le second report, plus long, exigerait du Royaume-Uni qu'il prenne part aux élections européennes des 23 au 26 mai.Mais l'UE a prévenu que toute prolongation devra être dûment justifiée et acceptée à l'unanimité par les 27, qui seront réunis en sommet les 21 et 22 mars à Bruxelles.
Le président du Conseil européen Donald Tusk les a invités à être prêts à accorder "une longue prolongation" au Royaume-Uni s'il "accepte de repenser sa stratégie et parvient à dégager un consensus autour de celle-ci".

L'accord de May, encore
Les députés britanniques voteront à nouveau, d'ici le 20 mars, sur le Traité de retrait de l'UE, qui prévoit un Brexit en douceur, même s'ils l'ont massivement recalé à deux reprises, une première fois le 15 janvier, puis mardi.Face à un report à rallonge du Brexit ou à l'éventuelle organisation d'un nouveau référendum, les défenseurs d'une sortie de l'UE qui ont voté contre pourraient changer d'avis et considérer ce texte comme l'unique voie sûre pour réellement quitter l'UE.

Brexit sans accord
Le Parlement l'a rejeté mercredi, mais un Brexit sans accord reste une option par défaut, si aucun terrain d'entente n'est trouvé. En cas de "no deal", le Royaume-Uni mettrait fin, du jour au lendemain, à 46 ans d'appartenance à l'UE, quittant le marché unique et l'union douanière sans période de transition.
Ce scénario redouté par les milieux économiques causerait d'importantes perturbations dans les échanges entre le Royaume-Uni et l'UE. De nombreux députés s'élèvent contre une telle issue, mais certains fervents défenseurs du Brexit jugent qu'"une absence d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord". Pour atténuer une rupture brutale, le gouvernement a annoncé qu'il supprimerait temporairement les droits de douane sur 87% des importations.

Second référendum ou élections législatives
Réclamée par quelques dizaines de parlementaires europhiles, l'option d'un second référendum a été rejetée jeudi par la Chambre des Communes. Il n'est pas exclu qu'elle finisse par y revenir, en particulier en cas de blocage prolongé. Le chef de l'opposition, le travailliste Jeremy Corbyn, lui a récemment apporté son soutien, mais du bout des lèvres.
La Première ministre Theresa May refuse elle d'envisager une nouvelle consultation des Britanniques, ce qui signifie qu'il faudrait un report du Brexit couplé à un changement de gouvernement ou à de nouvelles élections pour qu'elle ait lieu.

Journaliste :

Robert Handrack

Pays :

France
Allemagne

Année :

2019